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L’outrecuidance
dimanche 20 avril 2008, par Djaffar Benmesbah
Beaucoup de témoignages apparaissent aujourd’hui sur les violences subies par les Kabyles en 2001 par le pouvoir algérien. C’est une bonne chose, mais il aurait été préférable que les auteurs de ces témoignages se manifestent au moment où ils ont subi ces violences. On parle de 130 morts pour noter l’acharnement des gendarmes et on oublie qu’il eut plus 600 blessés par balles, blessés et en vie juste par une question de chance quand on sait que les assassins visaient la tête et le thorax. Une volonté délibérée de tuer. La répartition des localisations des balles paraissait difficilement imputable au hasard statistique. Les gendarmes n’ont pas tués en Kabylie autant de terroristes, disons qu’ils sont de la même culture qui les définie en tant que frères. En Kabylie la lutte anti-terroriste avait été assumée par des patriotes. La Kabylie plongeait dans le sang et la fumée acide des bombes lacrymogènes et Bouteflika bourdonnait sa bonne humeur. Je ne suis pas acquis aux thèses autonomistes mais ma conviction est que toute personne kabyle qui le soutient est à considérée comme ignoble.
Ceux qui le soutiennent sont des traîtres, je pèse mes mots quand bien même certains jugent que j’use de propos violents incitant à la vindicte populaire. Un internaute m’écrit ceci "Cher monsieur, soyez plus indulgent envers les vôtres, vous aurez plus de lumière pour distinguer la vérité de ses faux-semblants, ce faisant vous aurez rendu un grand service à votre KABYLIE, plus que vous ne pensiez le faire en écrivant ces insultes gratuites, honteuses et éventées à travers Kabyles.net par dessus tout".
De quel côté se situe l’insulte ? Lors des événements de Kabylie une commission d’enquête dirigé par l’éminent professeur Issad avait investi le terrain non sans risque pour établir la vérité et rendre public la haine de la gendarmerie qui agissait en armée d’occupation avec - sans préavis- l’utilisation d’armes et de munitions de guerre largement excessive. La commission s’était heurtée à des réticences et des refus déguisés dans ses demandes renseignements, ceux qui se sont manifestés (par téléphone) déclaraient ne pas pouvoir témoigner dans la conjoncture qui prévalait.
Nous étions une dizaine d’enquêteurs à être envoyés par le professeur Issad en Kabylie, parmi nous d’admirables juristes courageux et dignes de leur fonction et aussi des Kabyles aux services des services de renseignements. Leur mission était de dérouter la commission de son objectif principale et de me surveiller et au besoin me neutraliser. L’un d’eux avait fait passer un article dans L’Expression m’accusant de fournir de fausses informations au professeur Issad afin de charger la gendarmerie. Contrairement à lui et à son ami, j’avais refusé l’hébergement dans la résidence du wali [1] ainsi que le luxe qui allait avec, voiture, protection etc. Ce qui me laissait bien sur une totale liberté d’action. Je commençais à entreprendre des déplacements sur le terrain et à écouter des témoins. Le professeur Issad m’avait demandé de faire tout pour récupérer des photos où l’on pourrait voir clairement un assassin quitte à les payer (je parle des photos). Une personne était passée me voir pour m’aider dans ma quête d’information, Il s’agit de M. Mekhmoukem Nadir qui venait de perdre son frère, exécuté à bout portant par un sniper. Je ne fais pas ici de la délation, le jeune en question s’est exprimé lui-même sur ce sujet. Il se démêlait d’une manière extraordinaire. Il m’avait informé dès le départ que le médecin de garde qui avait dans la nuit du 18 avril été contraint de signer un certificat conforme aux déclarations de la gendarmerie quand aux blessures du jeune Guermah avait été mis de force en congé. Il me ramenait des photos et dans l’une d’elles un homme en civil parmi les gendarmes que certains avaient reconnus comme étant commandant militaire de la première région militaire (Blida). A partir de cette photo, j’avais eu la certitude que des militaires prenaient l’uniforme des gendarmes pour les assister et prendre part ainsi à une guerre contre des adolescents. Heureusement certains officiers refusaient de prendre part aux crimes qui se déroulaient et c’était le sieur Moumen Khalifa qui était venu à la rescousse de Boutef pour prendre dans un avion de sa compagnie le chargement de bombes lacrymogènes en direction de l’aéroport de Béjaia. Un ancien membre de l’organisation terroriste de Bouyali, M. Merah repenti retourné, était venu proposer son aide à la commission d’enquête, il avait et courageusement confirmé son appartenance au DRS dont il venait de se détacher. Il signe un papier dans Liberté à l’encontre des services de renseignements en désignant le général Toufik et réussi à fournir des documents montrant clairement le jeu et la manipulation du pouvoir dans les massacres. Un soir, nous faisions, Nadir makhmoukhen et moi, un tour avec lui dans sa voiture, il nous racontait pratiquement tout ce qu’il pouvait nous dire et à un moment, du côté de climat de France, il s’était rendu compte qu’il était suivi. Il nous dit qu’un contrat avait été lancé contre lui. J’avais pris cela pour une forme de paranoïa. Une semaine après il est "liquidé" d’une "intoxication alimentaire" (version officielle).
