Le sondage
Faut-il boycotter les jeux olympiques ?

Résultats
img
Annonces, réclames
img
Agenda Culturel
img
Accueil du site > Toute l’actualité > Actualité > Interview d’Abdenour Dzanouni, auteur d’Islam blues : pouvoir (...)

Interview d’Abdenour Dzanouni, auteur d’Islam blues : pouvoir et religion

Les thèmes éternels du sexe, du crime, du pouvoir et de la religion...

mercredi 9 janvier 2008, par Djaffar Benmesbah

« ...Nous sommes sous tutelle politique d’un baril de pétrole coiffé d’un chèche, appelé Arabie Saoudite, et les dirigeants algériens de Chadli à Bouteflika, n’ont de cesse de renouveler, en même temps que leur pèlerinage à la Mecque, l’acte d’allégeance aux sultans saoudis et autres émirs bédouins. »

Djaffar Benmesbah : Vous venez de publier aux Editions La Belle Feuille, Islam blues, une satyre politique d’une drôlerie et d’une cruauté rares. Pourquoi ce livre maintenant ?

Abdenour Dzanouni : J’ai peur de ne pas pouvoir répondre à votre question. Cette peur vient de l’école où très tôt, si on ne sait pas répondre a une question du maître, on a une mauvaise note, on est puni voire châtié et menacé de ne pas passer à la classe supérieure. Alors que jusqu’à 5 ans, l’enfant ne cesse de découvrir enchanté le monde autour de lui et pose un flot de questions ininterrompues, à peine entré à l’école, il doit dissimuler son ignorance et dire et répéter qu’il sait pour se protéger des menaces et des coups. Dans ces dispositions, il apprendra de moins en moins et prétendra savoir de plus en plus. Plus tard, il sera spécialiste dans tous les domaines. Il saura mieux que le sélectionneur de football composer l’équipe nationale, mieux que le médecin soigner le malade, mieux que l’avocat défendre le droit, mieux que l’agriculteur cultiver la terre... Le pire est que si le sélectionneur, le médecin, l’avocat ou l’agriculteur veulent lui parler de leur métier, il ne les écoutera pas. Il sait, il n’apprendra rien !

Pour tenter de vous répondre, je vais expliquer ma manière de voir si éloignée de la programmation préméditée que votre question suppose. A l’opposé de la littérature partisane ou courtisane, l’idéal pour un roman est de se libérer des circonstances qui ont l’ont vu naître et de survivre à son temps et à son auteur. Sinon à quoi bon souffrir d’écrire quand d’autres plaisirs fugaces sont à portée de main. En pensant comme vous, j’ai plusieurs fois différé l’édition d’Islam blues pour qu’on ne mette pas la publication de ce roman en relation avec l’attentat du jour ou les élections de la semaine prochaine. Je me suis aperçu au fil des jours et des semaines, qu’il y avait tous les jours des attentats et des élections toutes les semaines. Si je maintenais cette résolution, Islam blues risquait de ne pas voir le jour et de ne pas être lu. Vu qu’Islam blues parle des thèmes éternels du sexe, du crime, du pouvoir et de la religion, avec en passant une verve et une jubilation que vous avez appréciées, avouez que ce serait dommage !

Djaffar Benmesbah : Il y a ceux qui se réjouissent en lisant Islam blues les yeux brillants et le sourire aux lèvres, il y a ceux qui font la grimace et marquent leurs distances et leur repentir d’avoir été associés par la lecture à une œuvre impie, Que pensez-vous de l’attitude des uns et des autres ?

Abdenour Dzanouni : Le bonheur d’un romancier est d’être lu. Un premier roman est comme le premier rendez-vous amoureux de l’adolescent. C’est un bonheur mêlé d’inquiétude, d’attente, d’espoirs, de surprises, d’étonnement... C’est pour moi une joie de voir rayonner le visage d’un lecteur ou d’une lectrice savourant Islam blues. Mais j’imagine aisément le visage assombri d’un lecteur ou d’une lectrice au cerveau bridé par la religion et victime du syndrome de Stockholm.

Je préviens ceux-là dans un avertissement au croyant : la lecture de ce roman ne vous allégera pas plus de votre fardeau de balivernes mecquoises, comme croire que votre Dieu est plus grand que celui du voisin de l’autre rive du fleuve, ni qu’elle ne changera à vos yeux ébahis la taille du minaret de votre village, forcément le plus haut ! L’auteur ne croyant pas aux miracles, il ne peut lui être reproché d’avoir échoué là où il n’a jamais prétendu réussir. Mais si, en plus d’être soumis et aliéné à ces funestes fumisteries, vous êtes iconophobe et donc susceptible d’être offusqué, outragé dans vos croyances, ébranlé dans votre foi, offensé dans vos sentiments, secoué d’indignation, emporté par la colère ou excité au feu et au crime par le dessin d’un âne ailé ou la simple lecture d’un roman, l’auteur vous invite à ne pas y toucher. Il décline toute responsabilité quand à vos divagations éventuelles du fait de votre imprudence à en poursuivre la lecture malgré cette défense. À l’auteur ses oeuvres, à vous les vôtres !

