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France-Algérie : 2012, l’année des occasions manquées

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Laurent Fabius se rendra à Alger peu après le cinquantenaire de l’indépendance pour tenter de relancer les relations entre les deux pays.

En 2009, Xavier Driencourt, alors ambassadeur de France en Algérie, avait imaginé quelques événements symboliques, susceptibles de marquer fortement, en 2012, le cinquantième anniversaire des relations avec l’ex-colonie devenue indépendante : une grande régate entre les deux rives de la Méditerranée, une étape du Tour de France passant par Alger… Il allait toutefois devenir vite évident que ces ambitieuses initiatives ne verraient pas le jour. L’année 2012, avec ses deux pics mémoriels hautement sensibles, le 19 mars (cinquantenaire du cessez-le-feu décrété au lendemain des accords d’Évian) et 5 juillet (déclaration d’indépendance), se sera déroulée sur fond de tensions et de malentendus. La France, qui n’a pas été invitée aux célébrations de l’indépendance, sera représentée par le nouvel ambassadeur, André Parant.

Laurent Fabius, lui, se rendra à Alger les 15 et 16 juillet. Le nouveau patron du Quai d’Orsay s’efforcera de relancer, une fois encore, des relations rythmées par les occasions manquées, depuis la loi du 23 février 2005 vantant le « rôle positif » de la colonisation. « On a fait beaucoup de dégâts, cela va être difficile de reconstruire », s’alarme un bon connaisseur du dossier. Des « dégâts » qui n’ont cessé de s’accumuler depuis l’automne dernier.

Pourtant, en juin 2011, lors d’une visite d’Alain Juppé, Paris et Alger s’étaient engagés conjointement à ce que 2012 se déroule sans vagues, notamment celles que pourraient provoquer les extrémistes dans les deux pays. On savait, de part et d’autre, que l’année serait « piégeuse », compte tenu des législatives en Algérie, le 10 mai, et de la présidentielle en France, quelques jours plus tard.

Liste de griefs

Mais depuis, la liste des griefs s’allonge sur le tableau noir des Algériens qui estiment avoir respecté leur engagement sans être payé en retour. La remise de la grand-croix de la Légion d’honneur à Hélie de Saint-Marc, ancien officier putschiste, par Nicolas Sarkozy, en novembre dernier, ainsi que le projet d’installer les cendres du général Bigeard aux Invalides ont fortement irrité Alger.

Les propos de Gérard Longuet à Perpignan, le 29 janvier, louant devant des rapatriés la « formidable aventure » de la présence française en Algérie, l’adoption d’une loi visant à pénaliser les injures envers les harkis, le 27 février, ne sont guère mieux passés. Autre prétexte de fâcherie : le vote de loi sur le génocide arménien, en décembre 2011 (finalement invalidée par le Conseil constitutionnel en février dernier) qui ont réactivé les vieilles accusations. « La France criminalise le déni du génocide arménien et ne dit rien sur ses crimes en Algérie, voilà ce que nous avons entendu alors », raconte une source diplomatique qui pointe aussi les discours de Claude Guéant sur l’inégalité des civilisations.

Durant la campagne présidentielle, François Hollande a indiqué vouloir aller plus loin que son prédécesseur sur le chemin de la réconciliation, tout en écartant comme lui la « repentance ». Le système colonial est « injuste par nature », avait dit Nicolas Sarkozy à Constantine, le 5 décembre 2007, sans formellement demander pardon. À Alger, les autorités attendent déjà impatiemment une visite du président socialiste dont ils escomptent qu’il aille plus volontiers dans leur sens.

« Il faudra trouver les gestes et les mots qui montrent aux Algériens que l’on a perçu leur souhait : être plus importants pour la France que d’autres partenaires », relève un diplomate. Les liens historiques, économiques, humains, sécuritaires plaident dans le sens de cette relation d’exception. « Le risque, ajoute cette source, c’est qu’Alger empoche les gages qu’on lui donne, sur l’immigration notamment, sans rien donner en échange. »

Alain Barluet

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