jeudi, 2 septembre 2010

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Lounès Matoub : Un nom devenu slogan et acte de résistance

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par Djaffar Benmesbah | Catégorie : Une | 10 commentaire(s)

La lettre ouverte aux... était son dernier album, son dernier cri. Il est resté des mois durant associé à l’alternance du jour et de la nuit. Son écho retentissait à chaque instant comme un coup de feu dans les foyers, les transports publics, les cafés, les bistros. Non seulement les cœurs et les consciences mais aussi les abysses terrestres et les profondeurs du ciel ont reçu les ondes de la sévère homélie du poète.

La lettre ouverte aux... est une chanson longue et éloquente, ce qui n’était pas vraiment inattendu puisqu’il s’agit de confession, de leçon. Le début est un intéressant documentaire sur les protagonistes du drame, d’abord sur bêtise du gouvernement et sa composante hétéroclite, ensuite sur le carnaval religieux dans lequel couvent les périlleuses clowneries des islamistes égocentriques. Arabistes et islamistes qui se manipulent tantôt se coudoient tantôt s’entrechoquent. La suite décrit la nature fourbe de l’état avec le ricochet des articles 2 et 3 de la constitution qui attendent de vous voir survivre à la folie meurtrière islamiste pour vous spécifier votre statut d’infra citoyen. Un piège qui vous guette et attend de vous faire culbuter 14 siècles en arrière. Un piège qui n’altère en rien la fermeté des opinions du rebelle. Substituer l’Algérie à une langue et une religion est profondément réducteur et réactionnaire. Alors lui pour tamazight, il se rebelle aujourd’hui encore, sept ans après sa mort.

"Rebelle", c’est dans la fougue de sa tumultueuse jeunesse que ce qualificatif lui est promis, devenu aujourd’hui son patronyme. L’engagement lui est imposé comme une fulgurance. Riche en admirateurs, il avait balayé l’argument opportuniste qui importait aux politiques véreux de s’accaparer de la fameuse devise des courtiers de Wall Street "Sois aimable avec tout le monde jusqu’à ce que tu gagnes un million de dollars, après c’est tout le monde qui sera aimable avec toi".

Matoub faisait la guerre parce qu’il avait des ennemis, il avait des ennemis parce qu’il avait des principes. La kabylité dans son souffle n’est pas issue d’une corrélation géographique de fortune ou de hasard, il est né Kabyle, de ce fils d’Amazigh né contre Rome.

La lettre ouverte aux connards, aux dévots ladres, aux Néron qui ne s’investissent que sous l’éclat des feux nous offre le miel d’une beauté musicale qui se laisse aller aux aveux, lacérée par tant de déboires sentimentaux.

Le mendole, interlocuteur en qui il trouve approbation et refuge le met à l’abri des griefs de l’illusion quand tourbillonne dans d’émouvantes norias le souvenir de l’aimée. Le visage de l’aimée nous aide à faire reculer la langueur de l’ébène et l’obscurité que provoque la folie politique. Le souvenir de l’être cher parvient à vaincre nos défiances, il nous procure quelques instants de bonheur.

Son dernier appel reflète son époque, ses contradictions et ses mouvements, il trahit son âme saturée de souffrances et d’inquiétudes, tant de déchirements qu’il partage avec ses semblables.

Lounès Matoub est assassiné, des mutants lui ont ôté la vie, sa tache absoute de haine est violée ; le renoncement, la démission et les trahisons le condamnent à nous revenir inopportunément comme un apatride dans les insolences groupées des folles ambitions des hommes.

Matoub a laissé sa force dans la mémoire de ceux qui l’ont connu le temps d’un spectacle. Lors d’un gala à la salle Atlas, un cafetier de la rue Tanger, un quartier d’Alger centre lui a été présenté. Il se prénomme Nacerdine. Il est aimé et affublé d’un sobriquet "Sardina" Quand on entend aujourd’hui Sardina l’arabophone seriner les refrains de Matoub en lui empruntant l’accent, on réalise ce qui reste vivant de la mort quand humiliée elle s’en va sans avoir réussi à tout emporter.

Les amis prescrits à Matoub après sa mort nous déroutent, à croire qu’il a vécu parmi d’étranges créatures. Dire que Lounès est mort, pour paraphraser Brel, dire qu’il est mort Lounès, dire qu’ils lui ont inventé des amis pour son enterrement.

Matoub est mort et ses expressions prennent désormais le caractère italique de la typographie quand nous les reprenons pour donner du mordant à notre combat, nous fredonnons ses airs pour donner de l’éclat à notre reconnaissance, à notre gratitude envers les martyrs, tous les martyrs de la démocratie. Sa voix accompagne la ligne continue de la résistance.
Yibbwass lemer a neddukel, idurar ad rmimzen, [1].

