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L’idole de la jeunesse kabyle, assassiné le 25 juin 1998
dimanche 15 juillet 2007, par Marie
Lounès a été lâchement assassiné le 25 juin 1998, son assassinat est commémoré un peu partout, ses meurtriers courent toujours, que vous inspire cette date ?
J’aurais aimé que cette journée n’ait jamais existé, j’aurais aimé que la journée du 25 juin 1998 soit absente du calendrier. Voila maintenant neuf ans que cette affreuse journée a emporté mon mari, nous laissant mes sœurs et moi traumatisées à vie. Cela fait neuf ans que j’essaie de me reconstruire, d’avancer, de survivre. Je dois affronter au quotidien, les images de cet attentat qui m’obsèdent tel un film éternellement rediffusé.
Je dois, en plus, faire face à des attaques et des rumeurs ignobles. Seul l’amour que j’éprouve pour mon mari et mes proches me permet de ne pas m’effondrer.
J’ai perdu mon mari, la Kabylie a perdu Lounès. J’ai aimé le poète et le combattant, avant qu’il ne devienne mon mari. Je sais ce que ressentent ses fans, pour avoir été fan de Lounès, avant de l’aimer comme époux. Je souffre d’autant plus, que rien n’est fait pour que les criminels soient arrêtés. Je souffre de ne pas connaître la vérité, savoir que ceux qui me l’ont enlevé sont en liberté, me fend le cœur. Je suis convaincue que les assassins avaient reçu l’ordre d’abattre Lounès et moi, son épouse. Le fait qu’ils m’aient tiré dessus en me laissant pour morte... que les meurtriers ne savaient pas quoi faire de mes sœurs...
La justice doit être rendue, les tueurs doivent être arrêtés et jugés, sinon la vie n’a aucun sens. Je refuse d’accepter que ceux qui ont assassiné Lounès, ceux qui m’ont mitraillé, ceux qui ont blessé mes sœurs et plongé la Kabylie dans le deuil, le 25 juin 1998, s’en sortent comme si de rien n’était...
J’ai besoin de savoir qui a commis ce crime pour pouvoir aller de l’avant. L’ignorance de la vérité maintient le deuil. Malgré mes doutes sur l’impartialité de la justice algérienne, je reste persuadée qu’un jour la vérité éclatera et que nous saurons ce qui s’est passé. J’ai espoir d’un changement de gouvernement ou de révélations inattendues. Il ne peut pas en être autrement, mon cœur ne peut pas pardonner ce que j’ai enduré le 25 juin 1998.
Bouteflika a voté la concorde civile qui amnistie les assassins de toutes sortes, vous qui avez été profondément blessé dans votre chair, qui avez perdu un être cher, que pensez-vous de cette loi ?
Je ne peux pas pardonner, je me mets à la place de ceux qui ont perdu un proche lors d’attentats, ou ont un membre de leur famille enlevé sans savoir par qui et pourquoi. Les mêmes questions me taraudent l’esprit, que s’est-il passé ? Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Pourquoi ? Si nous avions emprunté une autre route, aurions-nous été attaqué ? Et si nous n’étions pas sortis ? Qui a fait ça ? Par qui l’assassinat a-t-il été commandité ? A qui puis-je accorder ma confiance ? Dois-je me défier de tous ? Il est effroyable de rester sans réponse. Je ne peux pas, parce que Bouteflika a voté une loi qui l’arrange, pardonner et rester dans l’ignorance. Une loi peut être abrogée. On ne peut pas m’obliger à pardonner. Et pardonner à qui ?
Ceux qui ne l’admiraient pas forcément de son vivant ou n’étaient pas en accord avec lui, par rapport à son militantisme kabyle, actuellement l’adorent et certains l’appellent l’apôtre de la Kabylie.
Lounès a beaucoup souffert de la rumeur. Les rumeurs les plus fantaisistes couraient à son sujet. Ceux qui avaient une confiance totale en lui, n’y croyaient pas. Ceux qui avaient des doutes, non pas sur le poète mais sur le combattant les colportaient et contribuaient à lui donner une mauvaise réputation. Il a été tué, parce qu’il défendait ses idées, en combattant pour notre identité. Il a perdu la vie parce qu’il clamait haut et fort sa kabylité. Il a fallu malheureusement sa mort pour prouver, à ses adversaires, la sincérité de son combat culturel. De ce fait les personnes qui ne le croyaient pas suivent, aujourd’hui, son exemple.
