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dimanche 25 mai 2008, par Mimi
Hocine Benhamza, né en 1930 en Grande Kabylie, fils d’un officier de spahis qui, de ses dix enfants, "voulait faire de bons français", a découvert la démocratie dans les réunions de tajmât, les valeurs républicaines à l’école française et l’idéalisme au collège des Pères Blancs d’At Yenni.
Il présente, dans ce livre, un témoignage authentique sur 70 ans d’histoire de l’Algérie.
Orphelin de père à l’âge de 17 ans, obligé de travailler pour aider sa famille à survivre, licencié de son premier emploi pour activités subversives, il découvrira, pendant un an, la vie d’un douar déshérité de l’Ouarsenis puis, de nouveau en Kabylie, les brimades de son patron, un receveur des Impôts.
Tôt engagé dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, il devient l’agent de liaison de Belkacem Krim, le prestigieux chef du maquis kabyle qui, après avoir cosigné en 1962 les accords d’Evian, sera assassiné en 1970 à l’instigation des services secrets algériens.
Devenu douanier en Algérie, Hocine sera arrêté en juin 1955 pour participation à la guerre de libération. Il connaîtra les “interrogatoires poussés”, les cellules de la Prison civile d’Alger puis le camp d’internement de Paul Gazelles, en lisière du Sahara. Le cessez-le-feu du 19 mars 1962 le conduira auprès du Président de l’Exécutif Provisoire après une formation, à Paris, à l’Ecole Nationale des Douanes puis dans un centre rattaché à l’E.N.A.
L’indépendance en fera un éphémère directeur des douanes algériennes. Fin 1964, écœuré par les mauvais choix politiques des nouveaux dirigeants, il s’installe en France où il fait des études de sciences économiques tout en travaillant. En 1970, il retourne en Algérie avec l’espoir de contribuer à l’édification d’une société juste et prospère. Haut fonctionnaire pendant 18 ans, il prend la mesure des conséquences désastreuses du collectivisme et de l’arabo-islamisme. A l’âge de 58 ans, il prend sa retraite avec un goût amer d’inachevé. Depuis, il partage son temps entre la France et l’Algérie, parfaitement à l’aise dans ses deux cultures, la kabyle et la française.
Vous pouvez voir la table des matières ou acheter son ouvrage en cliquant sur le lien :
http://www.editions-de-paris.com/article.php3 ?id_article=55
Ce que la presse en dit
La Nef, n° 167, janvier 2006
L’Algérie assassinée. Mais par qui ? Le livre de Hocine Benhamza, récit autobiographique à l’écriture vive et épurée, tente très subjectivement d’y répondre. Né en 1930 d’un père officier de spahis, médaillé de la Légion d’honneur, serviteur sincère et dévoué de la France, Hocine Benhamza baigne dès son enfance dans la culture kabyle et française, profitant de l’enseignement des Pères Blancs et participant au mouvement scout. Un temps tenté par le christianisme, le jeune kabyle s’engage néanmoins dès la Toussaint rouge de 1954 au côté des nationalistes algériens. Fidèle à l’esprit de liberté qui caractérise le peuple kabyle, il devient l’agent de liaison de Krim Belkacem. Arrêté en 1955, il ne sera libéré qu’en 1958, un peu par hasard. Libre, il entrevoit déjà « cynisme, mensonge et raison d’État » à la tête de la rébellion nationaliste. Admis au concours des douanes, il rejoint la Métropole pour suivre une scolarité brillante au sein de l’ENA. Haut fonctionnaire au sein du nouveau gouvernement, il place son talent au service de son pays. Il n’aura, dès lors, de cesse de dénoncer les erreurs de la Révolution, la corruption et l’avidité des clans, avec la même conviction qu’il avait mise à combattre l’État colonial. Témoignage d’amour de la Kabylie rebelle et insoumise et d’admiration de la culture française qu’il a faite sienne, le livre de Hocine Benhamza constitue également une analyse profonde des raisons de l’agonie algérienne. Islamisation et arabisation, jacobinisme et socialisme bureaucratique sont les causes de « l’autodestruction inconsciente du pays ». Aujourd’hui installé en France, l’auteur assume ses « deux identités, la kabyle et la française, l’innée et l’acquise », avec sérénité. Un regard sans complaisance sur l’histoire tumultueuse de la France et de l’Algérie, un livre à conseiller à tous ceux que cette terre ne laisse pas indifférents.
Guillaume Desanges
Sur internet, le Web de l’Humanité :
Une Kabylie vibrante et martyre
Le mot « liberté » écrit en lettres de sang sur un mur gris et, en dessous, les marques sanglantes des mains d’un jeune militant de la cause kabyle, Kamel Irchene, tué par balle par les gendarmes lors de la répression des manifestations du second « printemps kabyle », en 2001 à Azazga.
La couverture de l’ouvrage est significative de son contenu : un long plaidoyer en faveur de la cause berbère en Algérie et le récit d’une histoire doublement douloureuse. Celui d’une « Berbérie » martyre, terre natale de l’auteur et celui d’une Algérie se conduisant en marâtre : elle se libère du colonialisme français, mais pas de sa propre aliénation arabo-islamique, au nom de laquelle elle opprime les Berbères. Ce que l’auteur considère comme une attitude criminelle à l’égard d’une partie importante de la population - plus de huit millions selon lui - dont la culture et les droits ne sont toujours pas entièrement reconnus et respectés, même si officiellement la langue kabyle est désormais enseignée comme une des langues de l’Algérie. L’essentiel du livre est donc consacré à l’histoire des Kabyles, narrée à travers l’histoire de la famille de l’auteur, fils d’un officier des spahis qui avait pour idéal de « servir la France » et pour ambition de « faire de ses enfants de bons Français ».
Très marqué par cette double culture, française et kabyle, l’auteur s’engage pourtant dans le combat anti-colonial pour l’indépendance de l’Algérie.
Il connaît la prison, « les interrogatoires poussés », les camps d’internement sahariens et cette « cruauté inutile » qui le révolte. Après l’indépendance, il occupera plusieurs postes dans la fonction publique algérienne. Il finira sa carrière comme haut fonctionnaire d’un État qu’il critique et méprise, dans l’amertume devant ce qu’il considère comme un « gâchis total » : il dénonce le népotisme, la corruption, la mauvaise gestion, l’absence de démocratie et, pour finir, la porte ouverte à l’islamisme, cette « terreur verte » qu’il n’hésite pas à comparer au nazisme. Une terreur qui a bien failli détruire l’Algérie et n’a pas épargné la patrie de son coeur : la Kabylie. Le livre s’achève comme il a commencé, sur l’évocation des émeutes kabyles et l’impression d’un lamentable échec.
Françoise Germain-Robin
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-11-21/2005-11-21-818360
Vous pouvez acheter son ouvrage :
http://editionsdeparis.fr/article.php3 ?id_article=55
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