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Oeuvre inédite de Mouloud Féraoun qui vient de paraître à titre posthume
mercredi 20 juin 2007, par Halim Akli
La cité des roses, l’œuvre inédite de Mouloud Féraoun qui vient de paraître à titre posthume aux éditions Yamcom constitue, à ne pas en douter, l’événement littéraire et culturel de ce premier semestre.
Au-delà de la stature de l’auteur du best-seller que représente dans l’univers littéraire Le fils du pauvre, public et hommes de lettres ignoraient jusque là l’existence de cette œuvre écrite pourtant entre 1957 et fin 1958 ; à laquelle est venue s’ajouter l’épilogue en 1960, et qui vient d’être exhumée de l’oubli, un demi siècle plus tard.
La genèse de La cité des roses commence en novembre 1957, c’est-à-dire au milieu de la guerre d’indépendance, moment tragique où les questionnements sur le devenir des deux pays et des rapports ultérieurs entre les deux communautés, algérienne et française, se posaient avec acuité en marge d’une actualité bouleversante et de ses soubresauts qui émanaient d’une guerre qui aura gardé, à ce jour, bien des secrets, dont celui qu’elle nous livre en ce début d’année, La cité des roses en l’occurrence.
D’aucuns auront soulevé la question de savoir pourquoi le roman n’eut pas été publié lorsqu’il fut achevé fin 1958, soit trois années avant que la main assassine de l’OAS ne vint, le 15 mars 1962, ravir l’auteur et ses amis à la cause d’indépendance et à celle de l’humanisme qui en était, dans leur conception, le soubassement. Le titre originel de l’oeuvre, choisi par l’auteur, était l’anniversaire qu’il remit à son éditeur du Seuil qui demanda d’en apporter des transformations pour motif que dans sa forme initiale, le livre ne cadrait pas avec les attentes du lectorat français. Une embrouille s’ensuit entre l’éditeur qui, par la voix d’Emmanuel Roblès et Flamand (Seuil) avaient exigé d’en faire tout simplement un roman d’amour, et le romancier qui, dans sa réponse, il « considérait cette version comme définitive et qu’il aurait envie de commencer autre chose ».
L’œuvre fut alors rangée par son créateur pour sombrer dans un sommeil qui durera 49 ans. Elle vient donc de paraître sous le titre de sa première partie La cité des roses en abandonnant son titre originel L’anniversaire qui fut attribué par Roblès pour une autre œuvre dont l’écriture avait été entreprise par Féraoun début 1962 et dont les fait se situaient à la même époque. Se sont les premiers chapitres de ce nouveau roman inachevé en plus des études, des souvenirs, des publications ainsi que la suite du Le fils du pauvre retirée par l’éditeur qui en acquit les droits à sa parution en 1954, que le Seuil ont fait paraître sous le titre L’anniversaire après la mort de M. Feraoun.
Pour rappel, le fils du pauvre écrit pourtant en 1944, rejeté alors par les éditeurs, n’a pu être publié une première fois qu’en 1950 à compte d’auteur. Les 1000 exemplaires tirés avec les 150.000 francs économisés par Mouloud Feraoun ont été écoulés en moins d’une semaine. Cette œuvre fondatrice sera par la suite traduite dans 14 langues et un million d’exemplaires seront vendus jusqu’en 2003.
Le journal connaîtra les mêmes péripéties puisque son éditeur refusa de publier l’intégralité en 1961. C’est en 1962 qu’il sera finalement publié, à titre posthume, « charcuté » de quelques chapitres.
En 1952, Feraoun écrit La terre et le sang, suivi de Les chemins qui montent, puis Les poèmes de Si Mohand en 1959. Le journal, Lettres à ses amis et L’anniversaire seront tous édités après sa disparition.
L’œuvre passionnante La cité des roses vient parachever définitivement l’œuvre de Feraoun puisque son fils, Ali, affirmait devant les étudiants de Boumerdès : « il ne reste plus d’œuvres inédites » de son illustre père.
Halim AKLI
Source : Le mensuel du centre LA REGION - Juin 2007
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Que du plaisir tant nous apprenons à chaque fois des choses nouvelles !
Merci à Kabyles.net et à La Région que j’achète régulièrement.
Peut-on savoir si on peut faire un abonnement à partir de l’Europe ?
Merci
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