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La femme kabyle

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Aussi loin qu’on remonte dans l’histoire, on découvrir l’héroïsme dont a toujours fait preuve la femme kabyle.

En période de paix, comme en temps de luttes pour la sauvegarde du patrimoine Azwaw. La femme kabyle a, sans gémir ni se plaindre, consenti tous les sacrifices imaginables et possibles. Ni la maladie, ni la fatigue, ni les privations, ni les blessures, morales ou physiques, n’eurent raison de sa détermination de mener à bonne fin sa longue et lourde tache. Vouée dès sa naissance à tous les travaux, à toutes les obligations, conditionnée pour être soumise au mâle dominant. Résignée, elle a consacré toutes les ressources à sa disposition pour l’édification de son foyer qui est la première cellule de la patrie kabyle. En société, comme dans sa vie privée, elle persévéra dans cette voie et continua à attirer l’attention par son activité débordante et surtout sa discrétion. Rangée sous la domination d’un mari souvent violent et complètement en accord avec le sort réservé à la femme par… l’homme particulièrement de confession musulmane, elle subit sans relâche, les vexations les plus pénibles, inhumaines.

Seuls la patience et le silence constituent pour un refuge, un remède à cette situation déprimante dans laquelle elle se trouvait emprisonnée et enchainée. En devenant mère et si ses enfants sont des garçons, elle s’appuie sur eux pour évoluer et se transformer, elle arracherait peu à peu ses droits d’être humains. Si les enfants sont tous des filles, sa vie se transformerait en cauchemars et serait exposée à la risée de la famille et verrait certainement une autre épouse prendre la place centrale du foyer.

Dès son jeune âge elle apprend à se rendre utile, car même dans son milieu familial, elle est considérée comme un moyen et non comme une fin. Le chemin de l’école lui étant interdit, elle se vit réduite à demeurer à la maison pour aider sa mère, les durs et harassants travaux domestiques, de champ nécessitant une main-d’œuvre constante et une grosse dépense d’énergie.

Demandée en mariage à l’âge où les filles jouent encore à la poupée, ses parents la livraient sans hésitation, sans remords et sans l’avoir, au préalable, consultée. Elle faisait l’objet d’un honteux marchandage et ce fut ainsi que se commirent les ignobles crimes de lèse-jeunesse. Un enfant de douze ans cédé à un homme de trente ans était un cas très fréquent, qui se produisait avant la libération du pays. Cette innocente victime de l’ignorance et des mœurs rétrograde fut toujours considérée et négligée au rang d’objet.

Au moment des récoltes, elle se rendait régulièrement aux champs, en compagnie de son époux, pour l’aider à ramasser les figues, les olives et glaner les épis d’orge ou de blé. Elle cultivait et entretenait un jardin potager et rassembler des fagots de bois qu’elle devait apporter le soir à la maison en les portant sur son dos. C’est encore elle qui descendait à la source du village pour puiser l’eau destinée à la consommation.

Lorsqu’elle avait cessé de plaire à son seigneur et maitre, on lui signifiait brutalement son renvoi dans famille. Il n’existait alors aucune loi sociale pour la défendre. Le divorce qui devait lui permettre de refaire sa vie lui étant refuse par le l’homme nommé seigneur du monde par la religion monothéiste. Ainsi elle se trouvait condamnée à terminer son existence dans le célibat. Parfois, ne pouvant supporter les brimades, la brutalité, c’était elle qui se révoltait (tamnafeqt) et désertait le foyer conjugal, fuyait l’enfer pour se réfugier parmi les siens. Cependant, si sa famille était trop pauvre, elle lui reste le suicide…

Devenue vieille, négligée et vu son âge avancé, on lui témoignait par charité un minimum de respect. Mais il ne s’agissait là que d’une considération de façade car les hommes voyaient en elle tamnafeqt (la putain) qui s’est révoltée contre leur autorité absolue.

Aujourd’hui encore, les adeptes du barbichime religieux, idéologues du crime, misogynes sans scrupules, déshumanisés par la haine d’autrui, par la haine du pluralisme sont déterminés à replonger nos femmes dans un passe obscure.

L’obligation de virginité pour les femmes constitue une appropriation du corps de la femme et une vision rétrograde de la sexualité.

Tahar Oussedik


Logo d’illustration : à gauche carte postale ancienne, à droite tableau de Charles Brun intitulé "femme kabyle".

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