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samedi 14 juillet 2007, par Tayirat
De telles prétentions ne sont que des mensonges, des œillères pour les cœurs sensibles ou pour ceux que la vie a déçu.
Le nombrilisme du mariage social à tout prix ne permettra jamais une passion durable, sincère mais surtout dénuée de matériel. Certes, cela n’empêchera pas deux jeunes cœurs de s’épancher, de s’apprécier voire de s’engager (encore heureux...) mais il va sans dire que la douceur et l’illusion de la jeunesse d’une histoire sera vite rattrapée par notre vilenie de matérialisme officialisé.
Trop occupés par les « on dit », les « que vont-ils dire ? », les « yenna-yi nekk nnigh-as » et les apparences, les tourtereaux-futurs vieux couples endettés ainsi que leurs vénérables ancêtres rivalisent d’idées saugrenues et de ribambelles de dépenses pour paraître.
Paraître aux yeux de l’autre (idéalement différent de soi et bien entendu rival et jaloux, cela va de soi) est le pari suprême pour nos jeunes de 30 ans et + - épaulés par leurs ainés jusqu’à ce que des dizaines d’années de crédit s’ensuive...
Chaque été, et de plus en plus en fin de saison, de véritables bandes organisées déferlent sur les villages de Kabylie à bord de belles voitures, luxueuses à souhait, défiant la poussière de nos routes fendues avec leurs jantes chromées. Chaque brassée de population amène avec elle, des convives par centaines, chaque convive amenant avec lui sa propre cellule familiale, rallongeant d’autant la liste déjà épaisse des invités.
Les familles des époux quant à elles, tentent de montrer leurs capacités à faire face à cet évènement de grande envergure. Tant bien que mal... et plus mal que bien au vu de la flambée des denrées alimentaires à la veille de la saison des fêtes.
Ainsi, les deux amoureux qui ne demandaient pas la lune, ni la montagne de trésors que de toute façon ils se construiront de leurs mains (et par la force de leur amour) se retrouvent embrigadés dans un rôle qui ne leur sied guère. Ils apprendront en quelques jours, semaines et mois à gérer un budget, à ne pas froisser les invités qui ne le seront pas, à faire des devis (ideballen + disc jockey + artistes ça commence à chiffrer) mais encore et surtout à essuyer les critiques des invités futurs-déçus qui critiqueront le morceau de viande trop chétif qu’ils auront reçus, la salade sans olives ou le hamoud boualem pas assez frais (en même temps, essayez de rafraîchir « aqentar lgazuz » dans des frigos de l’Eniem...
Ils voulaient surprendre et faire plaisir, ils voulaient agrémenter leur entrée dans la vie commune en usant de la stratégie du « mariage social » à la sauce de choc...
Choc amer pour nos jeunes tourtereaux qui se retrouveront avec à peu près 30 ans de crédit pour rembourser les 60 à 70 millions de leur mariage. Et dire qu’ils auraient pu faire un vrai voyage de noces ces deux là...
Remarque, y a même pas de visas pour pouvoir éviter ça ...
Tayirat
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Quelle belle histoire. Je me suis marié un mi-décembre, il n’y avait même pas de bendir. Je n’ai aucun crédit et je suis sur le point de divorcer. Qui dit mieux ?
J’adore quand même le folklore des mariages kabyle...en tant que spectateur !
Gar-anegh kan, taneggarut-agi , ça sent zzwaj amellal, a mmi-s n tmurt !
C’était pour rire ! Bon divorce .
Warzigen
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Moi, je me suis marié un 11 novembre, en plein mois de carême (ramadan), sans avoir dépensé le moindre sou, je dis bien le moindre sou. La veille j’étais encore célibataire pour ceux qui me connaissent, le lendemain, Je suis un homme marié avec mon épouse (fort heureusement !). Il n’y avait aucun invité, même pas les membres de nos deux familles respectives à qui on avait juste annoncé qu’à partir de telle date, nous vivrons ensemble, en mari et femme !
Confidence pour confidence, je tiens à avouer que ma pauvreté explique le pourquoi d’un tel mariage (côté festif, invités). J’aurai bien aimé pouvoir organiser ne serait-ce qu’une petite collation pour les amis les plus intimes. Cela dit, même si j’atais un millionnaire, je n’aurai jamais invité plus d’une vingtaine de personnes. Les "qu’en dira-t-on" je m’en fiche royalment !
Pour l’histoire de la coincidence avec le mois du ramadan, ça m’avait permit de partager mon athéisme, car , en plus du fait que nous ne sommes pas musulmans (pour des personnes nées et ayant toujours vécu en Kabylie, c’est pas évident), nous avions tenu également à réaliser un "mariage laïque" ; c’est à dire, sans la présence et la "bénédiction" d’un imam.
Joyeuse fête à tous et à toutes celles qui se marieront au courant de cet été et pour tous les autres qui le feront après !
Moi aussi je viens de m’installer avec mon cheri le kabyle de mon coeur, notre mariage et fatiha c’est notre amour, nous n’avons pas besoin de toutes ces croyances à deux balles, nous sommes heureux comme ça, pas de formalités, pas de dépenses, pas d’imam (oulaaa), on fera le mariage dès l’arrivé de notre tit chou l’année prochaine (juste un tit tour à la mairie, discreto).
Au programme, un super voyage en amoureux sur une île déserte et point final le mois prochain.
Il me font de la peine, celles qui viennent même à Paris (soit disant la tchitchi) juste pour acheter son trousseau, connerie et bétise humaine, mettre 100 robes qui coutent la peau des fesses, etc...
L’amour doit être discret, sincére, doit se vivre à deux dans l’harmonie et le respect des autres, mais pas le montrer juste pour dire aux autres "Regardez, je suis riche et heureux !!" Soyons kabyles, nous sommes des gens simples.
Moi, je voulais à tout prix un kabyle, pour vivre pleinement ma culture, et pour papoter en kabyle à mes futurs bébés. C’est un choix personnel.
THIZIRI, une kabyle
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