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Captive dans un maquis terroriste

Le chant du coq et les aboiements des chiens accompagnent l’appel du muezzin dont la voix kabyle et frisquette peine à émettre commodément en langue arabe. Le ciel n’existe pas et là-haut, au-dessus des nuages, le parme s’estompe graduellement jusqu’aux confins illimités, impénétrables aux regards. Le village dort encore, et le crachin qui semble veiller sur son sommeil dissimule avec peu d’égards le carmin des toits. Une mince couche blanche couvre les routes en pente. L’hiver en Kabylie déroute. Il peut garder à ses débuts les aquarelles de l’automne sans en modifier les tons et céder une partie de son temps au printemps. Il peut aussi, comme cette fois-ci, s’annoncer brusque, violent, pluvieux, coléreux à crépiter sa rage sur les rêves des enfants. Quand il prend du fiel à la nature, que ses vents et ses orages sont furieux à faire incliner les arbres, le pouls de l’histoire s’arrête de battre et les destins s’entrechoquent. Cet hiver dure une éternité et les rêves se refroidissent à leur ébauche.

Le visage de Kenza apparaît entre les fêlures du givre que le froid de décembre, dans sa ripaille, a dessiné sur la fenêtre. Le front touchant le carreau, sourde à la sauvagerie du temps, elle sourit au premier rayon du soleil qui apparaît entre les cimes des monts, elle suit sa traversée dans l’univers blanc, émerveillée de le voir proposer son or aux digues que sont les collines basses. Elle se revoit enfant avec ses camarades défier joyeusement le verglas qui provoque le déséquilibre des corps frêles quand elles prenaient ensemble le chemin de l’école. Leurs rires lui parviennent comme un écho.

Sa mère, Nna Louisa, voyait que sa fille mûrissait tristement. Assise sur un tabouret devant un petit réchaud, elle est complètement drapée dans sa bure. Elle ne libère que les mains pour pétrir le pain. Elle est un peu désolée, tourmentée comme les pauvres gens qui voient leurs enfants partir loin de chez eux chercher l’avenir. Sa fille se prépare à la quitter. Elle doit se rendre à Alger, faire des études.

Maamar son cousin était arrivé d’Alger la veille pour l’accompagner. Il s’était levé tôt et paraissait inquiet. Il ne cessait pas de regarder sa montre.

A huit heures, Nna Louisa embrassait sa fille en lui tenant les mains, elle achevait ses instructions sur le seuil de la porte. Kenza a tant de fois écouté toutes ces instructions quelquefois proches des algarades. Ces conseils de Kabyles tirés d’adages pour quelques-uns insociables et pessimistes et qui vous reprochent même vos amitiés ingénues. L’important pour une mère Kabyle est que sa fille ne connaisse pas de garçons en dehors de ses cousins au premier degré.

Maâmar rappelle à Kenza qu’ils risquent de rater le bus. D’emblée, il la décharge de son cabas. Sur la grande route, Maamar s’arrête de marcher et pose le sac à terre.

- On attend le bus ici.
- Quel bus ? L’arrêt est à 200 mètres. Et puis, c’est de l’autre coté de la route.
- Non Kenza, on va à Leqser et de là bas, on prendra le train sur Alger.
- Ca ne va pas ? Je ne vais pas faire plus de trente kilomètres en arrière pour prendre le train. C’est complètement absurde.
- Il n’y a plus de bus qui vont directement sur Alger... à cause des terroristes.

Kenza ne contredit pas son cousin. Elle se dit que peut-être il a raison. Elle prend le bus en direction de leqser. Le bus est attaqué par un groupe terroriste, les voyageurs ont été massacrés, Kenza, deux autre filles et un garde communal sont enlevés.

Trois hommes armés discutent à l’ombre d’un arbre. Leurs chuchotements sont nébuleux, imperceptibles. L’un d’eux nettoie son fusil. Une femme avec un fouet sort d’une tente un plateau dans la main. Elle commence à servir le groupe par ordre d’importance.

Le « garde communal » enlevé est ligoté, mains et pieds, avec du fil barbelé. Des traces de sang couvrent son visage, sa gorge et ses poignées. Dans un coin, Kenza est agenouillée, les mains liées derrière le dos. Les yeux gonflés par les larmes. A ses côtés, une sentinelle. Un homme d’une trentaine d’années. Elle refuse le pain que lui tend la femme au fouet.

