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La crise anti-berbère de 1949

Comprendre le particularisme kabyle (V)

, par - commentaires

L’historien Mohamed HARBI soutient que la crise berbériste en sein du PPA-MTLD a « pour point de départ le fonctionnement anti-démocratique du parti, s’étendit au sujet de la conception arabo-islamique de l’Algérie et posa, enfin, sous couvert de pluralisme culturel la question d’organisation territoriale du parti sur base de critère linguistiques ».

Pour les raisons de socialisation politique et culturelle spécifiques kabyles que nous avons invoquées plus haut, la crise anti-berbère, en dépit de la place marginale que lui a accordée l’historiographie nationaliste, est l’aboutissement naturel d’une revendication politico-culturelle qui est arrivée au terme de sa maturation.
Entre la première génération de militants regroupés autour d’IMACHE Amar, Si Djilani et la deuxième génération de berbéristes (ou plus exactement de partisans de l’Algérie algérienne) constituée de BENAI Ouali, Amar Ait HAMOUDA et Rachid Ali YAHIA, on y retrouve un même radicalisme nationaliste, un même attachement à la démocratie et au pluralisme culturel.

Quand Rachid Ali Yahia répond aux thèses arabo-islamiques de MESSALI par : « l’Algérie n’est pas arabe, mais algérienne. Il faut former une union de tous les musulmans qui veulent lutter pour la libération nationale, sans distinguer entre Arabe et Berbère » on croit entendre la voix de Amar IMACHE quand il s’opposait de manière énergique au messalisme.

Le peu d’intérêt accordé par les historiens à cette période cruciale du mouvement national – cruciale parce que la crise anti-berbère marque la première confrontation idéologique dans le parti nationaliste (PPA) ayant conduit, après l’épuration des militants berbéristes, à une consolidation de l’approche arabo-islamique dans l’idéologie nationaliste – renvoie à l’hypothèse selon laquelle le fait berbère est un épiphénomène condamné à disparaître pour les raisons suivantes :

1. L’absence de références à la dimension berbère dans les différents textes, programmes et chartes qu’ont produits l’ENA, le PPA-MTLD et ensuite le FLN.

2. Le préjugé d’efficacité accordée à l’idéologie de l’après-guerre à enrayer les particularismes régionaux.

3. L’incapacité des berbéristes de 1949 à imposer un rapport de force en leur faveur pour cause de division des cadres kabyles en sein du PPA sur la question berbère.

Si la crise anti-berbère de 1949 n’avait pas d’incidence significative sur l’évolution des rapports de la Kabylie d’avec le PPA et la Révolution, il n’en reste qu’elle serait, après l’indépendance l’événement majeur dans l’affirmation du fait berbère pour la nouvelle génération de militants de la cause berbère. Bien plus encore, elle servira de repère dans la formulation politique de la question identitaire : à l’instar des nationalistes berbéristes, les animateurs du Printemps berbère, au nom du pluralisme et de la démocratie, vont soulever une nouvelle fois, mais cette fois-ci publiquement et avec le soutien de toute la Kabylie, la question berbère.

à suivre...

Hamou Boumedine


Pour lire l’intégralité de cette intervention :

Comprendre le particularisme kabyle
Première partie

Kabylie : La période coloniale
Comprendre le particularisme kabyle (II)

Kabylie : Le choc du colonialisme français
Comprendre le particularisme kabyle (III)

Les Kabyles dans le mouvement national
Comprendre le particularisme kabyle (IV)

La crise anti-berbère de 1949
Comprendre le particularisme kabyle (V)

L’indépendance nationale et le désenchantement kabyle
Comprendre le particularisme kabyle (VI)

Kabylie : La ségrégation régionale
Comprendre le particularisme kabyle (VII)

Kabylie : De l’affirmation identitaire à l’affirmation politique
Comprendre le particularisme kabyle (VIII)

Kabylie : Le Printemps berbère
Comprendre le particularisme kabyle (IX)

Vos commentaires

  • Le 7 mai 2013 à 01:02, par A.Hocine
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    votre texte confond l`époque 1949 et son auteur oubli que nous sommes en 2013 et que le combat a été engage en 1980.Ce Monsieur rêve de voir les amazigh passer en pertes et profits les combats de la population amazigh pour la reconnaissance de sa langue et de son ethnie. Tamazight est déjà langue nationale et dire qu`un jour les kabyles y renonceraient est certainement un non sens.
    En effet, comment ce Monsieur puisse avancer des idées relatives a la mise au placard de la revendication qui constitue le point d`union de tous les amazigh. Et que propose ce monsieur comme argument, le fait qu`elle ne figure pas dans les tablettes du FLN. Cet homme a oublie que le Fln ,c`est en majorité les kabyles qui l`on nourrit.
    Les détenteurs du pouvoir, ne peuvent plus faire machine arrière et que les droits des peuples ne sont plus l`apanage d`un dictateur.Benbella a beau créer trois fois nous sommes arabes, nous sommes arabes, nous sommes arabes, il a quand même vécu longtemps pour voir le Tamazight enseigne dans des universités ,des écoles primaires ,moyennes et secondaires.
    Maintenant les livres en tamazight sont librement édités et vendus en algerie,au Maroc ,en Lybie et bientôt en tunisien et peut être en egypte.votre auteur, ne vit il donc pas en Algérie ou ne s`informe pas pour se mettre a jour.

