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mardi 1er mai 2007, par Djaffar Benmesbah
Par la politique perfide de la "pax concorda" en mauvaise version, Bouteflika continue à justifier l’injustifiable. Les attributs du pouvoir qu’il détient dépassent ceux d’un Néron, il a mit, sans état âme, la Kabylie à feu et à sang et les égorgeurs, les violeurs, sont, chah yehwayas, d’honorables maquisards qui jouissent en toute quiétude aujourd’hui du repos du guerrier musulman, cure gracieusement subventionnée par l’Etat. C’est par une submersion inquiétante dans une mégalomanie atypique qu’il tente d’expier la junte militaire de ses méfaits. L’histoire est un éternel recommencement, les GIA sont pour le vendable Bouteflika ce que les Donatistes étaient pour le vandale Gengéric. Vêtu de tous les oripeaux de la fourberie, il achève la faillite de l’Etat sinon son abolition. Rapacité politique, malversation des droits, répression, faux pas, imprudences et frustrations, accroissement des abus et corruption tout azimut. Une vie frustrante s’impose aux Algériens, une vie régie par des conventions aussi pénibles que pesantes, une vie soumise à des clauses à la fois amères et désopilantes.
Etre algérien est un dur métier, disait Kateb Yacine. Mais, tu vois Arezki, ce n’est pas le gouvernement arabo-islamique avec ses pratiques ignominieuses qui nous fait le plus de mal, il n’est que le haut lieu d’une catégorie de félons qui se sont clairement déclarés hostiles à notre survie. Les malfrats, ce sont ceux qui ont cru bon de retourner la veste, ces démons retournés qui pour quelque dollars de plus tentent de disculper le DRS de ses crimes. Aux frémissions d’un pouvoir qui cherche obstinément à faire plier le peuple, s’ajoutent leurs clowneries. Epris d’un péché mignon, ils adorent spécifier leur es qualité : ancien député, ancien ministre et autres hautes fonctions dans le gouvernement et l’administration hachak. Pas un texte, pas un écrit d’eux qui ne rappelle tout d’abord l’es-croquerie de cette es-qualité. Pourtant, ce serait une insulte que de comparer leur modeste contribution au combat démocratique durant les années 1980 à l’engagement qui a été le tiens. Les renégats trouvent l’élégance et la beauté dans l’antichambre des puissants généraux. Je les entend étaler sournoisement une littérature démocratique comme s’ils avaient quelques scrupules, quand bien même ils peuvent en avoir, à l’appel du maître, ces scrupules se changent miraculeusement en une belle assurance. Quand Bouteflika leur serre la main, ils pensent avec onction qu’ils sont bénis, Le plus émouvant, c’est que quand ils parlent de son soi-disant bilan positif, on voit qu’ils y croient. Comment peut-on se prétendre inlassablement le défenseur du programme de Bouteflika, se targuer d’une amitié avec son sbire Ouyahia et soutenir Arezki Aït Larbi ? Voilà une équation qui sème le déséquilibre.
Reconnaissons à Bouteflika le pouvoir de charmer les serpents et si, il les lance à l’assaut, chacun par des artifices particuliers, c’est parce qu’il a fait sa philosophie du militant berbère. Le militant berbère qui se consacre avec dévouement et désintéressement à la vérité historique a fait de la lutte anti répression une spécialité. Tu n’es pas à une peine prés, tu as vécu pire et au pire des heures de l’oppression, tu annonçais chaque soir le combat du lendemain. Cela pour dire que ni la casquette ni le turban n’arriveront à censurer la voix libre et courageuse que tu es. Tu es le militant à qui nul autre - qu’il soit berbèriste ou marxiste - ne peut refuser le soutien.
Comme en décembre 1988, Hamou et moi t’avions rejoins à Riadh El Feth, tu avais initié la première sortie publique de la première ligue des droits de l’homme encore interdite. Je me rappelle de cet ex ministre qui était revenu rayer son nom de la pétition qu’il avait signé, il s’était trompé de ligue. Je me rappelle de ce militant devenu ministre qui n’osait pas entrer dans la salle et il nous avait salué de loin. Je me rappelle aussi de l’effervescence qu’avait engendrée cette manifestation ; au risque d’être arrêtés, de simples citoyens soucieux du devenir de leur patrie étaient nombreux à signer et spécifier leur attachement aux nobles vertus de la démocratie et au principe des droits de l’homme. C’est dans le même esprit, alors que les magistrats faussaires sévissent encore, alors que l’histoire officielle demeure magnanime avec la vermine que je chante à jamais l’Algérie berbère, laïque et démocratique.
Djaffar Benmesbah
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Djaffar, tu es un grand Monsieur.
Ta as mon respect et ma considération.
Kabyliste
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C’est un très beau texte a Djaffar, et c’est tout ce que je peux dire !
Mhend
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