- Tu ferais mieux de manger, la nuit sera longue, lui dit la sentinelle.
- Que me voulez-vous ? Rétorque Kenza, le regard accusateur.
- L’émir décidera, c’est lui qui nous a envoyé te chercher.
- Me chercher ? pourquoi faire ? Qu’est-ce qu’il me veut ?
- Tais-toi maintenant, l’émir t’expliquera.
- Et mon cousin Maamar où est-il ? Qu’en avez-vous fais ?
- Tais toi je te dis...

Un homme en tenue afghane bouscule violemment la sentinelle. Sa longue barbe lactée est zébrée de sillons, mouillée de henné.
- Tu sais qu’il ne faut pas parler aux prisonniers quand l’émir est absent. Fais attention, compris ?

« L’afghan » entraîne les deux autres filles kidnappées dans les buissons. Elles sanglotent. Il les gifle. Il réapparaîtra un moment plus tard pour désigner, parmi les candidats au viol, quatre de ceux qui ont massacré les passagers du bus. Il leur recommande de rejoindre, par groupe de deux, les femmes dans les buissons.
Kenza du regard, interpelle la sentinelle qui détourne la tête.

Des «  Allah akbar » se font entendre. C’est l’émir qui arrive, escorté d’une dizaine d’hommes armés de Kalachnikov. Ils traînent un blessé. Les hommes du camp se précipitent pour le saluer avec des baisers furtifs sur l’épaule. L’infirmier du camp s’occupe du blessé.

Le garde communal passe au purgatoire, il subit la torture puis l’interrogatoire. Ils exigent de lui une liste de noms, de patriotes, de militants laïcs et communistes, des adresses...

Ses cris sont si stridents que Kenza gémit à force de les entendre, le front posé au sol comme si elle priait.

Kenza se redresse lorsque les cris ont cessé. Là, elle assiste à un terrible spectacle venu du moyen-âge. D’un coup de sabre, le prisonnier est décapité. Sa tête roule entre les pieds des hommes qui la shootent continuellement comme un ballon. Elle veut crier, la nausée l’en empêche.

L’émir ordonne qu’on lui présente le butin. On lui présente deux femmes et un caisson remplie de bijoux. Des liasses d’argent. Il s’accapare de l’argent et des bijoux. Il jette les femmes tyrannisées aux pieds de ses lieutenants comme de vulgaires paquets. Dans son endroit, Kenza tremblote. Elle suit le mouvement de l’émir qui entre dans sa tente.

L’Afghan avance vers la sentinelle de garde. Le plaisir de la chair a eu peu de raison de sa terreur.
- Conduis la prisonnière chez l’émir ! La sentinelle, prend Kenza par le bras et la dirige à l’intérieur de la casemate puis reprend sa place. Il remet son arme à l’épaule et reste spectateur de l’ambiance perfide du camp. Trois hommes tirent au hasard des bâtons d’allumettes pour décider qui abuserait le premier d’un de leur acolyte imberbe. L’un d’eux, serre le poing en signe de victoire. Il prend le gosse et le déshabille avant de le pousser au loin. Ses amis s’emportent dans un rire collectif.

Dans la casemate. L’émir est assis sur une peau de chèvre près du feu. Son serviteur finit d’allumer la lampe conçue à la flamme brumeuse. Kenza est mise à genoux face à l’émir qui ordonne d’un signe de main aux gardes de quitter la casemate.

Il se lève et s’approche lentement de Kenza qui garde la tête basse. Il tire un couteau d’un étui en cuir, il se met derrière elle. Kenza surveille ses impulsions du coin des yeux. Il la tire doucement par les cheveux et lui caresse le cou. Un frimas de sueur couvre son visage. Son cœur bat à tout rompre. Elle sait qu’elle a affaire à un sanguinaire névrotique dont les pulsions peuvent, sans signes annonciateurs, se transformer en sauvagerie.

Il coupe la corde qui lui liait les mains. Elle se met immédiatement à les mouvementer en claquant les poignets. L’émir tire sa barbe, les yeux braqués sur sa proie. Kenza, repliée sur elle-même, fixe l’ombre que projette son corps sur le sol. Elle soulève lentement la tête. Elle tente de reconnaître ce visage, enfoui dans un brouillant de poils atterrants. Des visages traversent anarchiquement son esprit. Voila qu’un nom jaillit des limbes de sa mémoire. Un nom qu’elle murmure. Le nom de l’émir, Bachir ! Bachir, le tôlier, fils de Kheira, une voisine de sa tante qui l’héberge à Alger.

L’émir manie son sabre et le darde à l’éclat de la lampe. Il est en transes. Il va du rire aux jérémiades, mordillant la lame de son sabre.
- C’est moi ! Oui, c’est moi celui que tu évitais. Aujourd’hui, tu m’appartiens ! Ton père, ce produit du colonialisme, n’y peut rien...Vous nous méprisez parce que vous connaissez la langue des taghout [1]. Vois ce qu’elle a fait de toi, une moutabaridja [2] ! Tawaghit !