Je me demande souvent ce qu’il aurait dit ou fait. Lounès est en chacun de nous, les Kabyles assimilent son message. Je reste persuadée que s’il avait été là beaucoup d’évènements auraient pris une autre tournure.
En effet, que se serait-il passé en 2001 ? Comment aurait-il réagi ?
Bouteflika s’est rendu à Tizi Ouzou pour dire que Tamazirrte ne serait jamais langue officielle, je pense que si Lounès était encore de ce monde, Bouteflika n’aurait pas eu cette audace.
Lounès était, je devrais dire est, un rassembleur, c’était un leader, il pouvait réunir, autour de lui, les femmes et les hommes de Kabylie, il avait le don d’encourager les Kabyles à se battre, pour notre identité. S’il avait voulu faire un appel pour soulever les foules, beaucoup l’auraient suivi. Il savait trouver les mots justes pour rassembler, afin que les Kabyles aillent main dans la main pour défendre une cause commune. Les politiques actuels le savent.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur, que voulez-vous dire aux admirateurs de Lounès ainsi qu’à ses détracteurs ?
Ceux qui aiment Lounès, sont dans l’expectative. Les étrangers ne comprennent pas l’impact de Lounès dans le cœur de ceux qui l’aiment, dans le cœur des Kabyles.
En 1988 lors de son agression par un gendarme à Michelet, nous ne savions pas s’il allait survivre à ses blessures, nous étions angoissés, anxieux, dans l’attente de sa guérison. En 1994, lors de son enlèvement par les islamistes, toute la Kabylie s’est soulevée pour demander sa libération.
Les Kabyles n’ont pas fait leur deuil, ils veulent savoir qui a tué Lounès. La douleur est là plus forte que jamais, et se fera de plus en plus insistante, pour ses fans, ses admirateurs et ceux dont il a réveillé la conscience.
Ses détracteurs ne peuvent pas arrêter le processus de revendication identitaire que Lounès a commencé, ils ne peuvent pas mettre fin au message que les gens ont assimilé. Il doit servir d’exemple aux générations futures. On doit contribuer à entretenir sa mémoire, comme l’a fait Yalla Sediki, en rassemblant ses poèmes. On doit le faire connaître dans le monde entier, parler de son courage, de son abnégation, de son amour pour la Kabylie et la langue kabyle. On doit parler de son combat pour notre identité.
En France, il y a des rues, des places Matoub Lounès, nous devons continuer à entretenir sa mémoire en restant dans la sincérité de Lounès.
Lounès dérange encore... Il gêne ceux qui ont peur de sa formidable capacité à générer la fraternité entre Kabyles, en mettant en avant notre identité, notre langue et notre culture.
On entend les chansons de Lounès Matoub depuis peu à la radio et télévision algériennes, alors que de son vivant il était interdit de radio et de télé, qu’en pensez-vous ?
Je suis curieuse de connaître le titre des chansons qui passent à la télé. Sont-ce les chansons du combattant de notre identité ? Je ne le crois pas. Ils savent ce que représente Lounès Matoub pour la Kabylie. Ils savent que c’est un rassembleur. Ils font mine de reconnaître le poète, pour nous faire croire qu’il ne dérange pas le gouvernement algérien. Je n’ai pas de réponse précise, mais je reste persuadée que c’est une façon de le récupérer. Lounès n’aurait jamais accepté d’être récupéré par qui que ce soit de son vivant. En ce qui me concerne, je pense qu’ils feraient mieux d’arrêter ses assassins.
La rédaction
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Vos mots nous vont droit au coeur. Bravo pour votre grande lucidité. Vous honorez le rebelle Lounes.
Avec tous mes respects
Un militant pour l’autonomie de la Kabylie.
Je suis d’accord avec toi, je suis bouleversé par ses paroles.
Comment ne pas fondre devant son visage d’ange et ses paroles sincères, qui nous confortent dans l’idée que nous avons de notre poète bien aimé ?
Nadia Matoub, si tu nous lis, nous sommes à tes côtés et te soutenons dans ta douleur.
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Après avoir lu cette interview, je ne sais pas quoi dire, j’aurai aimé savoir tout cela depuis le début, au lieu de polémiques stériles qui n’ont pas fait honneur à Matoub. Merci pour cet éclairage nouveau, sur celle qui a partagé ses derniers moments.
