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Désastreuse Algérie

samedi 15 décembre 2007, par Marie


Que peut espérer un jeune kabyle qui a pensé, toute sa vie, que la gendarmerie algérienne était là pour le servir et le protéger quand cette dernière va jusqu’à le torturer pour l’obliger à mentir ?

Que ses parents aient eu à subir les interrogatoires musclés de l’armée française, eux avaient l’avantage de savoir qu’ils avaient affaire à un colonisateur ! Choses que les Kabyles ignorent ou feignent d’ignorer dès qu’il s’agit de la gendarmerie algérienne

Cents vingt six jeunes manifestants abattus à l’arme de guerre 126 et des milliers de blessés dont beaucoup handicapés à vie ne semblent pas convaincre le régime algérien ni, malheureusement, l’opinion internationale que la gendarmerie algérienne est la digne héritière des tortionnaires Français dont, par ailleurs, elle a occupé les locaux au lendemain de l’indépendance.

Faut-il rappeler que les gifles, les crachats, les l’insultes et les passages à tabacs systématiques, étaient le lot quotidien des citoyens kabyles ? Qui avaient le malheur d’avoir affaire aux gendarmes avant le soulèvement du peuple Kabyle qui exigeait le démantèlement des brigades de gendarmerie de Kabylie.

Dans la commune d’Irdjen, une localité située à 15 km de Tizi-Ouzou, un jeune adolescent a eu la malchance de se retrouver dans les locaux de la brigade de gendarmerie le lundi 25 mars 2002. Le jeune Belarvi Ramdan est venu, à l’instar de ses camarades, demander le départ des gendarmes et défendre sa commune contre les renforts dépêchés sur place et dont les éléments s’adonnaient à la casse des magasins, des violations de domiciles et d’individus.

_Dignité bafouée ! Pris par les gendarmes, il ressortira, des heures plus tard de leurs locaux. Terrorisé, une blessure à la tête et deux cotes cassées et des bleus sur tout le corps. Six jours après sa torture, nous l’avons retrouvé et nous avons recueillis son témoignage.

"Nous étions, mes camarades et moi, en train de lancer des pierres sur les gendarmes pour les empêcher d’avancer et de rentrer dans le village et s’attaquer aux domiciles. Ils sont arrivés sur moi. N’ayant pas pu leur échapper, deux gendarmes se sont emparés de moi et m’ont traîné devant leur brigade. Recroquevillé et protégeant mon visage, les gendarmes qui ont fait un cercle autour de moi commencent à frapper. Je recevais des coups de pieds de tous les cotés et partout sur mon corps, mais le plus douloureux reste celui reçu à la tête avec une barre de fer.

J’ai dû m’évanouir car je ne me souviens pas comment je suis arrivé à l’intérieur de la brigade. Un gendarme était en train de déchirer mon tricot plein de sang et demandait à ses collègues de lui laisser le temps de m’examiner car il y avait un risque que je meurs entre leurs mains.
Après le diagnostic, les gendarmes me proposent de répondre à leurs questions devant une caméra.

Je devais dire que ce sont les aârchs (Mouvement Citoyen de Kabylie ayant élaboré la plate-forme de revendication de leqser) qui me paient pour semer les troubles et détruire les biens publics ; Que les gendarmes sont utiles à la société et doivent rester dans la commune mais aussi dans toute la Kabylie ; Que mon ami Velqas, originaire du village de Adeni, possède des armes de guerre et des grenades chez lui. Je devais aussi dénoncer les membres du mouvement des citoyens de mon village et dire qu’ils sont des manipulateurs.

Devant mon silence, la colère des gendarmes se déchaîne à nouveau et les coups commencent à pleuvoir sur moi. L’un des gendarmes me soulève de terre et commence à défaire ma ceinture en me disant qu’il allait me violer toute la nuit si je ne parlais pas. Le gendarme médecin revient à nouveau et, devant la caméra remise en marche, commence à nettoyer ma plaie en disant (à la caméra) que ce sont les manifestants Kabyles qui m’ont mis dans cet état et que sans l’aide des gendarmes je risquais de mourir. Il poursuit qu’il était en train de me donner les premiers soins mais qu’il était impossible de me conduire à l’hôpital car les manifestants bloquaient la route.

