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Pensée pour Rachid Alliche, Auteur Romancier d’expression kabyle. Encore un rempart qui tombe

lundi 31 mars 2008, par Nacira Abrous


FAFFA. Je reprends entre les mains l’ouvrage à la couverture bleu ciel que j’ai découvert à Taguemout-Azouz dans les années 80, un roman traversé de tonalités à la fois engagées, nostalgiques, fantastiques. C’est pour dire Fransa chez nous !

Le roman animait bien des discussions dans les cercles culturalistes kabyles à l’Université d’Alger, de Tizi-Ouzou et de Bgayet durant les années 85-98, à propos de cette nouvelle forme d’écriture romanesque kabyle. Celle-ci ne se contentait pas de la fixation écrite du répertoire oral mais ne le dédaignait guère. Ecrits gorgés de métaphores sans limite, d’interludes plein d’humour et de tristesse. Un va et vient dans le temps. Un genre nouveau pour une ère nouvelle.

Rachid Alliche n’a cessé de triturer et d’essorer la langue, la nouer et la pétrir pour rendre un univers sémantique intarissable, nourri de valeurs de lutte, de valeurs humaines qui ne pouvaient être qu’universelles au grand dam de ceux qui bâtissent l’universalité et l’universalisme sur les dépouilles des peuples et des cultures non officielles. Nous n’avons pas fini avec Faffa ! Une génération d’exilés quoique porteuse d’espoir se charge « d’occuper des rôles » comme dans le roman. T oute une génération d’enfants a été nourrie de comptines, de jeux et autres procédés didactiques en kabyle grâce à l’émission hebdomadaire diffusée par la Radio algérienne Chaîne 2 (berbère). Les adultes y apprenaient tellement, des parents se disaient….et si on s’y mettait ?

Petite montagnarde, je rêvais d’une émission pareille ; les portes des médias étaient encore fermées, la radio kabyle diffusait à doses « homéopathiques » truffées de matraquages idéologiques ; beaucoup de mots étaient interdits…..
C’était encore les années 70. Le plomb et les geôles… Ainsi, Rachid Alliche récidivait chaque vendredi et, chaque fois avec à une créativité sans pareil, un humour profond parfois décapant. Les filles et les garçons qui y participaient : Tanina, Tiziri et les autres sont maintenant des hommes et des femmes !

Ils ont eu la chance de se soustraire au « formattage » imposé par l’enseignement fondamental » (méthodes, supports et programmes essentiellement arabisants élaborées par l’Education nationale de l’époque). Que dire de ASFEL (son premier roman) et des autres travaux de feu Rachid Aliche, le propos risque d’être trop long !
Oui, là on peut vraiment dire qu’aucun déni, aucune marginalisation ne peuvent avoir raison d’une langue : Hawad amajagh, Bessaoud Mohdarav ; Zimou, Si Moh, Yacine, Lounès, Ali Amrane, Ferré, Khayyam et bien d’autres ne diraient pas le contraire....

Va où t’attends ton voisin Fouroulou [1] pas loin, à quelques mètres : entre Tizi –Asker [2] et Tiâchach [3], aux Ait Mahhmuod, en Haute-Kabylie.

Tu salueras aussi Lounès, Mohya, Izri, Taous, Jean Amrouche et leur mère, tu leur diras, ce que tu voudras, tu donneras les nouvelles d’une Kabylie qui demande une relève : les sentiers sont battus chers amis !!

L’œuvre de Rachid Alliche :
Asfel, Éditions Fédérop, Mussidan, 1981
Faffa, Éditions Fédérop, Mussidan, 1986, réédité à Alger en 1990.
"Tasinfunit, taceqquft umezgun", théâtre, in la revue Awal, 1988,
Manuel d’initiation à Tamazight (lecture et conversation)
De nombreuses « Nouvelles »essais et textes de critique littéraire régulièrement publiés dans la presse algérienne.
De nombreuses émissions radiophoniques en kabyle (tous publics) à la Radio algérienne/ chaine II

Nacira Abrous, mars 2008

Notes

[1] Mouloud Feraoun (ref au personnage principal de Le fils du pauvre

[2] Grande place du village Taguemount Azouz

[3] Quartier excentré situé entre Taguemount et Tizi-Hibel et qui abrite le cimetière où repose M. Féraoun

 
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Taguemont-Azouz : terre fertile.
GéLamBre à ecrit le 1er avril à 20:48

À la lecture de ce billet de Nacira Abrous, vous aurez compris que Taguemount-Azouz n’est pas seulement le pays des navets (au sens propre) ! Les Ath-Mahmoud ont donné naissance à des hommes et des femmes de lettres dont le regretté Rachid ALICHE.

J’ai mis ici un extrait de FAFFA :

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Azul Nacira
Halim AKLI à ecrit le 1er avril à 20:57

.

Azul Nacira !

Merci pour cet hommage dont la décence n’a d’égale que la grandeur du romancier, feu Rachid Alliche. Merci surtout de l’avoir fait avant moi puisque ça me tenait tellement à cœur. Je n’ai pas été aussi lucide et habile que toi pour dire Alliche l’humble, Alliche l’engagé, Alliche l’ingénieux, Alliche le subtile... en si peu de mots.

Halim AKLI

.

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Taguemont-Azouz : terre fertile.
GéLamBre à ecrit le 2 avril à 06:03

À la lecture de cet article de Nacira Abrous, vous aurez compris que Taguemount-Azouz n’est pas seulement réputée pour ses navets (au sens propre) !

Les Ath-Mahmoud ont engendré de nombreux hommes et femmes de lettres dont le regretté Rachid ALICHE

Je vous invite à lire un court extrait de FAFFA dans TIMKARDHIT

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Asgunfu n Rachid Alliche
Asgunfu n uheqqi à ecrit le 7 avril à 17:41

Tanemmirt a Nacira,

Rachid est desormais inscrit dans notre pantheon morale kabyle.

Il est de ceux qui ont donne de leur mieux au patrimoine kabyle.

Le sacrifice conjuge avec l humilite. La dignite avec le savoir. Ainsi est l heritage legue aux generations.

L oeuvre de Rachid Alliche nous invite a une sorte "d emerveillement humble".

L expresion est de Jean Calvin, homme de lettres et reformateur francais du 16e.

Rachid Alliche est cet arbre plante pres des cours d eaux...il est un don de la providence.

Emerveillement et humilite.

Farid Bouchama.

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Ameghras
Ameghras à ecrit le 8 avril à 10:37

Azul fellawen,

D tidett, Racid yedja yagh d agerruj ur nfennu ara. Ssut is hlawn, mi ara d yesselmad tamazight di rradiu, tura ad tt nectiq...Imeslayen d tiktiwin is ad xassen atas i tsekla tamazight. Yewwid lhal ad nexdem leqrar i wayen akk yella d wayen akk yura. Sahhit i Nacira i d yesmaktan Racid d wazal ines di tsekkla, di tnettit aked umezruy nnegh.

ameghras

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Un rempart de pierres
Assanegar à ecrit le 20 avril à 10:16
Non,ce n’est pas un rempart qui tombe mais une pierre rajoutee a un edifice... Azul

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