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"Wid ihekmen igduden" de Gouloussa

Album tout en finesse voué au militantisme

samedi 28 juillet 2007, par Halim Akli


Le monde artistique vient d’enregistrer la naissance d’une étoile dans son ciel. Un artiste fait de convictions, de pudeur et d’authenticité, qui, pour son baptême de feu, ne s’est pas contenté d’un produit à la carte qui fait recette. Gouloussa, puisque c’est de lui qu’il s’agit, propose une œuvre inédite pour s’inscrire en faux contre cette tendance asthénique qui se manifeste par des reprises systématiques, de l’imitation à la limite du décalquage et du plagiat qui sont devenus d’une telle banalité et qui asphyxie toute créativité sans laquelle l’art est voué à la disparition.
Gouloussa vient de réaliser donc un album formidable sur le plan de la création musicale et de la mélodie recherchée où le violon donne la réplique au mandole sur un fond d’une belle fusion entre le terroir et le chaâbi, cette musique populaire transportée dans les gènes depuis la Kabylie pour naître dans la Casbah d’Alger.
L’artiste imprime à son premier album un style et un timbre à part, lui qui « trouve dans l’imitation une manière d’étouffer la création et partant, d’appauvrir l’art » Il y est aussi question d’une forte présence du texte engagé au verbe incisif.

Wid ihekmen igduden puise sa substance dans le vécu quotidien d’une jeunesse et d’un peuple au prise à la menace croisée des fléaux sociaux, du désert culturel et de l’indifférence méprisante qui répond souvent à leur mal vie. La jeunesse en désarrois condamnée à vivoter et à mener une vie qui a pris depuis toujours des allures de navigation à vue. En conséquence de quoi, Gouloussa dénonce l’attitude passive de « tous », face au phénomène du suicide qui a pris, soulignons-le, des proportions alarmantes ces dernières années, emportant surtout des jeunes qui n’ont d’alternative que celle de caresser le rêve d’atteindre un jour et à n’importe quel prix l’illusoire Éden d’outre-mer, de maquiller un quotidien déprimant par l’évasion dans le monde non moins imaginaire que provoque en eux le kif, l’abus d’alcool ou l’intégrisme religieux qui se nourrit naturellement de ce vivier fait de frustration, de misère sociale et économique et enfin, le choix plus dramatique qu’est le franchissement du pas vers cet autre monde inconnu et obscur qu’on croit atteindre par le suicide ; un phénomène qui tend dangereusement à se banaliser tant et si bien qu’aucun dispositif sérieux n’est mis en place par les autorités afin de tenter de réduire le décompte macabre qui ne cesse de s’alourdir.

Gouloussa, ce nom d’artiste qu’a pris Arezki M’foukh, évoque également un roi amazigh pour aborder une thématique intemporelle, plus que jamais d’actualité et à la portée universelle que sont la bonne gouvernance, le respect des droits des peuples, la paix, la démocratie… Ainsi, des voix innocentes d’enfants sont mises à contribution dans une émouvante authenticité pour interpeller dans Wid ihekmen igduden, les tenants du pouvoir dans tous les pays de la planète afin d’œuvrer en faveur de la paix et du bien-être des gouvernés. Il évoque dans ce sens les conséquences des régimes rongés par la corruption et le despotisme qui se traduisent par famine, misère, conflits…

L’inévitable hommage à Lounès Matoub nous replonge dans le contexte de l’assassinat du Rebelle pour dire la douleur encore vivace dans le cœur du petit peuple dont le traumatisme abyssal ne cesse de révéler toute son étendue. L’affliction de l’artiste qui, en sus, avait partagé le combat politique du chantre de l’amazighité en faveur des valeurs républicaines, de laïcité, et de modernité, n’a pas manqué dans son prélude de dérouler une illustre liste de disparus, partie de Kamal Amzal assassiné par les islamistes à la cité universitaire de Ben Aknoun en 1982 à Matoub Lounès en 1998, tous et toutes, victimes de l’intolérance, et de la violence aveugle des forces de l’obscurantisme et d’un État de non-droit.