DB : Maintenant qu’ils sont prévenus, parlons de sujets qui vous agacent : il est actuellement question en Algérie d’une éventuelle révision de la Constitution pour permettre au président de se présenter une troisième fois, qu’en pensez-vous ?

AD : Je ne sais pas ce que les courtisans du président fabriquent comme amulettes pour un troisième mandat et je ne cherche pas à le savoir. A la question : « Quand le président a le ventre plus gros, faut-il déplacer le bouton de son veston ? ». Je réponds je ne suis pas tailleur. Cela dépasse mes compétences. C’est un problème que les clans au pouvoir régleront entre eux, sans nous et certainement contre nous. Alors, ignorez-les ! Ne leur parlez pas. Et dites à vos enfants de ne pas jouer avec leurs enfants. Le jour où ils se retrouveront seuls, ils partiront.

DB : Quelle est votre appréciation sur la sécurité civile et la recrudescence des attentats terroristes.

AD : Comme tout être humain normalement constitué, je suis consterné par l’horreur des crimes ! Mais dans un pays où les services de douanes vous saisissent, au flair et les yeux fermés, une bouteille d’alcool ou une cartouche de cigarettes soigneusement cachée au fond de votre valise et que des camions bourrés d’explosifs passent, au nez et... à la barbe des services de sécurité, avec à leur bord de quoi dévaster des quartiers entiers de la capitale, il faut une seule condition : avoir des potes au plus haut niveau du commandement des services.

Le terrorisme n’est pas résiduel mais structurel. Plus le prix du pétrole grimpera, plus les clans redoubleront de férocité. La part de la rente pétrolière des uns et des autres se taillera à la mesure de la détermination de chacun à mettre le pays à feu et à sang. A défaut de s’éliminer, les clans s’envoient des kamikazes pour se faire peur et se neutraliser ! Les complicités entre eux sont tellement imbriquées ! Les dossiers criminels, des uns sur les autres, s’ils étaient exhumés, seraient susceptibles de mettre en danger des fortunes illicites énormes et, selon la conjoncture politique internationale, d’inquiéter leurs possesseurs pour blanchiment d’argent. Alors, ils se rencontrent en urgence, se tapent dans le dos, programment des simulacres de procès, font payer des lampistes et reprennent les affaires en même temps que les attentats ! ça justifiera toujours le matériel de guerre sophistiqué à acheter et à mettre des commissions plein les comptes en banques numérotés !

Pour mettre fin à la terreur, il faut savoir d’où vient le mal. Sans remonter aux origines de la violence à travers l’histoire du pays, il serait peut-être utile d’enquêter sur la formation des cadres islamistes en Arabie Saoudite dans les années soixante-dix et des groupes terroristes en Afghanistan dans les années quatre-vingt. Le président Chadli Bendjedid et le directeur des services de sécurité, Mohamed Betchine, pouvaient-ils ignorer que chaque semaine, pendant plusieurs années, un boeing plein à craquer de jeunes adolescents décollait de l’aéroport d’El-Oued pour les emmener s’entraîner à Peshawar au Pakistan ou faire le coup de feu en Afghanistan. L’Algérie prêtait assistance logistique et chair à canon à un programme d’agression militaire financé à 50/50 par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite. Pourtant, l’Algérie n’était pas en guerre contre l’URSS ! La responsabilité de Chadli et de ceux qui l’ont servi n’est-elle pas engagée dans le désastre dans lequel l’Algérie est plongé aujourd’hui ? Au-delà du fait qu’un crime ne doit pas rester impuni, un procès qui ferait toute la lumière sur l’origine de la catastrophe participerait de la formation de l’opinion citoyenne et déterminerait les choix d’options politiques en connaissance de cause.

Je ne souhaite pas à Chadli d’avoir la même fin que Ceauscescu, mais si un juré populaire décide de lui réserver le même destin, ce ne serait que justice ! La responsabilité de Chadli et de ses principaux lieutenants est manifeste. Elle ne diminue en rien celle des organisations criminelles comme le GIA, l’AIS, voire la Qaïda du Maghreb. Ni celle de l’actuel chef de l’Etat qui a imposé des lois scélérates dites de « réconciliation nationale ». Ces lois ne sont ni plus ni moins qu’un régime de retraite spécial, assurant considération, protection et pension confortable aux terroristes, après 10 ans de service – on croirait – en mission commandée. Elles prévoient cinq ans de prison pour des personnes qui, comme moi, les dénoncent.