La vie est devant elle et elle peut valoriser l’image de Lounès en reprenant son combat. Nous serons nombreux à être avec elle, dans le souvenir et la pensée de Lounès.
Merci Nadia pour ton courage et ta franchise. Le temps t’aidera à aller de l’avant.
L’épouse dans la famille kabyle n’a aucun droit. Tu aurais du t’imposer dès le début au lieu de laisser la place à ceux qui l’ont enterré et l’ont tué plusieurs fois en trahisant sa pensée, son combat, en le faisant parler d’outre tombe.
Le cauchemar continu, pour nous qui sommes dans l’attente de quelque chose de nouveau, à l’image de notre rebelle. Que pouvons-nous faire pour réhabiliter l’image de notre maître à penser ?
Nadia doit réhabiliter la pensée réelle de Lounès.
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Nadia Matoub est un exemple de courage, qui nous rappelle, à juste titre, que la femme kabyle a toujours fait face dignement à l’adversité.
Blessée lors de l’attentat qui a emporté Lounès, elle a dû subir les rumeurs qui ne l’ont pas épargnée.
Faisons notre autocritique : nous, qui pleurions Matoub Lounès, nous avions abandonnée sa femme aux charognards. Car, une jeune veuve (et elle n’est, hélas, ni la première, ni la dernière,)attise toujours les commérages les plus vils et les plus terrifiants.
Alors rendons, aujourd’hui, humblement hommage, à la dignité de cette jeune femme, à son abnégation, et à son combat. Quoi que vous fassiez, Nadia, sachez qu’il n’y a pas que des ingrats. Nous savons ce que Lounès a fait pour nous, les kabyles, pour notre culture, pour notre dignité. Nous sommes nombreux à vous soutenir.
Dites ce que vous comptez faire pour la mémoire du rebelle, pour la vérité et la justice, et vous nous trouverez à vos côtés.
Avec mes respectueuses salutations. Agujil n lwennas
Bonjour, En lisant l’entretien de Nadia, je découvre une femme amoureuse de son mari. C’est un amour sincère me semble t-il.
C’est dur d’être jeune femme veuve et amoureuse de son défunt mari dans notre société.
Je n’avais jamais cru au rumeurs qui couraient sur cette jeune femme auparavant.
Nous sommes immature dans notre pays. On ne sait évaluer la valeure des choses et des hommes qu’une fois disparus...
Je dois à l’honnéteté de dire que je n’ai jamais été une fane de Matoub, je connais toutes ses chanssons, j’aime certaines d’entre elles mais modérement, seulement, même si on est pas un fan, et qu’on simplement un humain on peu rester digne, et solidaire avec les Hommes, et les militants des causes nobles,
Lounes était un militant sincère voilà le mot juste que je trouve adimrablement utilisé par sa femme.... effectivement nous devons rester sincère, et respectueux des combats pour la démocratie.
c’est un long chemin mais on peut y arriver, si nous sommes motivés et détérminés...
Respectuseument
Il n’est jamais trop tard pour bien faire et beaucoup se réveillent enfin.
Mme Veuve Matoub pourra-t-elle un jour surmonter sa douleur et son chagrin ? Pourra-t-elle oublier toutes les médisances et calomnies fomentées par ceux qui pensaient ainsi récupérer la mort de Lounès, avec tout ce qu’il représente pour nous et pour les libres penseurs de la planête ?
Bien sur elle n’oubliera jamais tout ce qu’elle a enduré, mais de savoir que ceux qui aiment Lounès, l’aiment et la respectent pourra certainement l’aider à continuer l’oeuvre de son époux.
J’ai lu le portrait brossé par Aït Larbi, il a su en quelques lignes nous la faire découvrir et aimer. Merci à tous.
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Il faudrait penser à commémorer l’assassinat de notre idole, un peu partout, afin que cela devienne une journée internationale.
Certains profitent de tout pour faire parler d’eux. Il serait plus juste de commémorer décemment l’assassinat de Lounès, peu de sites kabyles ont parlé de lui et je trouve cela décevant.
J’ai vu la commémoration à Bobigny et je n’ai pas compris pourquoi la présidente de l’association a parlé du fils Mehenni assassiné, et c’est malheureux, mais quel rapport avec Lounès Matoub ? Pourquoi tout mélanger ?