Faisant office de réceptacle pour les pulsations, les espérances et les ressentiments de sa société, Gouloussa éprouve la déchirure d’une mère éplorée par la perte d’un fils qui rentrant définitivement de sa caserne où il venait d’effectuer son service national et qui, en court de route, impatient de retrouver ses parents, ses amis et son village qui l’attendaient, tombe sur un faux-barrage islamiste qui l’assassine froidement. C’est une voix que l’artiste offre aux victimes du terrorisme pour aborder sans complaisance le drame de la terreur intégriste à l’ombre de la politique de « la charte pour la paix et la réconciliation nationale » qui « accorde impunité et promotion sociale aux assassins repentis et le mépris aux victimes du terrorisme qui refusent d’oublier et d’accorder le pardon à des criminels qui, en sus, ne l’ont jamais quémandé » soutient avec force conviction l’enfant prodige d’Aït-Ouelhadj.

Gouloussa "Wid ihekmen igduden"

Arezki Gouloussa qui s’invite le temps d’une chanson dans le monde de la satire, évoque « Ali baba et les 40 voleurs » dans une allégorie que l’auditeur ne manquera pas d’adapter à sa propre réalité ; le tout sur fond de mélodie d’une douceur béate et rythmée pour accrocher l’oreille et arracher un sourire à tous ceux qui auront l’occasion d’apprécier ce premier album de Gouloussa qui aborde également d’autres questions sociales et humaines comme la perte d’une mère, l’amour, et un petit clin d’œil à l’ambiance des fêtes familiales à travers la chanson festive « Yamina ».

Wid ihekmen igduden est une œuvre qui incite à la réflexion, qui interpelle les consciences et qui s’apprécie tout simplement. Pour un coup d’essai, c’est incontestablement un coup de maître ! Bravo l’artiste !

Halim AKLI

 
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Amagday à ecrit le 28 juillet 2007 à 11:30

Bravo Gouloussa ! au moins toi, tu essaies même si c’est ton premier album de faire dans l’art, loin des non-stop qui caractérisent désormais la chanson kabyle. Tu as des choses à dire, tu as tenu ç les dire et tu les as dites en ne faisant pas la court ni à l’argent ni à autre chose, juste de l’art, de la musique, de la poésie au service d’un combat et d’un idéal. Quel bonheur !!

Je tiens à préciser que tu as voulu faire beaucoup mieux que ça, mais l’argent, ce nerf de la guerre te manquaient au point d’avoir accepté de sortir cet album en étant conscients que si tu avais un peu plus de moyens, tu auais fais beaucoup mieux. A titre d’information, tu n’as pas pu rassembler la somme de 80 000 dinars qui t’ont permis de réalkiser ton oeuvre qu’après 7 longues années d’attente et d’économie au détriment des besoins de tes enfants.

Tu es un artiste et tu admirable Gouloussa !

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un fan à ecrit le 28 juillet 2007 à 12:52
J’ai hâte d’acheter cet album ! où est-ce qu’on le trouve ?

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Hâte de t écouter Gouloussa
Mazin à ecrit le 28 juillet 2007 à 16:20

Bonjour,

Peut on esperer de l’artiste qu’ il nous livre un extrait ou mieux encore une chanson complète à ecouter sur ce site ?

(°v°)

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Ah ya tawaghit !!!
Ameslub à ecrit le 28 juillet 2007 à 17:27
Acugher s tefr´ansist i yura isem mac´c´i s teqbaylit ?

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pourquoi c’est écrit en français ?
Moi à ecrit le 28 juillet 2007 à 21:47
Certnainement pour qu’il puisse être lu par tout le monde, kabyles , amazighs d’ailleurs et non amazighs.

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chtata berriku
Azwaw à ecrit le 31 octobre 2007 à 15:49
..dans ce cas qu’il remplace "wid ihekmen igduden" par son équivalent français, il teint ce qui lui reste de cheveux en blond, il se fait tatouer les bras et chante en français "allumez le feu" comme johny halliday...car à quoi bon d’être Kabyle hein ??? ah ya leqbellec..continuez à vous effacer pour que "les autres comprennent" et vous verrez où vous allez vous retrouver..

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Yellis n wedrar izedghen ludha !
Sadia à ecrit le 31 juillet 2007 à 15:18
La chanson sur la charte de bouteklika est très bonne, celle toujours sur bouteflika appelée Ali baba également belle ! brazvo !

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fier de toi a-khali
kamel à ecrit le 22 septembre 2007 à 15:33

Tu n’arretes pas de m’étonner, moi qui es proche de toi je ne suis pas au courant de cet album. Tu me caches des choses maintenant ??????? Tu es capable du meilleur comme du pire.

Bon courage kamel Mis n-nanek

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