Vous faut-il d’autres preuves des accointances du pouvoir avec les milieux criminels et mafieux ? Ainsi, quand en octobre 1988, l’Algérie était à feu et à sang, Chadli Bendjedid publiait un décret dans le Journal Officiel amnistiant tous les crimes économiques, instruits ou non encore découverts, commis depuis son accession à la magistrature. Serpent à sang froid, Le chef des gangs s’assurait de sa propre impunité et distribuait des tickets d’amnistie à son entourage, en veux-tu, en voilà ! Mais qui va juger qui ? je n’ai aucune illusion à ce propos.

DB : Qui va juger ? Il y a des tribunaux et des juges en Algérie...

AD : Un mois avant son assassinat, le président Mohamed Boudiaf avait reçu le Conseil supérieur de l’information où j’avais été élu par les journalistes de la presse écrite. Je lui avais fait part de ma réprobation quand aux tentatives des Gouvernements successifs de faire du Conseil un instrument de répression des journalistes et de la presse. J’expliquais que si un particulier ou une institution s’estimait victime d’un délit par voie de presse, ils pouvaient déposer plainte auprès du tribunal. Le journaliste et le journal incriminés prendraient un avocat. Et le juge après avoir écouté les deux parties, prendrait sa décision à la lumière de la loi. Mais qu’en aucun cas le Conseil n’avait à jouer les « terreurs ». Le président Boudiaf m’a répondu qu’il était d’accord avec les principes que j’invoquais, mais qu’il avait à son tour une question à me poser : « De l’ensemble des juges en place, qui enlever, qui laisser ? » reprenant une expression populaire signifiant que tout est pourri et qu’il n’y a rien à sauver.

DB : Vous avez vécu aux premières loges, l’expérience de la presse indépendante en Algérie ? Est-elle vraiment indépendante ? Pouvez-vous en témoigner ?

AD : Il n’y a pas de presse indépendante en Algérie. Il n’y en a quasiment jamais eu. Si, peut-être, pendant quelques mois. Pour mémoire, nous étions une trentaine de journalistes en octobre 1988, à adopter une déclaration exigeant pour une issue pacifique de la crise, l’institution des libertés fondamentales dans leur totalité, la libération des détenus politiques, la levée de l’état d’urgence... Au même moment l’armée tirait sur la foule de manifestants pacifiques à la place des Martyrs à Alger, faisant des centaines de morts.

Pour ne pas faire aboutir nos revendications, le gouvernement de Kasdi Merbah jouait alors la montre. Il fut remplacé par le gouvernement de Mouloud Hamrouche. Sous son règne, la nouvelle constitution instituant les libertés fondamentales fut adoptée par référendum en février 1990. Pour mémoire, le Front islamique du salut avait appelé à boycotter la consultation populaire en raison du caractère incompatible de la démocratie avec l’islam.

Mouloud Hamrouche était à fond pour la presse démocratique à condition qu’elle dise du bien de lui. En cela, il n’était pas différent de ses prédécesseurs ou plutôt si ! Ses prédécesseurs se suffisaient d’un seul El-Moudjahid, lui en voulait dix pour lui. Des journalistes qui avaient servi avec conviction les gouvernements précédents se bousculaient sur les plateaux de la télévision pour se réclamer des réformes démocratiques de Mouloud Hamrouche.

Sans attendre la nouvelle loi sur l’information, Alger Républicain, empêché de paraître depuis le coup d’Etat militaire du 19 juin 1965, reparaissait. Sous l’œil bienveillant de Abdelhamid Benzine et le talent de Mohamed Benchicou, le journal reparaissait « quand il pouvait » animé par les belles plumes de Halim Mokdad, Saîd Mokbel, Samia Khorsi, Ghania Hamadou, Mounira Dridi... Il atteint bientôt le seuil dangereux des 100.000 exemplaires, une audience et une influence inquiétante pour le pouvoir en place.

Tout en proclamant son attachement à une presse indépendante, Mouloud Hamrouche lança alors une OPA sur Alger Républicain. Sous couvert de dédommagement pour ses biens confisqués et le préjudice subit durant son interdiction, il mit quelques sept milliards dans la corbeille de la mariée à qui il ne manquait plus qu’un fiancé. Il le trouva en la personne de Madjid Harbi, un de ses subordonnés dans la hiérarchie militaire, infiltré au PAGS et qui avait à son tableau de chasse, la liquidation, en quelques semaines de Saout-el-chaâb, le journal du PAGS. Il convainc Abdelhamid Benzine de le nommer à sa place pour diriger le journal. L’équipe animée par Mohamed Benchicou, occupée à faire un bon journal, ne comprit pas les raisons du changement. Le clash allait conduire, après plusieurs semaines de conflit, à la création du journal Le Matin.