Il ne viendrait à l’idée de personne de commémorer un assassinat politique, avec un crime crapuleux.
Il ne faut pas oublier les propos tenus à l’encontre de Lounès de son vivant par celui qui se met devant les caméras, afin de faire semblant d’être affecté par l’assassinat de Lounès. De là à faire un amalgame avec ce qui lui est arrivé, je trouve cela écoeurant.
Certains n’ont vraiment pas honte, il suffit pourtant de visionner certaines émissions, pour voir qu’il y a peu ou pas de sincérité et que bientôt les crimes crapuleux vont prendre le pas sur les sites kabyles, à la place de ceux à qui ont a oté la vie pour la Kabylie et les Kabyles.
J’ai vu ailleurs jusqu’à 3 articles sur un crime qui a eu lieu dans un quartier louche de Paris et pas un seul article sur Lounès. C’est grave, réveillez-vous les brobro.
Lounès tu nous manques, si seulement tu étais encore là pour donner ton avis.
Je me demande si mon message sera validé, je sais que ce site est tenu par des makistes, mais je dis ce que je pense.
Arrêtez de faire de la diversion et d’opposer les kabyles uns contre les autres. L’assassinat d’Améziane Mehenni, un crime crapuleux ? Le "Kabyle de Paris" était sans doute témoin, pour ne pas dire plus ?
Cette façon de se cacher derrière Matoub pour attaquer Ferhat est répugnante. J’ai vu avec quelle dignité Mme Nadia Matoub a assisté au recueillement à la mémoire d’Améziane Mehenni, à la place Clichy. J’ai vu Ferhat déposer une gerbe de fleurs sur le parvis de la mairie de Bobigny à la mémoire de Lounès. J’ai été ému de voir, pour la première fois, la veuve et la soeur de Matoub prendre part à une même cérémonie, malgré les blessures. Tout ces indices, ajoutés à la formidable mobilisation, qui a permis d’arracher le journaliste Arezki Aït-Larbi des griffes du pouvoir algérien, me confortent dans l’idée que seule la solidarité nous permettra de relever la tête.
Alors soyons solidaires et méfions-nous des manipulateurs camouflés derrière un écran d’ordinateur.
Ay aqbayli n Lpari,
kec´c´ d aqbayli n Lpari, nekk n tmurt n yeqbayliyen, d annecta i gh-yerran nekk yid-k nemgarad ama di tmeslayt, ama di tmughli.
Kec´c´ tettwalid´ s wallen n Fransa, nekk s tid n yeqbayliyen.
Fransa tga-yas isem i lmut n Umez´yan ( a t-id-yebder wayen yelhan )akken ad tawi ayen i s-yehwan si Lanjiri, kec´c´ teddid´ yid-s.
Iqbayliyen tejreh´ tasa-nsen, yengha-yasen wemcum win ghlayen ( mmi-s n win ghlayen )fell-asen, nekk ddigh yid-sen.
Lwennas ( a t-id-yebder wayen yelhan ) i ghef tettmeslayed´ d aqbayli ula d netta, lemmer yedder, ad yec´c´ar´ udem-ik d tisusaf.
Dda Ferh´at ur d-ssawded´ ara ula d ixixxan-is.
Ma yella ur tefhimed´ ara ayagi, nadi ghef yiman-ik Ssi Tadir a Bu Zitwar´ !!!
Ce parisien semble en vouloir personnellement à Ferhat, ou peut etre défend il simplement son beaf steak et ses interets, dans la condition que vie la Kabylie depuis si longtemps...
Ne lui en voulons pas, il défend son camps et sa situation...
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Azul,
Dans chaque kabyle qui se respecte, il y’a un petit Matoub Lounes qui sommeille.
Un jour viendra, et le petit Lounes se réveillera.
Kabyliste
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une petite kabyle
nadia quandai appris lamort de matoub je me suis evanoui dans le bus a lyon je suis dechiree jusqua ’a present et crois moi je le pleure et le pleurerai toute ma vie....mais quand j ’ai lu (pour l ’amour d ’un rebelle )je vous aime encore plus fort tous les deux ton livre est mon livre de chevet et pourtant j ’en devore des livres tu es tres belle comme la kabylie nous somme tes soeur et nous te suivrons jusqu ’au bout de toutes tes actions tu as tout pour etre une kahina