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Kabylie et tourisme
lundi 31 mars 2008, par Halim Akli
L’architecture traditionnelle locale, avec sa diversité, sera sans nul doute le réceptacle principal d’une telle ambition avec notamment la reconnaissance officielle de certains villages qui ont gardé intact leur style d’habitation depuis plusieurs siècles, tel que At Lqayed (voir « At Lqayed, un village au fond du 17è siècle ») dans le registre « patrimoine national » avec ses subsidiaires en terme de revalorisation et de protection de ces vestiges qui exercent une fascination évidente sur le touriste qui sera en sus, l’objet d’une promotion publicitaire ciblée qui, dépend, faudra-t-il le souligner une fois de plus, d’une politique du tourisme globale et cohérente (coût du billet d’avion, de séjour, infrastructures hôtelières suffisantes et garantissant le rapport qualité/prix, introduction dans cette politique de la notion de développement durable…)
En matière d’artisanat, la région centre qui s’étend des villages les plus reculés de Bordj bou Arreridj jusqu’à la punique Tipaza, en passant par Béjaïa, Tizi-Ouzou, Boumerdès et Bouira, est un véritable musée vivant où se perpétuent les procédés traditionnels séculaires : sculpture, tissage, poterie, bijoux, coutures, broderie, maroquinerie... Terre de mille contrastes bariolés, la région offre aux visiteurs de nombreux témoignages de l’artisanat coutumier. La multitude de paysages crée un foisonnement d’activités artisanales qui semblent se spécialiser par villages proches selon la prédisposition des hommes et la disponibilité de la matière première. Ainsi, chaque ensemble de villages qui forment souvent une sous-région, possèdent leur art traditionnel et leur artisanat typiques dont lesquels ils excellent et qui sont souvent indissociables du contexte géographique, historique et géologique qui est le leur. Ainsi, on trouve à Ath Hichem l’artisanat du tapis, à At Yenni celui du bijou en argent, à Matka l’art de la poterie, aux Ouadhias le label de la robe kabyle par excellence, la cerise aux At Yiraten… etc. qui sont autant d’activités susceptibles de générer des richesses sûres et de constituer de véritables pôles de l’art traditionnel dont l’attrait touristique n’est plus à démontrer d’autant plus que dans un passé révolu, cette filière a permis à la région de connaître un flux touristique considérable et ce, pour peu qu’une politique pour la promotion et la revalorisation des métiers traditionnels et artisanaux soit mise en place par les pouvoir publique et des moyens conséquents soient débloqués à cet effet ; ce qui est consubstantiel à l’existence d’une volonté politique au niveau des autorités.
Par ailleurs, l’attachement de la population aux valeurs identitaires et culturelles est un autre atout qui gagnera à être mis en valeur par une politique culturelle sérieuse visant à re dynamiser ce vivier qui, sous d’autres cieux, constitue une véritable industrie qui concoure d’une manière évidente à l’embellissement de la santé économique des pays concernés. Il s’agira de remettre à flot les fêtes, festivals et autres activités festives ayant trait aux mythes, ces sources nourricières de l’imaginaire collectif ; véritable ciment de la cohésion sociale, et aux faits historiques qui ont fait la gloire des aïeux et qui constituent depuis des repères valorisants pour les générations d’après. Yennayer, le Jour de l’An amazigh qui est toujours une réalité palpable à travers toute l’Afrique septentrionale, avec son carnaval qui subsiste encore de nos jours à Tlemcen sous le nom de « Ayrad » (Lion), « Anzar » ce rituel où l’on implore le dieu de la pluie au temps des grandes sécheresses, qui s’accroche, bon gré mal gré, à la vertigineuse évolution de la société humaine à travers notamment l’interaction des cultures à l’ère de la mondialisation, la fête du printemps pour accueillir la saison des floraisons, … ainsi que la commémoration des faits, des hommes et des femmes qui ont fait la gloire de notre histoire dans différents domaines tels que la grande bataille d’Icheridhen de Fatma N’Soummer, le congrès de la Soummam d’Ifri Ouzellaguen… etc. qui sont des opportunités uniques de rencontres et de découvertes des traditions les plus ancestrales d’une région riche par ses reliefs et ses citoyens mais aussi par sa mémoire. Une mémoire qui inclue les vestiges de l’antiquité (ruines amazigho-romaines, ottomanes, peintures rupestres, grotte du macchabée,…) qui attestent de la richesse de l’histoire de cette région et qui doivent être extraits de l’abandon dans lequel ils sont livrés à la détérioration quotidienne, livrés qu’ils sont à toute sorte de vandalisme et souvent ouverts aux quatre vents pour devenir des lieux de prédilection pour les soûlards et autres fumeurs de joints. La renaissance du tourisme passe obligatoirement par une réelle détermination à booster le secteur de l’artisanat et de la culture. Sans quoi, le rafistolage continuera à sévir et l’avenir des générations futures sera plus que jamais hypothéqué.