Plus tard, Madjid Harbi n’ayant pas pris soin de vérifier que les changements qui le faisaient copropriétaire du journal avaient bien été enregistrés par le notaire, demanda à Abdelhamid Benzine et Mustapha Kaid de ne plus remettre les pieds au journal. Et c’est lui qui fut prié de rester chez lui. Mais le mal était fait. Alger rep’ n’allait plus se relever de cette tentative de Mouloud Hamrouche de faire main basse sur la presse. D’un côté La relation de confiance avec son lectorat était rompue et de l’autre l’alimentation en ressources publicitaires était coupée. En même temps que sa crédibilité, son tirage s’effondrait à 10.000 exemplaires. Au final, sa trésorerie fondait comme un glaçon, dans un verre de pastis, au mois d’août. Et le réchauffement climatique de la planète n’y était pour rien.

DB : Vous nous dites qu’à défaut de se le payer, le pouvoir a réduit Alger républicain à une figuration symbolique dans le paysage médiatique...

AD : Pas encore, l’objectif avoué du pouvoir était d’en faire un mensuel à 5.000 exemplaires, soit un journal alibi sans prise sur la réalité quotidienne ni réel apport informatif dans la formation de l’opinion. Dans cette situation désespérée, je fus appelé à prendre la direction d’Alger républicain.

Il faut que ceux qui vous lisent, sachent qu’aucun journal ne peut vivre du produit de ses ventes. Le prix du journal couvre à peine la marge du diffuseur et du vendeur de journaux. Comme les autres quotidiens, Alger Républicain avait besoin au moins de six pages de publicité pour payer les salaires et le tirage de l’imprimerie. Nous en avions une demi-page et parfois, les jours fastes, une page entière. Pour continuer à exister, nous avions trois mois de trésorerie tout au plus ! Les jours du journal étaient comptés.

Quelle ne fut ma surprise, un matin où la secrétaire m’informa que le ministère de l’Intérieur commandait deux pages de publicité pour le recrutement d’agents de police à publier pour le surlendemain. Le soir même, le rédacteur en chef m’informa d’un appel téléphonique du directeur de la communication du même ministère, lui intimant de réserver la « une » du journal au discours et portrait pleine page du ministre de l’Intérieur, à l’occasion d’une visite d’une caserne à Biskra. Ne tenant pas compte de cette demande incongrue, j’ai privilégié l’information sur l’assassinat de Marengo. Un vendeur de journaux de la rue hoche à Alger.

Le lendemain, le directeur de la communication du ministère de l’Intérieur, m’appela au téléphone et protesta. Il me fit part des reproches unanimes que lui avaient faits les directeurs des autres journaux : « Vous laissez Alger rep’ faire ce qu’il veut alors que nous obéissons sans discuter. » lui auraient-ils dit. Je lui répondis que : « Si je ne peux pas choisir ce que je mets à la une de mon journal, à quoi je sers à cette place ? D’ailleurs, si cela vous amuse, je vous la cède volontiers. Venez ici et faites toutes les « unes » que vous voudrez. »

Deux minutes après avoir raccroché, la secrétaire m’informe que les deux pages de publicité pour le recrutement d’agents de l’ordre public étaient annulées. Le journal, faute de ressources publicitaires, cessa de paraître quelques semaines plus tard et ses journalistes dispersés. Par contre, les autres journaux, plus indépendants que jamais, augmentaient le nombre de leurs pages pour accueillir le tsunami publicitaire. Que pouvaient-ils faire d’autre, face à cette manne qui se déversait dans la corbeille de la mariée, sinon de célébrer les noces de la presse et le jour des funérailles de sa liberté ?

Il sera toujours temps de défendre la liberté de la presse… en Chine, à Cuba, au Maroc ! Pourvu que cela soit ailleurs, très loin ou dans un pays avec lequel notre Gouvernement est fâché. Il serait alors de bon ton de nous fâcher à notre tour et de réclamer pour nos confrères, censurés ou emprisonnés, la liberté qui nous est interdite à demeure. Les journalistes chinois, cubains ou marocains devraient à leur tour dire plus souvent leur solidarité avec les journalistes français, américains et algériens. Comme on dit dans notre jargon : « Le lecteur corrigera de lui-même. »

DB : Vous êtes co-auteur de feuilletons populaires sur la guerre d’indépendance d’Algérie comme Ali la pointe au cœur de la Bataille d’Alger et Le commando Khodja. Quelle est votre opinion sur la demande, du président algérien au président français, de faire acte de repentir ?

AD : Qui croirait, dans les décennies futures, que les relations entre l’Algérie et la France ont reposé sur un ulcère, l’ulcère du président algérien. Il a suffit qu’il le fasse souffrir, comme en 2006, à Constantine, pour nous amener au bord du conflit. Heureusement pour les deux peuples, le lendemain, l’ulcère éclata. Le président algérien a dû manger son chapeau pour se faire soigner à l’hôpital militaire français du Val de Grâce.

