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Iggervucen : Un génie kabyle

De la musique avant toute chose...

jeudi 7 septembre 2006, par Mimi

Personnalité kabyle réputée en son temps à l’échelle universelle, il marque son époque en tant que compositeur, tant pour l’art cinématographique que symphonique ou lyrique. Professeur de musique et producteur d’émissions radiophoniques, il est également auteur de contes et de scénarii divers.

Iggervucen (également connu sous le nom de Iguerbouchène) naît le 17 novembre 1907 à Aghribs, prés de Tizi-Ouzou. Après une scolarité studieuse à l’école Sarrouy jusqu’en 1919, il fait en 1923 la connaissance d’une personnalité écossaise possédant des terres en Algérie, le comte Fraser. Celui-ci, subjugué par son talent de flûtiste traditionnel, décide de l’emmener en Grande-Bretagne, où un parcours extraordinaire l’attend.

Source de l’image : www.mcb-algerie.org/ images/igerbucen.jpg

Une formation musicale d’exception

Iggervucen entre à la Royal Academy of Music à Londres, puis poursuit ses études musicales à Vienne (Autriche), où il suit une solide formation en théorie et contrepoint. Le début de sa carrière artistique est marqué par deux éminents professeurs : l’Anglais Levingson et le celèbre pianiste autrichien Alfred Grünfeld. En 1925, âgé alors de 18 ans, Iggervucen donne son premier concert à Bergenz, sur le lac de Constance en Autriche, au cours duquel il interpréte des œuvres musicales de sa composition, particulièrement sa premièreRapsodie Kabilia. Ses œuvres trouvent leur richesse et leur originalité dans sa double formation qui lui permet de s’inspirer de thèmes du monde entier.

Une carrière dans le cinéma

En 1930, il compose une de ses plus grandes œuvres symphoniques, la Symphonie n°6 Kabylya, ainsi que des poèmes symphoniques : Danse devant la mort, La Mort d’Abou Nouas et bien d’autres. Un peu plus tard, il décide de se consacrer à l’illustration musicale dans le cinéma. C’est ainsi qu’il compose la musique du film documentaire sur La Casbah d’Alger Aziza et d’un court métrage intitulé Dzaïr, qui le fera remarquer par le grand réalisateur français Julien Duvivier. Ce dernier lui confie, en 1937, la composition musicale de Pépé le Moko, dont le rôle principal estt interprété par Jean Gabin. Suite à ce film qui devient un classique du cinéma, Iggervucen est projeté au-devant de la scène internationale et connaît un succès fulgurant.

De la symphonie à la chanson

Débordant d’activité, il compose, en plus des musiques de films, ses six Rhapsodies kabyles ainsi qu’un grand nombre d’opérettes, de musiques de ballets, de poèmes musicaux et de chansons pour des chanteurs arabes et kabyles (notamment Farid Ali). En 1944, il séjourne dans les prisons françaises pour avoir été en contact à des organisations nationalistes. Après sa libération, il reprend ses activités et s’en va au Sud tourner un film sur les Touareg.

En 1952, il dédie au roi du Maroc Mohammed V un poème musical intitulé Une nuit à Grenade joué par un orchestre de 80 musiciens qu’il présente à l’Opéra de Paris. En 1953, il crée un concerto pour piano - son instrument de prédilection - et grand orchestre symphonique. Il remporte un énorme succès en Angleterre et dans plusieurs capitales européennes. Iggervucen, qu’on prend à Londres pour un fantasque chef d’orchestre russe, devient alors Igor Buchen ! En France il participe à la création de la radio kabyle.

Retour au pays

Ami bienveillant des artistes, il en aide plusieurs notamment l’Hasnaoui, El-Kamel, Rachid Ksentini, Agoumi et bien d’autres. Sa disponibilité devient proverbiale. Dés son retour à Alger, en 1956, il poursuit sa carrière de chef d’orchestre et compose 165 morceaux musicaux, tous genres confondus (allant de la chanson châabi à la musique classique indienne en passant par l’opérette algéroise). Membre définitif de la Société d’auteurs de Paris (SACEM), membre du comité d’honneur de l’Association des journalistes, écrivains et artistes de France et d’Outre-mer, il est l’ami très proche d’Albert Camus.

Une passion pour Tamaziγt

Passionné pour les langues, il parle, en plus de son Kabyle maternel, l’Anglais , l’Espagnol, l’Italien, le Français, l’Allemand et l’Arabe. Sa passion le pousse à s’intéresser aux différentes langue berbères, notamment letamachaq et le tacawit qu’il étudie à l’Institut des langues orientales de Paris. Ceci l’incite à produire une série d’émissions ethnologiques à la radio d’Alger, s’inspirant spécialement du patrimoine musical targui.

Ce ne sont-là que de simples repères biographiques de ce géant de la musique algérienne. D’une simplicité rare, Iggervucen décline plusieurs offres de collaboration venant de grands studios hollywoodiens, notamment la Metro Goldwin Mayer (MGM) et la Paramount. Ayant choisi une vie paisible et sans fastes, il rend son dernier souffle à Alger, le 21 août 1966.

 
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Vermondo seg T’elyan à ecrit le 20 juillet 2005 à 14:10
ATTENTION : VIRUS J’ai suivi le lien que vous donnez pour la photo d’Iguerbouchene (www.mcb-algerie.org ) et mon ordinateur a ete’ atteint d’un virus. Je recois un message de detection du virus a chaque nouvelle page que j’ouvre dans le site. Je crains que le site de l’ACB Algerie est infecte’. Signalez SVP le probleme aux proprietaires du site !...

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à ecrit le 30 juillet 2005 à 13:54
SVP, pour une fois qu’on a un artiste universel avec un nom bien kabyle... Alors ne déformez pas ce nom : Iger b-wuccen (le champs du chacal) et non, comme vous l’écrivez Iggervucen... Ar tufat. Amazigh yukin.

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