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Guerre d’Algérie, des vies devant l’histoire

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Sandrine Mercier et Laurence Giordano sont passionnées d’histoires dans l’Histoire. Auteurs et productrices d’une série diffusée de 2004 à 2010 sur France Inter - « L’histoire et moi » - qui croisait la quête d’un anonyme paumé dans de vagues souvenirs familiaux et l’expertise d’un historien pour donner chair à des événements historiques, elles passent cette fois par la télévision et consacrent quatre mini-documentaires et trois soirées sur France 3 à la Guerre d’Algérie.

50 ans après la signature des accords d’Evian qui mit fin à 8 ans d’une guerre coloniale jamais nommée comme telle malgré son extrême violence, et à deux semaines de la célébration de l’Indépendance algérienne (le 5 juillet), quatre enfants d’acteurs de cette tragédie montrent les mystères, non-dits, mensonges, et autres manipulations qui demeurent autour de cet épisode peu glorieux de l’Histoire de France.

La série, « Nos guerres d’Algérie » commence ce le 26 juin avec Corinne, 58 ans, face à l’historien Yann Scioldo-Zurcher. En 1962, Corinne a 8 ans et connait une double séparation : elle quitte Mostaganem et ses parents qui, eux, vont rester encore deux ans, le temps pour son père de liquider l’entreprise de vins de ses employeurs, propriétaires négociants rentrés eux en France.

Un témoignage de pieds-noirs poussés au retour après l’élection de Boumediene en 1964, tandis que d’autres Européens, les pieds-rouges pourront demeurer là en remerciement de leur solidarité avec les Algériens.

Le 3 juillet le feuilleton se poursuit avec deux héritages familiaux nettement plus lourds à porter. Gabrielle, 25 ans, redoute que son grand-père, officier dans la Navale, ait rejoint l’OAS, après le putsch d’Alger en 1961, quand des généraux de l’Armée française ont riposté à la volte-face gaullienne de l’Algérie algérienne. Occasion pour l’historien Tramor Quémeneur de revenir sur ces soldats partisans de l’Algérie française. Enquête faite, le grand-père de Gabrielle n’a pas rejoint ces déserteurs activistes d’extrême-droite, adeptes de la terreur et des attentats aveugles. Il partageait cependant leurs idées.

Le père de Jean-Yves était aussi militaire. C’était son métier. En 1954, à 22 ans, le voilà en Algérie, chef de section chargé du renseignement. En clair, de faire parler l’ennemi. Jean-Yves se demande quelles étaient vraiment ses méthodes et missions, il craint bien sûr d’avoir eu un père tortionnaire, d’autant qu’il a découvert chez lui, la photo d’un Algérien torturé. Pourquoi son père détenait-il un tel document ? L’historienne Raphaëlle Branche ne répond pas à cette douloureuse question, elle raconte qu’en effet la torture fut couramment utilisée comme moyen de guerre en Algérie. Et pas seulement par les parachutistes.

C’est justement chez les parachutistes que le père de Karim a passé plusieurs mois en 1957, quand il fut arrêté pour « complicité reconnue avec le FLN ». On verra Karim à la télévision le 10 juillet se demander quelles furent les conditions de détention de ce jeune policier algérien, militant nationaliste et membre du FLN auquel, grâce à sa position de brigadiste à Alger, il livre des armes.

Torturé, il le fut, avant de passer devant un tribunal militaire qui le condamne à 10 ans de travaux forcés pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Il sera libéré par les accords d’Evian. L’historienne Sylvie Thenault, spécialiste du FLN, montre que l’engagement politique est antérieur à 1954, puis comment il devient militaire, matériel sur le terrain.

« Nos guerres d’Algérie » n’est pas seulement une formidable leçon d’histoire et de journalisme. Elle confirme, au travers de quatre « témoins » comment leurs parents ont gardé secrets leur vie et leur situation au cours de ces 8 années de guerre. Quelle que fut la place qu’ils occupaient alors.

« Nos guerres d’Algérie » diffusées sur France 3 à l’occasion de 3 soirées spéciales les 26 juin, 3 et 10 juillet, de 0h20 à 0h25. Si vous ratez la diffusion, pas de panique, il y a une interface web http://plateautele.

Source : liberation.fr

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