Après m’avoir obligé à signer un PV, les gendarmes ont photocopié ma carte d’identité et m’ont délesté des 900 dinars que j’avais sur moi. Je suis enfin conduit à la sortie de la brigade mais le capitaine qui conduisait le renfort dépêché de Tizi-Ouzou n’était pas d’avis à me laisser partir. Quand le brigadier lui explique que je risquais de mourir à l’intérieur de la brigade, le capitaine a rétorqué que je pouvais crever car je n’étais qu’un fils de chienne de Kabyle !

S’ensuivit alors une gifle et deux coup de points au visage en me disant que le PD d’Amirouche (révolutionnaire kabyle qui a combattu la France) n’était plus là pour nous sauver ! Je suis jeté dehors avec un coup de pied. Une voix derrière moi m’informait que j’avais dix secondes pour disparaître de leur champ de tire, qu’il fallait que je coure sinon ils allaient m’abattre et que s’ils m’attrapaient une autre fois ils allaient me violer avec ma mère la pute kabyle.

Bien sur je ne pouvais pas courir et les manifestants que les gendarmes disaient m’avoir lynché sont venus me porter jusqu’à l’infirmerie où j’ai reçu les premiers soins avant d’être évacué vers l’hôpital de Tizi-Ouzou. Sans l’appel lancé par mes camarades à l’ensemble des citoyens de la commune pour venir me libérer, je ne sais pas si aujourd’hui vous ne seriez pas venus m’enterrer au lieu de m’interviewer !

Ce récit, des centaines de jeunes ont eut à le vivre et parfois en pire alors que d’autres ont payé de leurs vies la haine de ceux qui sont qualifiés par le porte-parole de la gendarmerie algérienne d’hommes honnêtes et respectueux des lois. Ne serait-il pas temps pour que le peuple kabyle ait ses propres lois et ses propres institutions ? Quand est-ce que les Kabyles comprennent que les Algériens ne les considéreront jamais comme des concitoyens à part entière ? Pour la simple raison que les Kabyles et les Algériens sont deux peuples différents et jamais ils ne se mettront d’accord sur quoi que ce soit. Surtout pas sur le démantèlement du pouvoir algérien, Ils ne sont pas fous aux point d’aider les Kabyles à faire tomber cet État, arabe comme eux, qui s’occupe parfaitement de leur identité.

Alors, avant d’arriver au pire et à l’irréparable il faudrait que le peuple kabyle pense à sa libération, sans vouloir kabyliser les algériens. La langue kabyle n’intéresse pas les algériens pas plus que l’arabe n’intéresse les kabyles et ça se comprend parfaitement. Reste, pour les kabyles, à se prendre en charge et à se reconnaître en tant que peuple sans attendre la reconnaissance des autres.

La chose la plus importante à retenir est que l’État algérien, comme tout les États arabes dictatoriaux, ne reconnaissent pas les revendications posées pacifiquement et démocratiquement comme le fait le peuple kabyle.

Cet État là ne comprend que la langue de la force. Aidé par son peuple ,ce dernier est prêt à tout mettre en œuvre pour nous faire disparaître à jamais avec la complicité silencieuse de plusieurs pays européens, dits démocratiques, qui ne voient que leurs intérêts économique et pour cela ils sont prêts à pactiser avec le diable. N’oublions pas que les Moboutou, Bokassa, Saddam et d’autres dictateurs étaient les amis proches de ces pays européens là.

_A qui se plaindre ? Quand on sait que, même, l’ONU et le droit public international ne reconnaissent pas les peuples sans états. Le cas des kurdes est criant de ce qu’on vient d’avancer car l’ONU a toujours eu comme interlocuteur, le dictateur criminel, Saddam Hussein plutôt que d’entendre la voix du peuple Kurde victime de ce dernier.

