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dimanche 24 juin 2007, par Marie
Au-delà de la sincérité qui anime les personnes qui sont sollicitées pour jouer bénévolement dans ce genre de "films" qui sont beaucoup plus à mettre dans le domaine du "cinéma amateur" pour ne pas dire folklorique et qui relève beaucoup plus du rafistolage, il serait plus qu’utile de souligner avec force ces quelques détails : Pour ceux qui s’attendent à voir sortir un péplum en kabyle et de surcroît sur Matoub Lounès, ils en seront pour leurs frais et se rendront compte qu’ils devront attendre encore beaucoup de temps pour voir enfin des professionnels du cinéma se mettre à l’œuvre et les moyens conséquents débloqués à cet effet. En fait, ça ne sera qu’un film amateur. Ce n’est pas une critique, c’est une envie de remettre les esprits dans la réalité.
La subvention du HCA (dont on ne précise pas le montant pour continuer dans l’opacité ambiante en Algérie) servira certes une partie des besoins du tournage (bouffe pour les personnes participantes, frais du cameraman qui filme souvent avec une simple caméra numérique ( !) frais du montage dans l’une des boites tout aussi amatrices qui pullulent en Kabylie et qui font beaucoup plus dans le montage des films de fêtes de mariages privées,... etc.). Vous l’avez compris, le reste de la subvention connaîtra des destinations inconnues. Bien sûr, ce n’est pas les factures justifiants leurs dépenses qui seront difficiles à se procurer pour, éventuellement, prétendre à une autre prochaine subvention !!!
Il y a aussi lieu de souligner un autre détail important : L’objectif final de ce genre de réalisation n’est autre que la participation au prochain festival du film amazigh qu’organise annuellement le HCA. Ça permet de tenter de se faire un "NOM" ne serait-ce que pour le temps d’une collation, et, du même coup, tenter de « décrocher » le prix du festival qui, précisons-le tout de suite, est d’une valeur de quelques millions de centimes !!! A première vue, c’est un encouragement au cinéma d’expression amazigh, mais en réalité, c’est, comme dans tous les domaines, un encouragement, par la corruption et l’argent facile, à la production d’un cinéma kabylophone médiocre où la rigueur a toujours été la grande absente. Concernant le contenu lui-même, pour ceux qui connaissent Mokrane Hemmar qui court frénétiquement derrière une reconnaissance qui ne vient toujours pas, ils savent que l’opportunisme primaire colle à la peau de cette personne qui tente désespérément de se faire une place et un nom dans le monde du cinéma par des procédés peu chevaleresques. Chose normal me diriez-vous, puisque c’est vieux comme le monde : quand on manque de compétence et de culture et que la petite ambition personnelle nous consomme de l’intérieur, une seule issue à sa détresse : Épier la moindre occasion qui se présente pour la saisir dans le seul et unique but de tenter de faire braquer les feux de la rampe vers soi, ne serait-ce que le temps d’une autre collation.
Pour le contenu donc, nous avons eu déjà la pièce dite théâtrale intitulée à juste titre Le Rebelle et qui a été montée par cette même personne juste après l’assassinat de Lounès (une autre opportunité !). Une pièce qui a puisé sa substance dans le livre témoignage du chantre avec en moins, sa dimension politique, intellectuelle et culturelle ainsi que les idéaux qui ont fait de Lounès Matoub le repère qu’il est. Lounès apparaît dans ce montage sketchique seulement comme un chanteur qui ne vit qu’à travers les racontars et les rumeurs de la radio trottoir.
C’est vrai qu’aborder la vie complexe de Lounès Matoub nécessite plus que de l’ambition pour réussir son tour de manivelle ! Il faut du courage et du cran et c’est exactement ce qui ne correspond guère aux personnes intéressées. Sinon, on ne l’avait pas vu dans les moments difficiles qu’a vécu son propre village car, là aussi, s’affirmer clairement comme le faisait Matoub, requiert un bagage et de la bravoure. Pour la première qualité on peut toujours, plus ou moins, acquérir ne serait-ce qu’une infime partie, ce qui n’est pas, hélas, le cas de la deuxième.
Encore une fois, tous mes respects à beaucoup de personnes qui ont accepté, malgré elles, de participer à la construction de cette ambition restreinte et personnelle en croyant le faire pour la mémoire de Lounès Matoub qui a eu un grand hommage dans le village de Mokrane Hemmar en novembre 1998 avec la réalisation du meilleur tableau de peinture représentant le portrait géant de Lounès Matoub, œuvres de trois artistes sincères (Aigoun, Haddad & Messaoudi) initiée par une association culturelle amezruy, une jeunesse et une population complètement désintéressés ; un événement auquel il n’avait pas participé pour une simple raison : Il n’en était pas le principale initiateur.
Enfin, je tiens à informer du fait que la quasi majorité des "acteurs" qui participent bénévolement à ce matraquage cinématographique sont tous issus du même village (At Bouaddu). C’est un honneur pour cette commune qui prouve à chaque fois son attachement au symbole kabyle, de liberté et de la démocratie. Mais, malheureusement, ça prouve aussi et d’une manière criante, le caractère folklorique pour ne pas dire clanique du navet qui sera loin de la véritable image du barde disparu et de sa dimension.
Pour un vrai cinéma kabyle, arrêtons le folklore !
MATOUB et « Alger, capitale de la culture arabe ». La réalisation et la promotion sera faite avec la bénédiction de Lhadj bettou local, Ould ali Lhadi en l’occurrence, directeur de la maison de la culture et directeur de la culture (cumul de fonction dont il ne possède pas la qualification requise par la loi pour l’exercice de ces fonctions, de quoi se demander qui l’a placé là et dans quel objectif !).
Aussi, il y’a lieu de signaler que Mokrane Hemmar fait partie, avec son association, des associations convoquées par cet Ould Ali Lhadi pour prendre part au nom de la culture amazigh à la carnavalesque et fameuse "Alger, capitale de la culture arabe" !
Ils ont répondu présent et ont même assuré, sept jours durant, la semaine du département de Tizi-Ouzou à Alger dans le cadre de cette honteuse "Alger, capitale de la culture arabe"... Pour vous dire que tous ceux qui exploitent lâchement la renommée et le poids de Lounès Matoub ne partagent pas forcément son combat.
Dans cette honteuse participation, il y a lieu de se demander aussi qu’elle en était la contre partie... pour les participants.
En d’autres temps et à une autre époque, tous ceux qui ont marché dans cette traîtrise, seraient tout simplement excommuniés.
Mais comme le disait Mohia : Idji gaâ nhar koum a librobros !
Mhemed (Cadre associatif).
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