Au même moment à Tizi-Ouzou, "l’infiltré" des services dans la commission d’enquête en l’occurrence Ali Belabid avait été poignardé ! Blessé, il est immédiatement pris en charge par la présidence, son parrain Rachid Aissat le "cache" dans un hôtel luxueux. Plus tard il sera nommé à un poste important au ministère de l’environnement avant de prendre la tète d’un journal. Ce petit flic avait été confondu avec moi, les barbouzes qui s’étaient trompés de cible au départ m’ont rendu visite la nuit du 31 mai 2002. Ils m’avaient laissé pour mort. Ce que La dépêche de Kabylie avait appelée "la rocambolesque histoire de la rue Tanger". La rue Tanger étant mon quartier. Ni le DRS, ni les renseignements généraux de la DGSN n’ont pu démentir l’agression que j’avais subi ne serait-ce que par l’attribuer à une histoire de règlement de compte entre voyous. La dépêche se sentait concernée. Ameziane, le fils de Ferhat Imazighen opposant au régime algérien a été assassiné à paris, la police française n’avait pas encore d’éléments forts pour bien débuter son enquête que la Dépêche annonçait que la victime sortait d’une discothèque. (Entendre rixe suivi de crime probablement involontaire). Le neveu de Saïd Sadi, Yahia Bouam est en prison avec un dossier vide, un jeune à qui un procureur en pleine audience reproche d’avoir tenté de secourir une personne dont il ne partage pas les opinions politiques. Cet infortuné n’avait pas encore été jugé que La Dépêche le charge, plutôt tente de charger.
M. Mekhmoukhen que j’ai cité plus haut à été signalé au DRS comme étant l’informateur de la commission d’enquête. Il sera harcelé, menacé et il a miraculeusement échappé à une tentative d’enlèvement. La violence est là, partout, elle est devenue nécessaire au pouvoir pour instaurer son omnipotence à laquelle il lui a suffi de coller un adjectif un peu sirupeux.
Par calculs hypocrites, le pouvoir ne cesse d’instaurer un climat d’insécurité afin d’inquiéter ou à troubler toute opposions. Tenter la sagesse pour réconcilier le peuple avec ce pouvoir serait de l’outrecuidance.
Vous dites les "vôtres" quand je parle de ceux que je cite comme étant des traîtres. Je vous réponds non, ce ne sont pas les miens. Prenez encore ce que je vais rajouter comme de la haine, celui qui oublie que Bouteflika et ses généraux ont exécuté des Kabyles est un misérable à l’esprit crasseux, quand à celui qui le soutient... Fihel ma nighd.
Djaffar Benmesbah pour Kabyles.net ©
Quelques photos afin que nul n’oublie :

[1] préfet
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Merci Djaaffar pour ce rappel qui tombe a un moment propice meme s il est douleureux (les 7 attentats en kabylie).
laisser faire et rester en spectateurs quand la bataille Gouvernement-fantoche-algerien// terroristes-islamistes fait rage est un suicide certain pour la kabylie.
netta.
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L’Etat doit non seulement demander pardon mais prouver son repontir en procedant à la Revolution en profondeur de l’ìidentite du pays et ses orientation politiques ideologique et culturels.
Sans quoi, franchement LE PAYS NE VERRAIT PAS LE FUTUR EN UNITE’.
Gouverner n’est pas l’astuce mais un art que malheureusement en emprunte pas, ou on ne dispose oubien rien à faire : mikesakkan thedmadhts !