L’émir appelle deux de ses hommes qui rentrent illico... Kenza lève la tête et le fixe des yeux. L’émir comprenant sa question tourne le dos. Il dévoile ainsi ses desseins.
- Allez vite chez Oum El Kheir. Qu’elle prépare le couscous, du lait et des dattes. Votre émir se marie, Allah en a décidé ainsi.

Les rires des hommes consument Kenza en pleurs. Ce qu’elle vient d’apprendre est plus cinglant et brutal que le bruit de la hache qui a tranché la tête du malheureux garde communal. Elle saute sur ses jambes et court hors de la casemate. Elle tente de fuir. Elle s’agite dans tous les sens. Les éléments du groupe la bousculent à tour de rôle. Fatiguée de tourbillonner, elle tombe à terre, désespérée...

L’émir se tient debout, regardant la scène. Il avance avec orgueil et se met devant elle un moment puis s’abaisse et lui murmure son plaisir de la voir soupirer l’ultime espoir de fuite.

Il la prend violemment par les cheveux et la traîne quelques mètres plus loin, derrière les buissons. Quelques hommes se tiennent en file devant une cahute faites de brindilles, construite sous forme de guérite recouverte de lierre, dressée pour veiller sur le camp.
L’émir pousse Kenza à l’intérieur. Elle se retrouve face à une femme nue, exposée aux humeurs du groupe. Elle marque un signe de soumission.

Des jours passent, Kenza porte un foulard noir tombant sur une longue robe décolorée. Avec deux autres captives, elle fait la lessive. Elles sont toutes les trois résignées et soumises aux lois du camp. Badra parle à Kenza des malheurs qui se sont abattus sur sa famille et de ce qu’elle a subi depuis son enlèvement.
- c’était au cours du ramadan dernier, ils sont rentrés chez nous à l’heure du ftour, juste au chant du Muezzin. Ils ont mangé et après que ma mère leur ait servi le café, ils ont sorti leurs haches...Ils ont massacré toute ma famille... Et moi, ils m’ont emmenée ici. Ils m’ont marié six ou sept fois, je ne sais plus... Elle lui apprend que c’était Maàmar son cousin qui l’avait traînée dans ce traquenard.

La troisième fille au visage blême, livide les écoute sans piper mot. Elle semble anesthésiée, plus morte que vive. Elle est enceinte, elle s’écroule au premier effort qu’elle fait pour soulever un chaudron. Kenza tente de la redresser en appelant Badra pour lui venir en aide. Celle-ci, reste de marbre. Elle regarde la femme au fouet. La femme au fouet intervient. Elle interdit à Kenza toute mobilité en dehors de ce qu’il lui est consigné. Elle pointe le bâton de son fouet en sa direction, le regard méchant, désobligeant, persécuteur.
- Ne t’amuse jamais à faire ce que je ne t’ordonne pas.
Avant de tourner les talons, elle gifle Badra.

Cette femme constamment avec un fouet dont l’humeur scrofuleuse s’agglomère dans sa litanie tyrannique, ajoute du lest au supplice des femmes capturées. Sa tâche est répugnante, pourtant moins sinistre que l’image de tous ces ethniques qui ne survivent qu’en tant qu’espèces. Enfermée dans son propre monologue d’où s’exhale la sauvagerie du temps, elle surveille les chuchotements des infortunées.

L’émir et Kenza sont assis côte à côte. Trois hommes leur font face. L’un d’eux est l’exégète de la phalange. Il finit son prêche par un verset coranique.
- Maintenant, émir, cette femme est la tienne.

L’émir se dirige vers Kenza. Il la regarde un moment et lui tend la main. Elle repousse ce caractère de fatalité et de prédestination. Elle maudit le destin qui l’échoit. Elle lance des jurons, pousse un cri, se lève instinctivement et fuit la casemate.

Kenza est attachée à un arbre, meurtrie par le supplice. Son dos est lacéré par le fouet. Crucifiée, elle est offerte aux plaisirs des barbares comme une aquarelle à la fois vide et complète, encaissant les frets poignants que libère la poésie assaisonnée d’épreuves et de souffrances. Sa beauté en terme plastique ne subit aucune abjuration, mais du pers de ses yeux se dégage l’auspice violent, méprisant la réalité. Dans le ciel, le bleu se lénifie à devenir le mauve que produit la blessure. La nature peut-elle avoir de la compassion pour la douleur humaine. Elle a d’autres impératifs.
Le ciel est raide, dénué de la générosité qu’il offre au crépuscule pour couvrir le jour quand il décline. La nuit s’écrase sur les massifs de broussaille sans douceur, sans courtoisie. Les étoiles sont fuyantes, elles s’éteignent subitement après leur apparition, augurant de nouvelles mésaventures.