Par contre cette même ONU reconnaît les peuples sans états qui se sont armés et qui défendent leur terre et leur droit à l’autodétermination. L’exemple le plus frappant est celui du peuple, courageux, du Sahara occidental qui fait face au royaume chérifien. 100.000 habitants, juste de quoi remplir un stade de football, reconnus par de nombreux Etats aux nations unies et ce sur le principe universel, celui de Wilson, « le droit des peuples à disposer d’eux même ».

Un principe et une loi reconnus et ratifiés par l’Etat algérien qui serait amené à respecter si les Kabyles décidaient, enfin, un jour à l’y obliger. L’Algérie, peuple et État, soutient avec force l’indépendance de la République Arabe Sahraoui pourtant l’État duquel cette dernière veut se séparer est arabe, comme elle, en l’occurrence le Maroc. En même temps l’Algérie, peuple et État, pense que la Kabylie et son peuple sont assujettis à elle malgré les différences frappantes qui les séparent « langue, histoire, territoire et projets de sociétés ». Les arguments avancés pour contrer les partisans de la souveraineté kabyle sont économiques.

Ainsi ils reprochent à la Kabylie, avec ses 9 millions de ressortissants, ses 300 km de cote maritimes, ses massifs montagneux enneigés une grande parti de l’année, ses terres agricoles, son or bleu, ses forets, son liège, son potentiel arboricole et l’intelligence de son peuple, de ne pas être un pays viable. Alors que dire du désert de la République Arabe Sahraoui et ses 100.000 habitants, bédouins pour la plus grande majorité d’entre eux.

Si les Algériens continuent à penser ou à nous faire croire que la richesse d’un pays réside dans sa matière souterraine ! Nous leur opposons que la richesse d’un pays réside dans sa matière grise. Des pays, comme le japon qui est situé sur des îles qui tremblent tout le long de l’année sans la moindre parcelle de terre agricole ni hydrocarbures et avec l’une des densités les plus fortes aux monde réussi à devenir une puissance économique redoutable.

L’Espagne, le Portugal, la Suisse, la Slovaquie, la République Tchèque, le Danemark, la Belgique, la Corée du sud, la Slovénie, le Monté Negro, Israël, Monaco, etc. Ce sont tous des pays sans la moindre goutte de pétrole dans leur sous sols et pourtant ils vivent tous dans un développement certain et beaucoup d’entre eux sont en voies de développement. Même la Palestine qui est l’un des pays les plus démuni au monde du point de vue richesses naturelles aspire à sa souveraineté nationale sans la moindre crainte de l’avenir.

Par contre nous notons que la plus part des pays pétroliers, pour ne pas dire tous, vivent dans une précarité sociale, économique, politique et idéologique d’où la misère qui en découle et qui frappe l’ensemble de leurs peuples. Souvent, ces pays là, ne comptent que sur leurs rentes pétrolières pour faire valoir une recette annuelle, le cas de l’Algérie est flagrant.

Force est de constater que les peuples les plus reconnus et les plus respectés sont ceux qui ce sont dotés d’une armée pour se défendre. Et non pas ceux qui supplient et qui quémandent un peu de respect, sans aucune fierté, comme le fait actuellement le peuple kabyle. Même les journalistes Algériens relèvent cet état de fait dans leurs écrits. Ainsi, le journaliste Habib-Allah Mansouri rappelle, dans sont article, les différentes étapes par lesquelles est passé le combat pour l’indépendance Algérienne.

