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Le militant face à un pouvoir hostile et à l’ingratitude de sa famille politique

jeudi 12 avril 2007, par Diaspora


Dans une démocratie, le militant est l’acteur principal. Il choisit démocratiquement ses dirigeants, il se mobilise à rallier d’autres personnes à sa cause et lutte pour porter les membres compétents de sa formation politique aux hautes responsabilités locales et nationales pour gérer les affaires quotidiennes de la cité. Les militants font le parti, sa substance et le parti a pour vocation, les former pour veiller à son renouvellement, à sa relève afin d’assurer sa force et sa pérennité.

I- Le militant est le grand absent

Occulter le rôle fondamental du militant dans l’action politique, illustre la légèreté de notre vision du jeu démocratique. Le paysage politique en Kabylie est réduit à la poignet de militants qui sont soumis à jouer le rôle de petits exécutants. Ses dernières années, les partis kabyles en agonie ont connu une grande hémorragie. Des militants sincères, se sentent trahis et méprisés, contraints par exclusion ou par leur propre volonté à déserter leurs propres formations politiques et jamais la population kabyle n’a affiché un pareil désintérêt à la chose politique. Depuis le mouvement national à ce jour, les Kabyles sont acquits dans leur majorité à l’idée de construire un état démocratique et laïque. L’histoire retient tant de militants qui ont perdu leur vie pour une Algérie libre et prospère. La liste est longue. Notre région ne peut oublier les noms Abane, Mammeri, Matoub, Djaout, yefsah, Mahiou, tigziri et plein d’autres. La Kabylie a subi, résiste et reste le bastion de la démocratie. Ce statut n’est pas le fruit d’un hasard, il émane d’un combat de plusieurs générations. L’histoire a façonné la Kabylie et la Kabylie nous façonne et nous fascine. Elle n’a jamais baissé les bras malgré les coups successifs qu’elle reçoit de la part de ses ennemis et parfois de ses propres enfants.

II- l’apport des partis kabyles dans le chaos

Le printemps berbère est un sursaut de qualité. Des militants de la cause identitaire soutenu par toute une population ont pu briser le mûr de la peur et réclamer haut et fort un droit naturel à savoir réconcilier l’Algérie avec son histoire. Conscients du danger de la dérive totalitaire qui a placé notre présent et notre avenir en rupture avec notre passé. Convaincu qu’un peuple qui songe à une vie meilleure ne peut déclencher une dynamique de développement que par un projet endogène, qui vient du for intérieur de la société et adapté à la réalité culture, sociale, historique, géographique et en comptant en priorité sur ses propres potentialités humaines au service du bien être de la personne. A l’avènement du multipartisme, la majorité écrasante des algériens tournent leur dos à la modernité. Ils se bousculent à écouter les prêches incendiaires de Belhadj et Madani, promettant le paradis et déterminés à édifier leur république théocratique. Dans cet environnement, la Kabylie se retrouve encore une fois isolée. Naturellement, le choix de la quasi-totalité des militants kabyles est porté sur le FFS et le RCD. Chacun cherche à continuer le combat à sa façon, ce qui est légitime malgré les appels de sagesse à mettre la cause amazir à l’abri de la confrontation politique. On ne peut pas charger les partis politiques comme seuls responsables de la situation, on serait naïf de le dire. Tout de même ils portent une part de responsabilité dans ce pourrissement qui s’installe en Kabylie. Stigmatiser le militant est devenu une mode chez nos partis. Leur unique tache est limitée à les dresser les uns contre les autres. Toutes les voix qui affichent une tendance à demander des comptes et à faire de la grande politique, seront immédiatement et diaboliquement étouffées à la stalinienne.

III- le doute n’est pas permis

Le pouvoir a crée un malaise dans notre région dans le cadre de sa politique de normalisation pour objectif, installer le doute. Beaucoup de kabyles sous estiment la force que possède la Kabylie à dépasser les épreuves dures et l’histoire est là pour leur rafraîchir la mémoire. Le Kabyle est de nature à compter sur ses propres moyens, il se bat quotidiennement dans tous les domaines pour rester debout. L’Emir Abd El Kader en vantant les Kabyles disait " Quand tu donnes de l’aumône à un ZWAWA il ne revient jamais, quand tu la donnes à d’autres, ils reviennent demain" Sociologiquement parlant, être kabyle est une fierté et en même temps une grande responsabilité. Dans ce contexte, décortiquons un peu notre part dans la distribution des richesses par le pouvoir en terme de budget, logements, infrastructures et comparons la, à cette énergie qui habite le Kabyle à arracher son pain, à acheter un sac de ciment, des briques avec un salaire dérisoire pour construire sa propre maison au lieu de les gaspiller à manger chtatha beldjadj et baklawa. Personne ne peut me contrarier, en terme de conscience et de santé, notre situation n’est guère déplorable. Des ingrédients sont réunis pour semer le doute, j’en cite la faillite de la classe politique, la trahison, la détermination du pouvoir à anéantir le seul foyer de la contestation en Algérie et mettre tous les moyens de propagande avec l’argent du pétrole pour nous faire croire que la machine marche sans nous. Il est vraiment d’une grande naïveté politique de croire que l’Algérie est sur la voie de régler ses crises et l’affaire Khalifa est un exemple édifiant.

