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La police marocaine réprime violemment les étudiants amazighs

lundi 2 juin 2008, par Halim Akli


Dans l’enceinte du tribunal, devant les juges et sans ordre de ces derniers, la police marocaine réprime violemment les étudiants amazighs détenus à Meknès.

Voici le résumé d’un communiqué de la section du centre marocain des Droits de l’Homme à Elhajeb :

Dans le cadre de l’accompagnement par le bureau régional du centre marocain des Droits de l’Homme du développement du jugement des étudiants de la cause amazighe détenus à la prison civile de Sidi Said de Méknès, des membres du Bureau se sont rendus à la Cour d’Appel pour suivre les développements de cette affaire. Dès leur arrivée, ils ont remarqué une présence massive des forces de l’ordre à l’intérieur du tribunal. Après la présentation des détenus devant la cour de justice, après les prestations des témoins et des avocats de la défense, la partie adverse a demandé le report du jugement pour absence d’un témoin qui ne s’est jamais présenté devant la cours malgré des convocations répétées.

Malgré l’intervention de la défense contre cette demande, le tribunal a décidé de reporter le jugement au 03-07-2008.

Devant cet énième report, les étudiants ont protesté verbalement dans la salle d’audience. Sans aucun ordre du juge, la police est intervenue violemment contre les étudiants, frappant et bousculant les détenus par tous les moyens afin de les faire sortir du tribunal et les ramener à la prison. Les parents des détenus qui étaient présents ont énergiquement mais pacifiquement protesté contre cette violence inhumaine, dégradante et portant atteinte à la dignité de leurs enfants.

Devant cette situation, le bureau provincial du centre marocain des Droits de l’Homme déclare :

- sa solidarité avec les étudiants détenus et sa demande de leur libération ;

- sa condamnation de cette intervention violente qui n’a pas respecté les sentiments des familles des détenus, qui constitue une grave atteinte à l’intégrité du tribunal et donc aux conditions d’une véritable justice qui stipule que tout prévenu est innocent jusqu’à la preuve du contraire par un jugement définitif.

- Sa demande au procureur général auprès de la Cour d’Appel de Meknès d’ouvrir une enquête au sujet de cette intervention des forces de l’ordre dans l’enceinte du tribunal, et de garantir la sécurité des détenus jusqu’à leur libération.

Fait à Elhajeb le 28 mai 2008
Le bureau provincial du centre marocain des Droits de l’Homme

 
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