« L’Histoire nous apprend que toute négation d’une revendication légitime et populaire ne peut aboutir qu’à un heurt direct et parfois même sanglant. L’histoire de notre pays est très instructive à ce sujet. Le mouvement national algérien a été dominé au début par le courant modéré qui demandait, on peut même écrire qu’il suppliait les autorités coloniales de reconnaître les indigènes comme citoyens Français à part entière. Les tenants de ce courant ne demandaient qu’une chose : avoir leur place au soleil dans la Cité France... »

« L’entêtement français à maintenir à tout prix le statu quo colonial a eu pour conséquence l’affaiblissement du courant assimilationniste et la montée en puissance du courant indépendantiste et à la fin le déclenchement de la révolution armée. Une révolution qui était l’ultime recours pour se faire entendre et arracher ses droits. »

Le journaliste dresse là un constat édifiant de justesse et il continue.

« Pour ce qui est de la Kabylie qui reste incontestablement le bastion de la cause berbère, la lutte et menée par le MCB, ou les deux partis de la Kabylie, qui a toujours été pacifique et modérée. En effet, une des constantes de la mouvance berbère est la non-violence. Mais les derniers évènements nous ont démontré qu’une nouvelle génération est née, une jeunesse qui ne partage guère l’idée de la lutte pacifique et qui est préparée à faire face à une armée les mains vides.

C’est cette dernière donnée qu’il faudra prendre en considération. La Kabylie commence à se radicaliser de plus en plus et le pouvoir en place ne fait rien pour satisfaire les revendications légitimes de la région. Toutes les mesures prises par les autorités sont superficielles ou de simples promesses.

Il est temps que des décisions décisives soient prises, à savoir : doter la Kabylie d’un statut spécifique qui lui permettra d’accéder à une autonomie linguistique. Nous pensons que c’est la meilleure formule qui puisse maintenir l’unité nationale du pays. Car plus on opprime une région qui défend et revendique pacifiquement sa spécificité et son identité au nom d’une unité linguistique, voire ethnique, mythique, du peuple algérien, on risque de donner naissance à un "nationalisme" kabyle qui ne se reconnaîtra plus dans cette unité qui l’étouffe et qui ne le reconnaît pas. »

Sauf si c’était du machiavélisme, la désastreuse Algérie et son projet de société arabo-islamique est très mal placée pour donner des leçons d’économie, de politique ou de souveraineté au valeureuX peuple kabyle qui a une tout autre vision des choses. Pourvu que ce dernier croit en lui et cesse de se considérer comme un sous peuple alors que les bédouins du Sahara occidental prennent les armes pour leur dignité. D’autant plus que le peuple kabyle est dominé par la nation la plus en retard sur le sur terre. Et ce, dans tous les domaines sauf dans celui de la terreur des égorgements de bébés ou des femmes. La nation arabe avec ses 22 pays, 22 dictatures.

Atman At Ulman.
Taos Meddur .
Jeggiga Lawnis.
Yidir Krim.

Portes parole du :

Groupement pour la Dignité et la Souveraineté Kabyle. G.D.S.K

 
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Vous n’avez pas la palme de l amazighité,
Chawi soug arris à ecrit le 15 décembre 2007 à 12:53

Je suis chawi et je suis profondement algerien, Les bavures existent partout. Je pense que dans la gendarmerie, on peut trouver un bon nombre de gendarmes kabyles.

Bien entendu, le moderateur ne laissera pas passé mon message. J attends cette preuve pour savoir si vous etes vraiment aussi democrate que vous le pretendez

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Combien reste-il du chaoui et quel est le taux d’arabisme ?
kaci à ecrit le 17 décembre 2007 à 18:58

Azul ayachaoui,

Dites le sans tergiverser : vous etes plutot passeiste quant à votre origine chaoui. Ce n’est pas un mal, si c’est conscient, ca le serait si c’est du à l’arabisation forcèe.

Cela fait 25 ans passèes quand j’avais fais Batna Guelma Souk ahras : je me sentais vraiement chez moi !!

Donc de ma part vous etes les biens venus, pourvu que vous compreniez que nos choix ne sont pas en fonction negative mais plutot c’est un retour chez soi, duquel vous faites naturellement partie.

Kaci

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