Toute lutte a besoin d’unité, son efficacité en dépend. Écrire et parler pour n’exprimer que des doutes, des regrets et des désillusions c’est s’inscrire dans le camp des hères coupables dans la continuité du drame.

Matoub est parti sans être absent, il reste parmi les bonnes volontés qui donnent un contenu fécond au mouvement citoyen. Son chant assure le renouvellement de sa consistance. Son souffle demeure porteur de couleurs d’espoir, il porte la colère des revendications légitimes et justes. Il est vraiment le verbe de la résistance.

Djaffar Benmesbah


Notes

[1] un jour si nous nous unissons, les montagnes frémiront

  • louiza dit :

    l’arabisme et l’islamisme sont les mamelles du pouvoir algérien et in fine du peuple anesthésié, nul autre n’a su exprimer cette pensée plus clairement que Da Lewnes, son nom restera gravé à jamais dans la mémoire des peuples amazighs, Matoub n’appartient pas seulement aux Kabyles, d’autres peuples amazighs au Maroc et ailleurs se sont approprié et fait leur cette figure transcendante car dans sa voix résonne le murmure des ancêtres, ce bourdonnement lancinent qui parle à nos tréfonds, qui nous parle de liberté, ce concept que n’admet ni l’arabo-baathisme ni l’islam. Gloire à notre héros, qu’il repose aux cotés de nos plus illustres ancêtres.

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    • achour mahi répond :

      Iless ouryess3i ighass le pouvoir qui doit sa survie a mohamed medienne dit tofik (directeur de la DRS)originaire de chabet el3amer . de touati dit almoukh (le stratège des généraux) originaire d’azfoun. De Saïd bey (général majeur comandant suprême des forces terrestres, chargé de la lutte antiterroriste) originaire de DBK. Issad rebrab (1er rentier de pays distributeur de la rente pour cadres haut placé) originaire de beni douala. De haddad (principale donateur de fond pour la propagande électoraliste) originaire d’azeffoun .voici les vraies mamelles du pouvoir.

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      • louiza répond :

        oui oui c’est cela, on n’est pas Kabyle parce qu’on est né à taourirt moussa ou à i3azoughen, on est kabyle quand dans sa vie on applique Taqvaylit qui n’est pas seulement une langue mais une façon de se conduire et de voir les chose propre aux Kabyles alors tes toufik et compagnie qui sont à fond pour la culture arabo-muzz ne sont en aucun cas des Kabyles, quand bien même ils seraient les fils de Mammeri ou Matoub s’il en avait eut, ce n’est pas d’un choc racial dont nous parlons ( génétiquement nous sommes tous issus du même groupe ethnique), mais d’un choc culturel, ceux dont tu parles ont choisi leurs camp, tu avoueras que ce n’est pas celui de la Kabylie ni de la Kabylité, chez nous on les appelle des KDS.

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        • achour mahi répond :

          Il y a un problème dans les années 90 les kabyles ne jurent que par kalida toumi , alhadi wald ali, amara benyounes. Au jour d’hui. khalida toumi organise Alger capital de la culture arabe elhadi wald ali invite chab redouan pour chanté a tizi-ouzou. Essaye surtout de me comprendre svp je suis attaquer de partout dans se forum par des créateurs qui n’arrive pas. A comprendre mes modestes contributions sur le complexe social complexe qui frappe les kabyles depuis longtemps. se complexe chanté entre autre par matoub, aitmengullat, azem, feragui et beaucoup d’autres. ils l’appel THAGUMATST. Comment construire un avenir commun si on n’arrive pas a faire comprendre ou kabyles qu’ils sont capable de vivre leurs Kabylité et que cette Kabylité n’est pas une chose condamné a subir des absorbations culturel divers voila le problème depuis toujours le kabyle travail pour d’autres d’où ces trahisons qui ne s’arrêt pas tu ne pourras jamais dire a quel qu’un pratiquement né on kabylie vous n’êtes pas kabyle. Sauf si les projets qu’on doit mener ne seront d’actualité que dans la vie vertuelle kabyle. salutations

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  • tayda dit :

    je retrouve ces jours ci,avec beaucoup de bonheur,les traits de caractère et de comportement de Feu Matoub,dans les manières du grand Maradona . Je trouve qu’il lui ressemble énormément,surtout avec sa barbe et sa gestuelle ;cet argentin m’est d’ailleurs de plus en plus sympathique .

