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samedi 16 juin 2007, par Le libertaire
Je voudrais apporter ici ma contribution à la réflexion sur ce pénible, honteux et préoccupant problème des décharges publiques en Kabylie, soulevé par un citoyen des Ouadhias sur ce site.
L’état des lieux
Facile à faire : une vaste poubelle à ciel ouvert. Chaque village a son infecte part. Chaque route est jalonnée de tas d’ordures nauséabonds. Des fumées noires, acres, malsaines empestent l’air. Les déchets ménagers qui engraissent rats, chats et chiens errants font bon ménage avec des milliers de bidons, de bouteilles, de sachets en plastique, de canettes de métal froissé. Pareils à l’hydre de la légende, les monceaux d’ordures se reconstituent sans arrêt. A défaut de développement durable (nouvelle tarte à la crème) notre pauvre Kabylie st affligée par la saleté durable et apparemment incurable.
Les causes
La principale : la carence, l’incompétence et l’indifférence des pouvoirs publics. A commencer par l’État qui ne consacre pas au problème de la propreté des moyens financiers, humains, matériels et organisationnels suffisants. L’État donne la priorité aux dépenses de prestige et aux catégories sociales aptes à accaparer une part importante du gâteau national gonflé par les recettes d’exportation d’hydrocarbures. Cela se voit dans l’explosion de l’immobilier de rapport et du commerce d’import-import de Taïwan, de Turquie d’Espagne et d’ailleurs. Multiplication du nombre de milliardaires. Entêtement à intervenir sur la scène internationale alors que l’intérieur du pays va à vau-l’eau (une façon de parler qui suppose l’abondance de l’eau.).
Les instances locales souffrent d’une grave insuffisance de moyens financiers et humains. Le maire d’une commune kabyle me disait que les recettes ordinaires ne suffisaient même pas pour assurer la paye du personnel.
Le citoyen a sa part de responsabilité. Je sais que ça va déplaire mais il s’agit, chez trop de gens, de paresse et d’incivisme. En général, l’intérieur des maisons est nickel. Qu’importent les espaces communs ! Des sachets d’ordures mal ficelés ou pas ficelés du tout, parfois jetés par la fenêtre, des ordures déposées à toute heure. Des passants qui jettent des épluchures ou des papiers gras sur la chaussée, des automobilistes qui balancent des canettes vides par la vitre. J’ai vu des éboueurs ramasser des détritus les mains nues ; j’ai vu des camions poussifs, chargés à ras bord, semer des immondices sur les chaussées.
La paresse produit ses effets néfastes au niveau du travail de la terre. Dans la Kabylie, pourtant surpeuplée de mon enfance, chaque famille se suffisait en huile d’olive, en lait, en légumes, en fruits. Hommes et femmes, jeunes et vieux, tout le monde travaillait. Maintenant, on consomme des huiles importées, des fruits, des viandes d’Irlande ou d’ailleurs. Autrefois, chacun allait au marché avec son panier en raphia et sa corbeille en roseau. Maintenant, le plastique est roi.
Les solutions
La première consiste dans le tri des déchets : la biodégradable, les plastiques , le métal et le verre.. Pour cela des récipients de couleurs différentes, en nombre suffisant, doivent être installés au pied de chaque immeuble ou devant tout groupe de maisons individuelles. De timides tentatives ont été faites : les bacs ont été volés.
Dans la campagne, les déchets biodégradables doivent être enfouis dans des fosses individuelles pour se transformer en compost à utiliser pour fertiliser le sol. Mais à ce stade plusieurs obstacles : le coût élevé des outils (pioches, pelles, barre à mine) ; le fait que pour la plupart des gens la terre soit trop basse et les poils qui encombrent la paume des mains trop denses. Et aussi le fait qu’un stylo ou une guitare (ou le crachoir) soient moins fatigants à tenir qu’une pioche.