Pour se protéger des étreintes de vent glacées, elle se réfugie dans le rêve qui garde une nudité ocreuse. Elle s’efforce d’apaiser sa peine en s’ouvrant au mouvement des images qui s’éclaboussent dans sa mémoire La réalité lui revient, à chaque fois, terrifiante.

Six mois plus tard, le camp est désert et fuit à la hâte. L’émir avait égorgé Maamar et un terroriste qui s’était plaint des viols qu’il avait subi. Les captives ont été exécutées. Kenza se réveille vivante et blessée. Deux balles dans le corps. Elle tente quelques mouvements, elle remarque de larges gouttes de sang sur la terre. Avec prudence, elle n’avance que de pas lents. Elle aperçoit des cendres et les tisons éteints d’un feu de campement, et tout près, un certain nombre de rondins de rouleau, qui servaient de piquets de tentes. Du bout du pied, elle fouille les branches à demi consumées. Elle entend un murmure... Doucement, elle avance vers un arbrisseau au bas duquel apparaissent des pieds. Elle découvre Badra, sa camarade de d’infortune, encore en vie, la tête presque tranchée, allongée en forme d’amas sanguinolent. Kenza vacille, une nausée lui emplit la bouche quand elle aperçoit la femme enceinte décapitée. Elle vomit.

Elle sent la nécessité de faire quelque chose pour aider Badra mais ne sait pas quoi, un affreux sentiment d’impuissance et d’esseulement l’envahit. Elle la relève et assure ses bras autour de la hanche pour empêcher son corps de glisser. Sa tête grasse de sang est calée au creux de son épaule, bandant sa volonté pour ne pas faiblir. La pauvre femme rendit l’âme sans un soupir. Kenza piétinant au chevet de la moribonde sans savoir comment la secourir, la vie dont la présence dans le camp était attestée par une résignation fataliste partait de la façon d’une eau dormante brusquement absorbée par le sol...

Kenza doit retrouver son sang froid, c’est alors qu’elle commence à recouvrir les corps « refroidis » de tout ce qu’elle a pu récupérer comme feuillage, branches d’arbres, pierres. A défaut de l’enterrer, il faut bien la préserver des charognards.

Sur une couchette d’un hôpital est allongée Kenza en pyjama. Elle regarde l’aiguille plonger dans son bras tendu. Au coin, deux infirmières s’occupent de deux autres victimes, deux femmes que les services de sécurité ont réussi à libérer. Kenza fixe l’une d’elles. C’est la femme au fouet qui se plaint des sévices qu’elle avait subie dans les maquis. Elle regarde Kenza et reste effrayée par l’idée d’être dénoncée, démasquée...

Kenza continue de l’observer... Elle revoit le fouet, les mauvais traitements dont cette femme avait cru devoir user contre elle et contre les autres prisonnières. Elle détourne son regard vers la fenêtre, elle sourit au soleil qui se lève en héros dans une cérémonie grandiose. Une fine pluie l’accompagne d’un bruit sourd. Kenza cherche où il se joue encore de cet aimable chant. Son sourire illumine son visage qui retrouve sa candeur... Ses yeux pleins de la chaude lumière que produit l’amour clignent doucereusement.

Djaffar Benmesbah

N.B. : "L’émir" violeur et assassin a bénéficié de la loi sur la concorde civile. Il est en liberté.

Notes

[1] D’après la langue arabe, le mot tâghoût, prend sa racine du mot toughian, qui signifie transgresser, dépasser les limites. tâghoût désigne tout ce qui est adoré en dehors d’Allah et de son messager : (sourate 2 verset 256, sourate 36 verset 60, sourate 4 verset 60. sourate 5 verset 44, sourate 6 verset 59, sourate 21 verset 29, sourate 16 verset 36, sourate 31 verset 30,

Souleiman Ibn Abdallâh a dit dans son livre "tayssir El ’aziz El hamid" p 419 chapitre : la parole : N’as tu pas vu ceux qui prétendent croire...... sourate 4 verset 60 : il dit : "Dans ce verset, se trouve la preuve que délaisser le jugement du tâghoût, c’est-à-dire jugement autre que le Coran et la Sounnah, fait partie des obligations de la religion, et celui qui demande justice (au tâghoût) n’est pas croyant, encore moins musulman".