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    • Le passager répond :

      Bien vu ! Même sensibilité à fleur de peau, même esprit rebelle, même penchant pour l’irrévérence, même vulnérabilité face aux sirènes des paradis artificiels, même capacité à susciter la sympathie et l’indulgence. La différence se situe peut-être dans leurs modes d’expressions. Le langage de Lounès est poétique, celui de Maradona fleuri. Lounès, timide, est réservé, Maradona, hardi, est expansif. Mais leur vrai dénominateur commun est leur obsession à ne laisser personne indifférent d’où leur tendance à l’exubérance. Les muses transformaient la faconde de Lounès en sublimes poèmes, les médias faisaient de celle de Maradona une incontinence verbale, un chahut d’enfant capricieux. Bien vu Monsieur Tayda !

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  • amazigh dit :

    Matoub le rebelle contre les faussaires de l’authencité algérienne, contre les négateurs de la véritable âme de l’Algérie, contre les colonisateurs indirects... ; Matoub le rebelle contre la trahison algérienne, Matoub la vérité algérienne, Matoub c’est l’Algérie de ll’Afrique du nord digne, authentique, réel... Matoub c’est l’histoire sans fard de notre histoire, c’en est l’histoire désinfectée par l’arabo-baathisme.
    Matoub est la fièrté des amazighs.
    Matoub par son combat pour la réhabilitation identitaire et démocratique de l’Algérie doit être enseigné dans les écoles de l’Algérie auhentique.
    Matoub doit être dans les coeurs et âmes de tous (et toutes) les authentiques algériens et algériennes.

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  • tayda dit :

    En cette maudite journée du 25 juin 1998,j’étais en fonction dans le sud est du pays,à plus de 2000km d’Alger . Je ne regardais plus déjà la TV algérienne depuis 95,et les journaux privés n’arrivaient pas le même jour dans cette ville . Seuls "el-moudjahid et echaab",étaient mis à notre disposition,gratuitement,dans cette structure étatique . On avait l’habitude de nous retrouver à déjeuner dans une petite unité,à 7 à 8 personnes,tous des cadres . Le 26 juin,vers midi et quelques minutes,je m’apprêtais à m’asseoir à table,quand une des personnes attablées déjà,sans même me laisser le temps de m’installer,me dit avec un large sourire :" Haw katlouh taakoum " . C’était comme cela,que j’ai appris,l’assassinat de Matoub Lounes,par un cadre " arabisé par l’islam",tout heureux de cet acte ignoble . J’ai encaissé le coup,faisant semblant de manger,alors que le coeur n’y était plus . Comment voulez vous vous sentir proches de gens pareils,qui jouissent de la mort de personnes qu’ils ne comprennent même pas .

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  • achour mahi dit :

    LESSRAR THOUDHRIN BEDHAN PALISTINE NOUKNI NATSNAGH AF THAMZIN WEYADH DERABH TS3OUMOUN LMAL MIDEFAGH ADAYNIN YEHRATH TASSGA DELKANOUN amachki yedhnagh itelith avouthemou kech mekar tsakedhts iloa3d tissith gouassif ysshamlakh rabi ssardine ouzaffoun serouj akhater ssardine ouzaffoun afaken dekaredh dhakveyli itsnassif lbhar tmourthik iguekhssa macha amina nevgayeth nagh n’dellas yiwen ikhssa ichark ouyedh ilghorb. tharadh atsedradh atswalidh d achou ara darwen ijdharen ni nhassnoua dh oued 3issi et moi je vous dis toi le plus kabyle des kabyles que arrach n2010 sont plus civilisés plus cultivés plus épanoui. Mais malheureusement ils sont loin derrière que arrach n80 ils se positionnent sans invitation pour défendre les différente cultures tha nchark tha nlghorb pour que thakvaylithe atsnwarr et oui thakvylithe nougui atsnissin netsnadhy afayen ornam3in netswik gouyen ournem3in dougughilif nerdja lisser achou idisahen ithoudrin lmar netskhamim mazal guaranagh amdeguer

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  • amazigh dit :

    MATOUB LE GRAND HOMME KABYLE. Aussi le meilleur hommage à lui rendre est de faire de toutes nos possibiltés à poursuivre son combat, un combat pour la réhabilitation de l’identité de la numidie et de l’instauration de la vraie démocratie en algérie. Matoub en répondant à sa mére pour l’avoir appeller mon fils, il a répondu : mére, moi je suis fils d’un pays qui se cherche. Et sans oublier qu’il a accepté de mourir pour ses principes que par vieillissement. Mais Matoud n’est pas mort par sa justesse, par son courage de dire la vérité, par son combat contre l’arabisme, contre l’obscurantisme, contre le régime machiavelique, contre les vautours de l’algérie, contre la négation identtaire, contre les usurpateurs des richesses algérienne... . Matoub reste vivant dans les véritables et authentiques âmes et coeurs des authentiques algériens etalgériennes. Les matyrs ne meurent jamais, sont comme les étoiles.

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