Halim AKLI
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A propos du terme "région", celui-ci, pourtant bien expliqué par l’auteur, renvoi à la Kabylie historique qui s’étend de Jijel à Tipaza, incluant bien entendu Bejaïa, Bouira, Tizi-Ouzou, Bordj bou arreridj, Setif et Boumerdès.
L’auteur s’est peut-être limité à citer comme exemple les fiefs de l’artisanat au niveau du dépatement de Tizi-Ouzou, mais, son propos est cependant claire et englobe tous cs départements, qui constituent encore, entièrement ou partiellement, du point de vue usage de la langue kabyle, la Kabylie d’origine, si je peux me permettre l’expression.
Un lecteur
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Encore un article qui met en valeur cette région du monde où se mélange attachement à la culture ancestrale et à ses valeurs fondamentales, , ouverture au monde extérieur et à ses différences, démocratie et laïcité (malgré l’apparition dse quelques intégristes ces dernières années...).
Je voudrais dire un grand merci à halim AKLI pour ces nombreux articles si riches et si bien écrits, une manière d’écrire extraordinairement fascinante ! (d’ailleurs je vous conseille d’écrire des bouquins, vous êtes bien doué pour !). Quant à votre courage d’aborder des sujets "inabordables" dans une société dont la chair est souvent très dur (c’est le moins qu’on puisse dire !), quant à votre courage, un seul mot : RESPECT !
Yiwen
A Yiwen si Fransa
Votre propos me touche et m’encourage. Je ne peux que vous dire "Tanemmirt Tmeqqwrant" car, par respect aux autres lecteurs, il n’est pas de mon droit de faire de cet espace un domaine privée en étalant ici tout ce qu’a suscité en moi votre compliment. C’est vrai aussi que ça ne m’arrive que très rarement. Merci donc !
Que mes écrits vous plaisent tant je m’en réjouis. Je tiens juste à souligner qu’écrire pour séduire un lectorat n’est pas mon objectif, c’est l’information que je traite que je désire avant tout transmettre au plus grand nombre afin de les sensibiliser ou de renforcer leur convictions par rapport à l’idée défendue en trame de fond, car, voyez-vous a gma, quand j’écris c’est toujours pour informer et défendre une idée, une position qui me paraît juste...
Mes amitiés
Halim AKLI
Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites monsieur Halim mais, à mon humble avis, écrire des bouqins ne vous empêchera pas de continuer à informer et défendre des idées qui, dois-je le dire, sont jusque-là justes.
Sauf si le temps ne vous le permet pas (car j’imagine qu’en tant que journaliste vous devez regretter le fait que les jours ne durent que vingt quatre heures !), vous n’avez à mes yeux aucune autre raison de ne pas vous mettre à l’écriture car la maîtrise du français et l’art d’écrire sont deux choses que vous possédez indéniablement !
Cela dit, je vous souhaite beaucoup de courage dans votre travail et je suis à peu près certain que comme moi, des milliers de kabyles vous soutiennent même si rares sont ceux qui vous l’expriment car c’est grace à des Monsieurs comme vous que le pouvoir d’Alger peine à étouffer cette belle région du monde.
mes salutations
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Wwa mmis n tmurt !!! Qui te parle de sexe dans tout ce qui précéde ? As-tu lu un seul mot qui invite à la débauche ?
Décidémment, certains disent vraiment n’importe quoi quand ils auraient mieux fait de se taire.
Citoyenneté