Les objets en plastique, en métal ou en verre doivent être recyclés. Cela ne peut être le fait ni des autorités locales, ni des citoyens. La construction d’usines de recyclage est indispensable : elle nécessite de gros capitaux publics ou privés. L’initiative doit venir de la puissance publique, y compris des instances législatives le jour où elles deviendront autre chose que des chambres d’enregistrement. Des récipients doivent être installés sur les trottoirs pour recevoir les petits déchets.
Il faut aussi et surtout des camions comme ceux qu’on voit dans les pays civilisés. Des milliers de camions. Et des chariots sur roulettes. Des millions pour toute la pauvre Algérie. Et des éboueurs bien payés et munis de vêtements de protection. Pour les déchets non biodégradables, il faut des moyens d’incinération non polluants. Les pays industriels avancés ont inventé des méthodes et des matériels appropriés : à nos autorités de les acquérir. Le budget de l’État doit consacrer les sommes nécessaires à la propreté de l’environnement : il y va de la santé publique et de la réputation du pays.
En même temps, un gros effort est à fournir en matière d’éducation dans la famille et dans les écoles.
Reste le problème lancinant de la démographie excessive. Tous les aspects de la vie des Algériens s’y ramènent qu’il s’agisse de logement, d’emploi, de santé publique, de circulation, d’environnement. Depuis l’indépendance, la population a plus que triplé, la production n’a pas suivi. Pour une cinquantaine d’années, les exportations d’hydrocarbures vont continuer à enrichir une minorité et permettre à la majorité de vivoter. Et ensuite ? Quel que soit le domaine envisagé, la maîtrise de la croissance démographique constitue un préalable mais il est d’autant plus difficile à surmonter qu’il exige une (peu probable) évolution radicale des mentalités.
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Les gens ont simplement ce qu’ils méritent ! J’ai remarque que les toilettes sont aussi puantes ! Y’a il un tabou autour de cette décharge tant nécessaire ? Nous sommes il me semble au bout d’un certain age qui a du éclore mais s’est plutôt renferme sur lui même ! La dégradation que l’on voit aujourd’hui date de belle lurette entre autre dans les relations familiales mais vécus en silence fourres dans les nerfs des gens opprimes non pas par "Baylek" mais par ce soit disant "Respect" que l’on doit a tel ou tel bien qu’il ne le mérite aucunement ! Tout se case la gueule et c’est pas aussi mal"
Ma mère (Maintenant deccedee du a des traumatismes psychiques et corporels) disait que quand les soldats Français emmenait notre cher père en prison, c’était deux ou trois mois de vacances sans brûlures et fractures ! Un monstre très respecte et personne n’osait lui dire qui que ce soit ! Donc la pourriture qui est reflétée a l’extérieur se soigne de l’intérieur ! Gare au recyclage ! Oui, oui je sais que c’est mon expérience personnelle et que certains d’entre vous ont vécus dans de meilleurs conditions....Mais pour nous- autres les pourris de l’intérieur c’est une bataille continuelle a savoir la honte d’être vivant car le passe est une montagne rugueuse ! Et dans toute cette histoire, la langue Kabyle a pris un coup dans la tranche !
Les gens sont clairement sales. J’ai remarque qu’ils se douchaient tres rarement et meme les plus eduques sentent la sueur. Qu’est ce qu’un un gouvernement pourait faire avec une attitude pareille. J’apprecie ce debat et l’autocritique tant refoulee !
C.
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Si les kabyles evitaient de consommer des produits emballés, disaient bye bye aux sacs en plastiques et compostaient, ne serait ce que le compost déjà on ferait une grosse avancée.
Le compost c’est simple, surtout que nous les kabyles avons des terres, construire une fosse ou un silo dans lesquels vous mettez de la végétation diverse et dans laquelle vous mettrez tous les dechets naturels de votres cuisine qui pourriront à l’interieur, quand c’est bien fait il n’y a aucunes odeurs et celà donnera un engrais 100% naturel que vous pourrez utiliser sur vos potagers et autres plantations.
Quand je faisais çà en kabylie, les autres pequenots se payaient ma tête mais quand ils ont vu le resultat, ils etaient bluffés, et dire que cettetechnique etaient connu de nos aieux...
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