Il faut être plus sérieux ! s’il y a un traitement à privilégier, il doit être politique.

En effet, le mouvement de décolonisation n’a pas touché seulement l’Algérie et la France mais l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine débarrassées des anciennes puissances coloniales comme l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal... Il s’agit moins d’admettre que l’entreprise de colonisation était injuste que de reconnaître que le mouvement de décolonisation est juste. l’Etat français reconnaîtrait alors que la résistance de ses propres fils contre la guerre d’Algérie etait politiquement légitime, que les appelés du contingent, qui se couchaient sur les rails des trains pour ne pas aller faire la guerre, sont les justes parmi les justes et qu’ils sont le vrai visage de la France, celui de l’honneur et de la grande humanité. Que leur mémoire soit célébrée, que la rue où ils sont nés porte leur nom. A qui veut, reviendrait le mérite de reconnaître, pour l’honneur de la France, que leur combat était juste. C’est l’acte de repentir que la Nation doit à ses fils. Elle en sort, non humiliée, mais grandie.

Le président algérien, lui, pourrait donner l’exemple en faisant acte de repentir pour les jeunes manifestants pacifiques, tués ou violés, à travers le pays, sous ses deux mandats présidentiels. Il pourrait promettre lors de la campagne pour le troisième mandat de ne plus tuer ni violer. On risque de le croire et lui d’être élu.

DB : L’école est sinistrée, des organisations syndicales ont émis des préavis de grèves, que faire ? quels espoirs sont permis ?

AD : Si l’école est sinistrée, ce n’est pas à cause des organisations syndicales. A mes amis syndicalistes, je dis que je suis pleinement d’accord avec leurs revendications. Mais, ils doivent savoir que la grève ne va pas émouvoir les gouvernants vu que leurs enfants font leurs études et ont leur avenir tout préparé à l’étranger. La précédente grève transformée en année blanche est là pour le rappeler. Seuls les syndicalistes persécutés et les enfants du peuple sont pénalisés par les grèves. Ils le sont déjà du fait de la politique du pouvoir...

Le Premier ministre Ahmed Ouyahya a écrit au proviseur du lycée Descartes lui demandant de dispenser son cancre de fils de suivre les cours de langue arabe. Dans le même temps, il fait adopter par le Gouvernement, dont l’actuel Premier ministre Belkhadem faisait partie, un décret augmentant abusivement le coefficient de la langue arabe sur toutes les autres matières. De deux choses l’une : ou il n’aime pas son fils, ou il veut du mal aux enfants du peuple ?

En fait, c’est pire : nous sommes sous tutelle politique d’un baril de pétrole coiffé d’un chèche, appelé Arabie Saoudite, et tous les dirigeants algériens depuis Chadli à Bouteflika, n’ont de cesse de faire, en même temps que leur pèlerinage à la Mecque, acte d’allégeance aux sultans Saoudis et autres émirs bédouins.

Que faire ? L’alternative serait de développer une nouvelle république en dehors d’un Etat gangrené par la mafia. Les nouvelles technologies de communication constituent de formidables leviers de communication : développer une nouvelle école, une nouvelle presse, de nouvelles organisations, de nouvelles associations, une recherche innovante solidaire, un nouveau commerce, une nouvelle économie, y compris une nouvelle forme volontaire de collecte d’impôts et de contrôle de son utilisation... Lorsque les citoyens de la nouvelle république atteindront la masse critique, les ralliements se feront par troupes entières avec oriflammes et bagages. Les tenants de ce pouvoir en décomposition seront du même coup isolés et défaits.

Cela s’appelle la révolution.

Entretien réalisé par Djaffar Benmesbah pour Kabyles.net

 
img Répondre à cet article       img   (11)
 
...
de plus en plus indépendantiste. à ecrit le 10 janvier à 17:37

Certainement que j’acheterai son livre. Mais je me permettrait, sur cet entretiens de poser des questions.

Monsieur Dzanouni parles beaucoup de chadli, boutef, hamrouche... à juste titre. Mais, quid de boumedienne, de ben bella et même, du mouvement nationaliste algérien ? dés l’an 1 de la création du nationalisme algérien, l’option arabe et islamique fut présent et pris le pouvoir de cette idéologie politique ! Je dirai même, le jour de la fondation de l’algérie, sous Napoleon III !

Je pense que ça remonte à bien avant chadli tout ça ! Ca ne veut pas dire que j’attaque monsieur Dzanouni et ce qu’il dis, mon intention est plutot d’approfondir son raisonnement.

Répondre à de plus en plus indépendantiste.

