Le « cinglé embusqué » [1] dans son programme nucléaire [2] vient de déclarer que « les menaces des États-Unis les desservaient, car toute guerre serait 10 fois supérieure à leurs intérêts… », ajoutant sans désemparer qu’« il soutiendrait et aiderait tout groupe ou nation qui confrontera et combattra le régime sioniste, un cancer dans la région ».
Devant la pression des sanctions, le Guide Suprême menace de fermer le détroit d’Ormouz, par où passe 20% du pétrole mondial, puis cherche à rameuter ses alliés, la Syrie, le Hezbollah, le Hamas, le Jihad islamique… Allié majeur de l’Iran, la Syrie, en pleine guerre civile, serait sans doute soulagée par l’élargissement du conflit local en conflit régional, ce qui lui permettrait de se débarrasser de ses opposants avec des moyens encore plus expéditifs et sanglants, en dépit des protestations.
Aux préparatifs de grande envergure des Américains dans le Golfe [3], et après un exercice militaire de 10 jours, l’Iran déclenche un exercice de 3 semaines, en situation réelle de guerre, qui ne serait qu’une couverture pour un approvisionnement massif en armes. [4] Par ailleurs, l’Iran vient de lancer un 3e satellite d’observation à 260/350 km d’altitude.
Trois groupes d’influence luttent pour le pouvoir, — notamment pour l’élection des députés à l’Assemblée (majlis) de mars prochain – Les chefs de ces groupes sont le Guide Suprême Ali Khamenei, le président Ahmedinejad et l’ayatollah Rafsandjani. Ils sont tous d’accord sur deux objectifs, la suprématie régionale, par le biais d’une bombe de destruction massive et l’élimination d’Israël en tant que puissance régionale.
Profitant de la rébellion d’un religieux modéré, Mohamed Khatami, le peuple perse et citadin, épris de liberté et pro-américain a tenté « une révolution verte » sans succès en août 2009. Devant une menace étrangère, le peuple ne peut que se rallier au nationalisme d’état. Par conséquent un renversement du pouvoir religieux est exclu en cas de conflit.
Par les annonces successives de préparatifs guerriers et d’exercices dans le Golfe depuis quelques mois, les États-Unis cherchent à accompagner les sanctions économiques par un verbe menaçant, pour faire plier la clique des ayatollahs.
Mais la politique américaine au Moyen Orient a été un échec patent surtout depuis l’arrivée au pouvoir de B. H. Obama, considéré au mieux comme un apostat par les Musulmans, et il n’est pas pris au sérieux par leurs dirigeants.
Après avoir reporté d’année en année, depuis 5 ans, toute action pour dissuader l’Iran de poursuivre son programme nucléaire offensif, après s’être opposé à toute intervention unilatérale d’Israël — « le jeu n’en valant pas la chandelle » et que cela ne ferait que retarder le programme iranien pour quelque temps, avec le risque de ruiner l’économie mondiale —, aujourd’hui le secrétaire à la Défense, Léon Panetta annonce que les États-Unis ne permettront pas à l’Iran de devenir une puissance nucléaire, qu’une ligne rouge était tracée et que l’option militaire était sur la table.
De son côté, le général Aviv Kokhavi, chef des Renseignements militaires d’Israël annonce que 200.000 missiles et roquettes sont pointées sur Israël, précisant qu’aucun pays au monde n’est autant menacé. Sans que l’on sache pour quelle raison, un exercice commun israélo-américain d’envergure « Austere Challenge 12 » qui devait avoir lieu le 5/1/12 a été annulé et vaguement reporté en octobre prochain. Par ailleurs les consultations s’intensifient, sans que l’on soit sûr que les intérêts des 2 pays convergent. [5]
Dans cette « partie à 3 » de jeu d’échecs où les Perses sont passés maîtres, il faut savoir aussi que la doctrine religieuse adoptée par ce pays est la « shiah », basée sur un messianisme apocalyptique. Le mahdi rédempteur sortira du « puits » où il est cloîtré, lorsque le monde pervers sera anéanti. Par conséquent, ce ne sera pas forcément la raison et la logique qui présideront aux décisions. Khamenei est prêt à sacrifier une partie de sa population dans une apocalypse, pourvu qu’Israël disparaisse. Il faut le prendre au sérieux et aller à l’essentiel, il y a un pays minuscule luttant pour sa survie face à « un cinglé embusqué ».
Par Albert Soued
Kabyles.Net
