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samedi 10 juin 2006, par Marie
« Au grain de blé » l’endroit rappelle l’abondance le labeur et la prospérité. A première vue on dirait le titre d’un conte kabyle ancien, qu’on écoute blotti sur les genoux de sa grand’mère au coin du feu.
C’est aussi un tableau, un chef d’œuvre où l’ombre, la lumière et l’amour animent des personnages qui ont à cœur la générosité et l’écoute de l’autre. Ou plutôt un chant lointain, qu’on entend la nuit venu la tête dans les étoiles d’un village haut perché. Accroché tel un plastron en argent aux falaises de cette KABYLIE éternelle et rebelle.
L’histoire de cet endroit est avant tout l’histoire d’un personnage, une icône de l’immigration kabyle. Madjid Boumekla, un intellectuel qui a choisi un gagne pain qui permet la générosité, l’élan vers l’humain l’improvisation artistique : la restauration. Lui qui sa vie durant tente de rassembler ses semblables en les incitant à gommer leurs rivalités pour briller par l’union et peser dans la balance des décideurs d’ici et d’ailleurs. Ce fédérateur des énergies positives est avant tout un homme de cœur éclairé. De son exil républicain, il essaye d’exister par le partage, la rencontre de l’autre et le travail.
Enfin une innovation dans le paysage culturel du 17éme arrondissement de Paris. Les soirées au grain de blé sont à l’image de la vie. Autour de copieux couscous ou d’un tajine amoureusement préparés par un jeune chef, les plus beaux moments de la journée deviennent des festivals de saveurs. Les thématiques varient au gré des publications littéraires et de la production musicale.
Tantôt un concert acoustique et intimiste tantôt un café-philo animé par des écrivains et des chercheurs de diverses discipline. Le grain de blé est un endroit où la philo n’éprouve aucun complexe devant les ambiances festives. La réflexion côtoie la fête sans perdre de son sérieux et de sa sérénité dans les débats.
Si la culture remplit les vides dont la nature a peur. Le bonheur de partager des moments de félicité est la maître de cérémonie à Paris au :
Au GRAIN DE BLE Socrate veille au grain, le grain magique.
Zahir Boukhelifa
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