 

Retour début forum / img Répondre à cet article

Enfin, ils parlent
Lynda à ecrit le 10 janvier à 21:37
Enfin des anciens de la presse parlent. Ce que nous apprend M.Dzanouni est d’un grand interet. Je lui dis merci et bravo pour son courage. Je tiens à remercier Kabyles.net qui a su nous faire écouter un écrivain qui a tellement de choses à dire. Toutefois, j’aurais aimé que M. Dzanouni donne son avis sur les partis démocrates ( FFS, RCD, MDS, MAK). Quelle est leur importance sur l’échiqiuer politique ? Sont-ils influents ? merci

Répondre à Lynda

 
Les partis ? Que font-ils ?
Redouane de l’Essonne. à ecrit le 11 janvier à 01:22
Vous demandez l’avis de M.Dzanouni sur les RCD, FFS, MDS, MAK,pourquoi exactement ? Qu’il nous donne sa lecture de tout ce qui se passe et c’est déjà tres bien. Qu’il nous informe Arvah Atafat, mais qu’on lui demande de se mettre à dos ces partis n’est pas tres catholique. Il suffit de bien lire son entretien pour comprendre qu’il n’a rien à avoir avec ces partis, il va droit au but, sans discours sans hypocrisie politique. Tous mon respect Lynda.

Répondre à Redouane de l’Essonne.

 

Retour début forum / img Répondre à cet article

Les vrais et les faux
Redouane de l’Essonne. à ecrit le 11 janvier à 01:06
Les chaines françaises savent ce qu’elles font quand il s’agit de presenter des journalistes algeriens. Elles font appel à des faux, des usurpateurs et des mytos. elles presentent des Sifaoui comme journaliste algerien, quand je lis son blog et que je vois toutes les fautes qu’il fait, je me demande si c’est lui qui écrit ses livres. Ou alors, il est beaucoup plus flic qu’autre chose et que des voyous du DRS lui fournissent des écrits qu’il ne fait que signer. On nous a aussi montré l’image d’un écrivain sage, Yasmina Khadra, et voila qu’il prend le centre culturel algerien de Paris, centre directement lié au DRS. Heureusement que Kabyles.net montre un autre visage de journaliste, celui de M. Dzanouni. Franchement c’est une joie de le connaitre et le laisser parler, comme c’est dit dans son entretien, c’est la révolution. Le bonjour à Genevieve Harland et à djaffar Benmesbah.

Répondre à Redouane de l’Essonne.

 
Sifaoui, dites vous ?
Wassila Kichout ( ancienne journaliste) à ecrit le 14 janvier à 16:44
Sifaoui journaliste c’est trop dit. Je vois monsieur Redouane que vous etes un peu informé à son sujet. Sinon,un ami vous en a parlé. Je vous rajoute deux petite choses, M.Sifaoui avait dans sa poche une autorisation de port d’arme avant de tenir une carte de presse. Il a tant cherché integrer les services du DRS avant d’etre recruté par un journaliste des “services” qui était lui même chargé de liquider l’association des journalistes AJA. Il consacra son bref passage à Horizon en 1996 à une lutte acharnée contre l’opposion, particulierement le FFS. en fait, il ne faisait que signer les fax envoyés par ses "superieurs". Tout comme aujourd’hui

Répondre à Wassila Kichout ( ancienne journaliste)

 

Retour début forum / img Répondre à cet article

Abdenour, le militant
Wassila Kichout à ecrit le 14 janvier à 17:05
Abdenour Dzanouni, le militant, Abdenour le syndicaliste, le journaliste, l’écrivain. Mon ami Djaffar pourrait le présenter aux lecteurs de Kabyles.net vu qu’à Alger Républicain il était son adjoint. Connaitre l’homme pour mieux saisir son oeuvre.

Répondre à Wassila Kichout

 
C’est bien que le PAGS se repentisse...
Amel à ecrit le 16 janvier à 11:47
Azul Fellawen ! C’est bien que M. Dzanouni écrive ; ceux qui écrivent ont toujours un certain mérite...Mais il faut aussi dire que M. Dzanouni a appartenu à un parti qui a toujours soutenu les militaires et le DRS, cette machine criminelle...Le PAGS était ouvertement contre le Printemps berbère de 1980 et n’a jamais reconnu, par la suite, y compris dans les années 90, la langue berbère...Comme le FLN, il s’est contenté de parler de culture berbère...M. Dzanouni a été longtemps dans les structures officielles de l’état algérien et n’a jamais critiqué ni l’armée ni le DRS...Aujourd’hui c’est facile de critiquer des présidents qui ne sont plus là...Aujourd’hui, c’est facile de le faire en France...M. Dzanouni peut faire un bon repenti mais c’est déjà trop tard...Merci à Kabyles.com de le faire parler...Bon courage à tous ! Amel de Paris

Répondre à Amel

 
Pour l’honneur des journalistes d’el-moudjahid, sec !
Abdenour Dzanouni à ecrit le 17 janvier à 05:17

Pour mémoire,

Je remercie tous ceux qui sont intervenus pour approuver ou désapprouver mon témoignage sur des faits que j’ai vécus ou recueillis de première main. N’étant pas historien, je ne prétends pas écrire l’histoire de ces années quatre-vingts mais seulement révéler, à la faveur d’une interview, quelques faits dont j’ai été témoin avec l’ambition avouée de susciter d’autres témoignages et de les écouter flétrir le crime.

