Berceau de la contestation, l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou vient de prouver, encore une fois, que l’esprit de lutte est omniprésent, malgré le désenchantement ambiant, dans les rues de Kabylie.


Une mobilisation extraordinaire et une organisation impeccable des membres de la Coordination locale des étudiants (CLE) puisque le mot d’ordre à été suivi à la lettre. Ils étaient 5.000 selon des sources policières, plus de 35.000 selon un membre de la coordination locale des étudiants. Nous estimons le nombre de « marcheurs » à environs 30.000 étudiants.




Le temps pluvieux de cette journée du 11 décembre n’a pas dissuadé les étudiants. En somme, un silence quasi absolu qui pourrait être celui qui précède l’incroyable entrée en éruption d’un cratère. Pourvu que l’intelligence et l’esprit de construction et de rassemblement soient au rendez-vous !






Quand bien même on daignerait, en haut lieu, régler les innombrables problèmes socio-pédagogiques qui ne cessent de provoquer des soubresauts contestataires faits de débrayages, de sit-in, rassemblements et marches qui rythment la vie de l’étudiant de Tizi-Ouzou, depuis la fin des années soixante-dix, lorsque les autorités, en guise d’un centre universitaire proprement dit, avaient détourné les infrastructures d’un lycée (Hesnaoua) et d’une maison de retraite (Oued Aïssi) pour en faire une université.






Depuis, l’incapacité des structures à accueillir et à répondre aux attentes des nouveaux inscrits, en terme d’hébergement, de restauration, de moyens pédagogiques et de recherches font que les retards s’accumulent et les perturbations dans le cursus de l’étudiant, pour cause de grèves récurrentes, se répercutent sur le rendement.



Malgré un encadrement professoral le plus compétent et des étudiants aussi doués que volontaires, l’université ayant acquis la réputation de marmite en perpétuel bouillonnement, a fini par se classer en terme de performance, très loin derrière la quasi totalité des facultés et instituts d’Algérie, d’où la revendication des étudiants « Pour une vraie université à Tizi-Ouzou ».



Au volet pédagogique, sont venus se greffer d’autres problèmes dont les étudiants et les enseignants de Tizi-Ouzou aimeraient être dispensés puisqu’il s’agit de corruption, d’insécurité à l’intérieur des campus et des cités universitaires où rodent des délinquants, des repris de justices, des dealers... et des agents des services de sécurité. « Halte à la violence au sein des franchises universitaires » et « Dénonçons la corruption » sont entre autres slogans scandés à Tizi-Ouzou par les étudiants.






Certains responsables, à l’image de la directrice des œuvres universitaires de Hasnaoua (DOUH), sont froidement fustigés par les marcheurs. Les slogans arrêtés par les organisateurs tels que « Non à la réforme du système LMD », « Pour le respect des droits de l’homme », « Non à la transcription de Tamazight en caractères arabes » et « Tamazight langue nationale et officielle » ont retentis tout au long de l’itinéraire qui a relié Hasnaoua au siège de l’assemblée départementale. Kabyles.net y reviendra.

Halim AKLI