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  • Le 7 mai 2013 à 15:40, par aman idurar
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    azul a da hamou

    L’histoire,votre prenom hamou,ne vient -il pas reellement hamon ou bien amon ?
    votre auteur harbi l’ideologue arabo-islamo-baathiste,vous pensez qu’il va vous donner la vrai histoire ? d’ailleurs comme mosieur stora ,entre eux l’un soutient l’autre et l’un confirme les dires de l’autre pour nous faire passer la pillule.

    ces specialistes de l’histoire du fln,nous racontent l’histoire que ce qu’ils ont trouvé d’ecris alors que la culture de l’afrique du nord est beaucoup plus orale. et l’oralité est faite pour garder les secrets de cette periode.
    tous ce qu’ils racontent et confirme par des preuves n’est que tres minime.

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  • Le 7 mai 2013 à 17:59, par ASEMDAN
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    Aller chercher les infos utiles sur notre situation actuelle,chez ces gens là,revient à faire une réunion anti-alcool,dans un bistrot...
    Mais quand est ce que nous allons enfin nous réveiller ???

    Stora,toujours en train de faire la même thèse de ses années d’étudiant...

    Répondre à ce message

  • Le 7 mai 2013 à 18:00, par ASEMDAN
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    Aller chercher les infos utiles sur notre situation actuelle,chez ces gens là,revient à faire une réunion anti-alcool,dans un bistrot...
    Mais quand est ce que nous allons enfin nous réveiller ???

    Stora,toujours en train de faire la même thèse de ses années d’étudiant...

    Répondre à ce message

  • Le 7 mai 2013 à 18:45, par axardha
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    Il faut appeler un chat un chat et cela s’appelle toujours un chat, tout est dans ces trois raisons énumérées savamment par l’auteur :

    « 1. L’absence de références à la dimension berbère dans les différents textes, programmes et chartes qu’ont produits l’ENA, le PPA-MTLD et ensuite le FLN. » Parce que l’épicentre de ces nationalistes arabes et/ou berbères était l’islam., c’est l’if3a qui te prend dans ses filets !

    « 2. Le préjugé d’efficacité accordée à l’idéologie de l’après-guerre à enrayer les particularismes régionaux. ». L’islam ne reconnaît aucune particularité en dehors de son obédience arabiste et sectaire.

    « 3. L’incapacité des berbéristes de 1949 à imposer un rapport de force en leur faveur pour cause de division des cadres kabyles en sein du PPA sur la question berbère. ». Ils étaient freinés dans leur élan dans la mesure où ils se disaient eux-mêmes musulmans, donc, faisant partie du système.

    Encore aujourd’hui, notre perte est sans ombage l’islam et toujours l’islam.

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  • Le 7 mai 2013 à 22:28, par A.Hocine
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    @ axardha,
    Je crois que vous confondez religion et ethnie. Les berbères qui militaient dans les partis politiques existant en 1949,n`ont jamais perdu de vue leur langue maternelle et d`ailleurs a cette époque seule la langue française était langue officielle. Les dialectes kabyle et arabe n`avaient pas été élevés au rang de langues, ils sont parles par les gens sans restriction aucune et parfois même, l`arabe et le kabyle ont été écrits par certains en alphabet latine.
    Moi, ce qui me gène dans la situation de la langue tamazight c`est la multitude de graphie existante. Au contraire des marocains qui ont fini par normaliser l`alphabet tamazight, les Algériens, n`arrivent pas a trouver un terrain d`entente pour adopter définitivement un cadre conceptuel pour l`écriture de notre langue. Par exemple les kabyles veulent les lettres latines, les Chaouias veulent l`alphabet arabe et les touareg veulent le Tifinagh. C`est a mon avis l`epineux probleme a resoudre ?

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  • Le 7 mai 2013 à 23:27, par Ǝ-Miƨƨ Ṁuḥend Ṻjaεƒer
    En réponse à : La crise anti-berbère de 1949

    Amacahu... amacahu encore de vieilles histoires de Da Moh u Kaci qui ne jurait que pas “ Dadas Sselum “ bien connu pour la fameuse phrase : “ Iqled g’ṣuq bla akºsum, seksu ad iqul ḍaγṛum “ !

    Chaque fois qu’il avait faim, il commençait d’abord par ses “ Arron zi ronza kul xir yugºar” avant d’aller au marché du village tout en rêvant de “ tininiri viniri tacekuḥt’is deg gºeni ” son expression favorite pour nous dire que son “ seksu ițțefewiṛ ” donc bien cuit car pour lui comme il aimait le dire : A parti am učči, refḍ’it da parti, sers’it da parti, eǧǧ’it da parti puisque le tout était de bien se servir et de bien manger... sauf qu’aucun de chez nous vous offre un petit coup de rouge avec !

    A le bon vieux Da Moh u Kaci et ses histoires de ENA , PPA et sans a vava ou a yema , MTLD , PCA, FLN, MNA etc... etc... en ces années mi 60, avec le FFS déja malade pour ne pas dire moribond et tous ces chacals déjà attablés, bien bien avant que le RDC et tous les autres partis commençant par M, sans Mic ni Mac , et se terminant avec K et même Q n’aient encore vu le jour !

    Kabyle... ment votre

    ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

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