Comme il n’y a aucune honte à ne pas savoir, je n’hésiterai pas à dire je ne sais pas ! Ainsi, je ne pourrai être affirmatif quant à situer le déni de cultures et de langues aux peuples berbères à la naissance du mouvement nationale. Il me semble que ce déni remonte au moins aux temps de la colonisation romaine et qu’il n’a cessé d’être renouvelé par les occupations successives. Cette culture de l’amnésie est d’ailleurs une des causes du succès des conquérants, l’autre étant souvent les ambitions d’une tribu de dominer les autres, en s’appuyant sur l’envahisseur. Mais n’étant pas né à cette époque, je ne suis sûr de rien, aussi je m’en tiendrai à ce dont j’ai été témoin et qui peut encore être vérifié et recoupé auprès de plusieurs sources vivantes.

En 1980, j’étais journaliste à El Moudjahid lorsque parvint à la rédaction qu’une conférence de l’écrivain Mouloud Mammeri avait été interdite. Ce qui avait provoqué la protestation des étudiants, rejoints par les travailleurs, et l’intervention de la gendarmerie pour réprimer les manifestants. N’ayant pas été sur place, d’autres sauront mieux que moi rapporter les faits circonstanciés de ces événements appelés plus tard le « printemps berbère ».

Printanier ? Sombre était le jour où le lecteur d’El-Moudjahid a lu dans la page culturelle, un billet qui traitait Mouloud Mammeri de traître inféodé à la France. Ce communiqué anonyme publié par le rédacteur en chef, Kamel Belkacem émanait des services.

En colère, Les journalistes, chaouis, algérois, oranais ou kabyles, pagsiste ou non-pagsistes, ont envahit le bureau de Kamel Belkacem pour dénoncer la manipulation de l’information. Ils obtenaient que Fodil Ourabah, un pagsiste furieux et un kabyle véhément, aille sur place et que son reportage soit publié dans l’édition du lendemain. Il rapporta un magnifique reportage, limpide, lumineux, émouvant sur le mouvement des étudiants. Ce reportage, qui peut encore être consulté dans les archives, a été publié sous la pression soutenue des journalistes d’El-Moudjahid. Mais le même jour, la gendarmerie, soutenue par les chiens d’attaque, intervenait violemment et avec une sauvagerie jamais démentie depuis. Le pouvoir avait choisi la force et la brutalité contre l’intelligence et la culture et il n’aura de cesse, à ce jour, de privilégier la répression à la négociation comme méthode de résolution des conflits et expression de son attachement aux valeurs arabo-islamiques.

Les journalistes d’El-Moudjahid se réunirent pour rédiger et signer une pétition qui soutenaient les revendications populaires et condamnaient l’usage brutal de la force. Sur soixante journalistes que comptait la rédaction, deux seulement avaient refusé de la signer. Ceux sont le kabyle Ahmed Fatani, qui curieusement n’est pas pagsiste, et le tlemcénien Djamel Benzaghou, plus tard assassiné et qui , m’a-t-il dit, obéissait à son obligation de réserve en tant que fonctionnaire des services.

En 1980, je n’étais pas encore au PAGS. Je suis donc d’autant plus à l’aise pour témoigner, que les militants du PAGS, comme Fodil Ourabah, Halim Mokdad, Ahmed Ancer, Amar Belhimer et Mohamed Benchicou, étaient en... avant garde pour dénoncer le déni de langues et de cultures berbères. Soit dit en passant, Mohaamed Benchicou est de Miliana, Halim Mokdad de Shaoula, dans la banlieu d’Alger, Amar Belhimer et Ahmed Ancer de Djidjel... Et, fort heureusement, tous ces militants du PAGS n’étaient pas seuls dans la bataille. Il y avait , venus de tout le pays, Mâamar Farrah, Ali Ouafek, Akli Hamouni, Omar Belhouchet, Mohamed Saïdani, Rachid Lourdjane, Blidi Mâachou, Abderahmane Mahmoudi ... et votre serviteur ! À mon humble avis, le Mouvement des Journalistes Algériens était né ce jour là, surgi de la même matrice de revendications démocratiques et culturelles. Il préfigurait ce qu’il allait être huit années plus tard dans la forme et dans le contenu de son action.