IV- le terrible constat

Se référant à l’histoire, cette perte de confiance qui apparaît chez les Kabyles est injustifiable. Certes, nos compagnons de lutte ont déçu. Sans le nier, ils ont tout de même arraché beaucoup de projets et voici un tableau de leurs performances :

- Le doyen de la politique appelle les militants à rejoindre une marche sur Alger pour sauver la république. Il signe le contrat de Rome et change le système de l’extérieur et par faxe, il nous traite de truands et d’escrocs au service du pouvoir
- Le docteur appelle les militant à prendre les armes pour sauver la république, il envoi ses bras droits en formation à El Mouradiya. Il change le système de l’intérieur et quand il n’est pas en forme, il nous traite d’obscurantistes, amis des barbus, ennemis de la démocratie à la solde des islamistes.
- L’ex ministre aime Bouteflika, il ne jure que par lui et que par lui. Il enrichit le paysage politique par un parti sans agrément.
- La ministre a promu Mazrana au rang de capitale arabe de la culture et de la démocratie.
- Sur le chemin de Mouloud Mammeri et dans le cadre de la promotion de la culture berbère, le nouveau patron de la culture a crée l’exploit en invitant El Kardhawi en attendant El Buti.
- Grâce à la tête de proue du mouvement citoyen, Yennayer est officiellement jour national, chômé et payé et grâce à lui et à la dépêche de Kabylie on découvre qu’Ouyahia d mmis tfamilt(fils de famille.
- Bouteflika donne un coup de boulet à star du foot. Afin de sauver son honneur, ce dernier lui présente sa mère.
- Le philosophe chante le Liban, participe au festival de la chanson arabo-africaine. Son projet de promotion, traduire ses textes en arabe afin de passer du statut UMDYAZ à cha3ir mou3assir(contemporain)
- Après dix ans d’absence, l’ambassadeur de la musique kabyle prend l’avion du président et revient au bercail pour accompagner Matterazzi. À la descente de l’avion, il déclare que le joueur n’est pas un homme à récupérer.
- Le président à vie du club cher à Benkaci et Abdelkader Khalef a fait de lui un grand club comme les autres. À la fin du match contre le Raja de Casablanca, il n’a pas caché son sentiment de penser déjà à la coupe du monde des clubs. Le nouveau stade à quatre vingt mille places ouvre ses portes dans quelques mois, il ne reste que la clôture du terrain à finir

Caricatural ! On ne change jamais une équipe qui gagne. Un adage kabyle dit « yal tadarth tas3a adarwichis »(chaque village a son fou) Le seul point négatif de ce tableau, la faible représentation de la femme. Si je retiens El-Kardhwi et la mère de Materrazzi, elle dispose uniquement de 20 % dans ce décor. Ce qui n’est pas mal pour une jeune démocratie. C’est amusant. La distraction fait défaut en Algérie, alors profitons-en et gardons au moins la santé car seul Dieu sait que nous en avons besoin pour l’avenir de notre combat

V- un peuple a la recherche d’une alternative

Ironie du sort, souvent, je me pose la question. Qu’a t-il donc fait de mal pour que ce militant soit la cible des partis ? Pourquoi porte t-il seul, le fardeau de l’échec de la classe politique ? Comment peut-il sortir de ce cercle vicieux et arrêter de disperser ses énergies ? Les choses sérieuses sont à venir et l’échec forge et construit l’homme. La force d’un peuple réside dans sa capacité à saisir les leçons de l’histoire. Le peuple atteint d’amnésie est condamné à la disparition. Il est criminel de faire de la politique que sur ce qui nous divise. Le fond de notre combat ne peut que nous inciter à nous unir pour mettre les pendules à l’heure à ceux, par confiance, nous ont induit à l’erreur. C ‘est une question de temps, de ce constat, un projet capable de nous redonner l’espoir s’imposera.

Kabyle c tt

 
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Vive la Kabylie à ecrit le 5 mars 2007 à 22:58

Salut c tt,

J’aime bien tes allégories et ton humour cuisant.

Que veux-tu ? C’est l’Histoire de nos vies qui se répète devant nos yeux. Nous appartenons à un peuple damné.

Même quand nos mains refusent de nous obéir, nous continuons d’applaudir quand même. Nous applaudissons toujours avec autant de zèle la médiocrité qui nous entoure et qui gouverne à nos destinées.

A+

VLK

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