Ibn Taymiya a dit : "Voilà pourquoi la personne qui juge entre les gens avec autre que le Coran est nommée tâghoût". (majmou’ al fatâwa vol 28 p 201).

Ibn al-Qayyim a dit : "Le tâghoût est tout peuple chez lequel on demande justice autre qu’Allah et son messager. (I’lem El Mouaqi’in vol 1 p 40).

Quant à la façon de ne pas faire parti du tâghoût, c’est :
1) De croire en la nullité de l’adoration d’un autre qu’Allah
2) De la délaisser
3) De la détester
4) De déclarer mécréant celui qui la pratique
5) De prendre pour ennemi ses adeptes.

De croire qu’Allah est la seule et unique divinité qu’il faille adorer, en excluant tout autre chose, en ne vouant toute sorte d’adoration qu’à Allah, et en rejetant toute adoration vouée à un autre qu’Allah.

C’est aussi le fait d’aimer ceux qui ne vouent leur adoration qu’à Allah et de les prendre pour alliés, et de détester les gens du polythéisme, de les considérer comme ennemis et de considérer comme ennemi toute personne n’adorant pas Allah et Mahomet. (les chrétiens sont considérés comme polythéistes,)

Le tâghoût est un mot qui englobe tout ce qui accepte de se faire adorer en dehors d’Allah, que ce soit un objet d’adoration, un être que l’on suit ou à qui on obéit dans la désobéissance d’Allah et de Son messager, est un tâghoût.

Et les Tawâghît (pluriel de tâghoût) sont nombreux, mais il y en a 5 principaux :

1) Satan, qui appelle les gens à adorer un autre qu’Allah, la preuve de cela est dans le verset : Ne vous ai-Je pas engagés, enfants d’Adam, à ne pas adorer le Diable ? Car il est vraiment pour vous un ennemi déclaré (sourate 36 verset 60)

2) Le gouverneur transgresseur qui change les lois d’Allah, la preuve de cela est le verset : « N’as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu’on a fait descendre vers toi [Mahomet] et à ce qu’on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le taghout, alors que c’est en lui qu’on leur a commandé de ne pas croire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l’égarement (sourate 4 verset 60)

3) Celui qui gouverne par une autre loi que celle qu’Allah a révélée, la preuve de cela est le verset : « Et ceux qui ne gouvernent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre sont les mécréants. (sourate 5 verset 44) [sont considérés comme mécréants, non pas seulement ceux qui ne croient pas en un Dieu créateur, mais toute personne qui n’a pas embrassé l’islam].

4) Celui qui prétend connaître l’invisible, et la preuve de cela est le verset : « [C’est Lui] qui connaît le mystère. Il ne dévoile Son mystère à personne, 27. sauf à celui qu’Il agrée comme Messager et qu’Il fait précéder et suivre de gardiens vigilants » (sourate 72, verset 26, 27)

Et Allah dit aussi : « c’est Lui qui détient les clefs de l’invisible. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe qu’Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec qui ne soit enregistré dans un livre explicite. » (sourate 6 verset 59)

5) Celui qui est adoré en dehors d’Allah tout en étant satisfait de cette adoration, et la preuve réside dans la parole d’Allah :« Et quiconque d’entre eux dirait : ‹Je suis une divinité en dehors de Lui. Nous le rétribuerons de l’Enfer. C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes » (sourate 21 verset 29)

Il est d’obligation à tout musulman de s’écarter du taghout. Par définition, le taghout est tout ce qui est adoré en dehors d’Allah (passions, idoles de cinéma, de musique, argent...).

[2] Moutabaridja désigne une fillette, jeune-fille ou femme qui ne porte pas de voile. Ce terme, dans les faits désigne toute femme dont on aperçoit ou voit la chevelure, habillée à l’européenne. Ce mot à une connotation insultante, car il laisse supposer que toute femme non voilée est une femme de mauvaise vie, femme infréquentable dont on peut abuser, que l’on peut avilir sans être inquiété.

Commentaires

1 Message

  1. Les événements ont toujours plus de poids quand ils sont vrais... c’est à ce titre qu’ils me font trembler, bien que le récit ressemble à un roman. Je ne suis pas dans cette Histoire-là, elle n’est pas mienne, ce que je ressens vu de l’extérieur est certainement très en-deça de la réalité. Mais cette jeune femme nous donne une grande leçon de vie, malgré tout on peut survivre à l’horreur et en plus on peut vivre après. Mais je ne suis pas sûre de garder ma confiance en l’humain, capable du pire et du meilleur.

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