Ah, j’allais oublier ! Un seul journaliste, de la rubrique culturelle d’El-Moudjahid n’avait pas signé la pétition mais avait préféré rédiger une lettre de démission au motif qu’il ne pouvait travailler dans un journal qui diffamait impunément les intellectuels. Certes, nous étions cinquante-huit pétitionnaires courageux au regard des conditions policières de l’époque à signer une telle déclaration mais nous avions surtout le courage du nombre, chacun étant protégé par tous les autres. Et ce journaliste, lui, osait démissionner en prenant délibérément le risque de ne plus pouvoir travailler dans la presse unique. Avant lui, d’autres en avaient fait les frais. De ce journaliste je recevais ce jour là , une des plus belle leçon d’éthique de ma vie. « La vérité est souvent le fardeau d’une seule personne avant d’être le luxe de la majorité. Le mérite revient à qui n’attend pas d’être nombreux pour la défendre. »

Ce journaliste s’appelait Tahar Djaout.

Abdenour Dzanouni

Répondre à Abdenour Dzanouni

 
L’Histoire retiendra les faits et les fais sont têtus...
Amel à ecrit le 17 janvier à 12:14
Azul fellak a mass Dzanouni ! Merci pour votre témoignage M. Dzanouni ; vos paroles semblent sereines et presque sincères mais elles omettent plein de faits incontournables ! Vous dites que vous n’étiez pas au PAGS en 1980, ce n’est pas grave. Le printemps berbère a continué durant toutes les années 80 et jamais Saout Echaâb, le journal semi-clandestin du parti n’a rendu hommage à ce mouvement ! Pire, le PAGS est mort sans jamais avoir reconnu la langue amazighe ! Jamais vous même ni les autres journalistes apparentés au PAGS ( et il sont nombreux) n’avaient fait le moindre effort pour la reconnaissance de la langue berbère, ni pour la démocratisation réelle du pays ! Combien de journalistes faisant partie du PAGS sont en vérité des agents du DRS ? Ils sont nombreux ! Je vous défie de trouver le moindre écrit de tous les journalistes que vous citez allant dans ce sens ! Le sens de la marche de l’Histoire et de la dignité des peuples ! Pour l’histoire, Hachemi Chérif, chef du PAGS, a accompagné à l’université de Tizi Ouzou, en 1980, le ministre de l’enseigement supérieur de l’époque, Abdelhak Brerhi ( lui aussi est devenu "démocrate" ! ) pour donner de l’épaisseur à sa propagande...Par la suite, Hachemi Chérif a donné plusieurs fois des interviews à Algérie Actualité où il niait carrément la langue berbère ! ( dire que lui-même est Kabyle ! )... M. Dzanouni, vous avez été dans des postes importants au sein de l’establishement algérien, dirigé de main de fer, par le DRS : Avez vous un jour dénoncé les actes monstrueux du DRS ? Jamais ! C’est facile de dénoncer les islamistes, eux aussi monstrueux et assassins ! Pour finir, je vous conseille de lire les entretiens de feu Said Mekbel, le seul journaliste algérien de l’époque qui n’a pas écrit dans les "torchons" du pouvoir...Ces entretiens sortent en ce moment à Paris...Bon courage à vous M. Dzanouni ! Bon courage et merci à Kabyles.com ! Amel de Paris

Répondre à Amel

 
dimokhratie
pags à ecrit le 28 janvier à 18:08
La démocratie, la liberté et le respect des valeurs de l’autre les kabyles les connaissent depuis la plus haute antiquité. On en a marre du pags, des ângerianistes et de ceux qui cherchent à démocratiser ceux qui au siècle dernier vivaient encore sous la guitoune, L’ISLAM NE RESPECTE ET NE RESPECTERA PERSONNE, sauvons d’abord la kabylie qui est tombée prisoniière de cette secte apocalyptique et ses enfants pourrons peut être contrer l’infâme demain.

Répondre à pags

 

Retour début forum / img Répondre à cet article

Chapeau bas pour votre courage Abdenour Dzanouni
Amazigh opprimé par l’arabo-baathisme à ecrit le 10 mars à 14:44
Azul, j’ai pris de mon temps et trés serieusement et d’un esprit trop fouineur pour tout lire sur ce GRAND ECRIVAIN qui est Abdenour Dzanouni, c’est dommage, je ne suis pas arrivé à lire son roman "Islam blues" pour le découvrir et le connaître davantage afin que je lui porterai ma critique positive ou négative, ça en toute sincèrité à savoir. ce que je vous demande Monsieur l’ECRIVAIN et le militant pour la démocratisation du système politique et pour la laïcité, oui je suis choqué par la fetwa qui est publiée sur ce site, alors attention, l’Algérie a besoin de ces intellectuels qui sont encore vivants, et surtout de votre envergure, à penser aux enfants et aux générations futures. oui, chapeau bas pour votre courage. l’Algérie se cherche...

Répondre à Amazigh opprimé par l’arabo-baathisme

 

Retour début forum / img Répondre à cet article