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Les Arabes sont-ils sionistes ?

, par - commentaires

Si les Israéliens devaient se soumettre sans condition à l’historiographie arabe, éternellement en mutation, jamais ils n’auraient pu conserver un lien avec le Mur Occidental ou le Mont des Oliviers.

Qui dit que nous n’avons pas gagné la guerre "des coeurs et des esprits" ? Même les Arabes semblent conquis par l’argument que les liens les plus anciens sont ceux qui attachent le plus à cette terre. Apparemment ils sont convaincus de l’idée que toute l’histoire se résume à celui qui était là le premier, celui qui a laissé les noms de toutes les villes et villages du pays, y compris ceux que les envahisseurs arabes ont conquis, celui qui a incrusté ces lieux invraisemblables dans la conscience collective et dans la symbolique culturelle et religieuse, jusqu’aux confins du monde. Alors, depuis des temps immémoriaux, celui-ci a comme berceau national, comme centre de sa foi et de ses aspirations, cette petite étendue de terre aride, là.

De toute évidence, les Arabes ne sont pas devenus du jour au lendemain des "amants de Sion". Malgré leur opposition continue au projet sioniste – Israël – ils se sont emparés de la logique du sionisme et de la cause du sionisme pour s’en servir pour leur propre usage, une série de réclamations grotesques, que personne ne semble contester dans ce monde postmoderne. Alors que des gens à la morale relative jettent toute l’histoire aux orties, n’importe quelle absurdité est propagée avec une impudence colossale et en toute impunité.

L’exemple le plus récent concerne un député arabe de la Knesset, Taleb Al Sanaa. En plein débat de l’Assemblée, il a asséné la prémisse que la terre appartenait aux plus anciens occupants : "Vous dîtes qu’Abraham a acheté le Caveau des Patriarches de Hébron, mais l’homme qui le lui a vendu était un Arabe Palestinien….(?) Par conséquent, nous étions là les premiers et Hébron nous appartient pour l’éternité !""

Ainsi ce député a fait un saut gigantesque par rapport à la légende traditionnelle chez les Arabes qu’Abraham était un Arabe. Par son intervention à la Knesset, Al Sanaa concède qu’Abraham était le Patriarche des Israélites et il mise sur l’arabité du vendeur d’un bien immobilier, Ephrone le Hittite. – en fait s’il est hittite, il ne peut pas être arabe – [1]

Mais ceci n’est pas une simple allusion à l’inanité ou à l’insanité des arguments proposés. Al Sanaa n’est pas le premier Arabe à réinventer le passé en fonction des intérêts du moment. En fait il s’agit d’une méthode utilisée depuis longtemps déjà, bien avant le Mandat Britannique ; puisqu’à cette époque, les Anglais avaient nommé Haj Amin al Husseini, comme moufti à Jérusalem et celui-ci y a provoqué des troubles meurtriers. En ce temps, un sport usuel des Arabe consistait à jeter, du haut du mont du Temple, des excréments sur les juifs en prière, en bas du Mur. Husseini décida d’usurper le mur Occidental comme lieu saint pour l’islam, décrétant qu’en ce lieu Mohamed attacha son cheval Al Bouraq à un poteau, dans le but d’éliminer tout lien et toute association du judaïsme au Mur.

Les juifs ont insisté pour continuer à prier sur ce qui leur restait des Lieux les plus saints, malgré la violence arabe croissante. Cette insistance a nourri l’hystérie d’Amin al Husseini, qui a accusé les juifs de chercher à s’emparer de la mosquée d’Al Aqsa. Ses provocations vocifèrantes ont abouti aux pogroms de 1929, notamment à Hébron, annihilant une présence juive millénaire dans cette ville. C’est là qu’aujourd’hui les Arabes manifestent, parce que le Caveau des Patriarches a été inclus dans la liste des sites à préserver, dans le cadre de l’héritage national juif. Et en quoi cette décision de préservation compromettrait leur liberté de culte ?

L’ironie est que les notions arabes de liberté de culte ne s’appliquent pas aux autres. Justement il y a un siècle, un historien Izhak Ben-Zvi, devenu le deuxième président d’Israël, et sa femme Rachel Yanait Ben-Zvi, sont allés visiter Hébron. Dans des livres différents, voici ce que chacun raconte, comment on les a empêchés d’entrer dans le Caveau.

Ben Zvi a écrit dans son livre : "L’entrée au caveau était interdite aux non !musulmans… on autorisait les juifs à monter seulement 7 marches dans la cour. Seules les femmes juives courageuses osaient entrer, cachées sous des tenues arabes et leur visage voilé selon la tradition arabe".

Sa femme Rachel se rappelle : "Les femmes juives de Hébron réussissaient parfois à s’infiltrer dans le Caveau habillées et voilées comme des Arabes. Elles ne pouvaient prier sur les tombes de nos ancêtres que furtivement. Quand le fanatisme arabe à Hébron grondait, on interdisait aux juifs de regarder même le caveau… Les yeux des gardes et des fidèles arabes crachaient la haine. Ils nous repoussaient sur leur chemin. Nous arrivions aux marches en silence. J’ai refusé de monter les 7 marches autorisées, car c’était une insulte trop humiliante".

C’est cela la tolérance et le pluralisme arabe. En fait, les Arabes ne nous demandent pas des libéralités. Ils veulent tout et nous dehors, comme ils l’ont fait lors des pogroms d’il y a 80 ans, au cours desquels ils ont abattu à la hache de nombreux innocents.

Suivant la sagesse des chroniques revues par les Arabes, l’administration Obama a un penchant vers l’apaisement. L’Unesco et d’autres entités liées à l’Onu nous disent que notre intérêt est d’obéir.

La dernière tentative arabe de couper les liens juifs a été l’allégation que la Tombe de Rachel à Bethlehem était celle de Bilal Ibn-Rabah, un esclave africain, muezzin de Mahomet. Le problème est que le cimetière Bab Saghir de Damas contient les vestiges d’une telle tombe… !

Ceci est le reflet de deux tendances simultanées : la confiscation de l’Histoire juive et l’adoption falsifiée de nouvelles identités canaanéennes pré-abrahamiques. Sous Yasser Arafat, il était devenu à la mode de fabriquer des cérémonies canaanéennes et de décréter que les Canaanéens étaient Palestiniens. [2]

Arafat insistait auprès de Bill Clinton pour dire qu’aucun Temple juif n’avait jamais existé et aujourd’hui cela est devenu la mantra de l’Autorité palestinienne. Sheikh Tayseer Tamimi proclame sans cesse que "Jérusalem a toujours été seulement une ville arabe et islamique" Il déclare que le Caveau des Patriarches est une simple mosquée que la présence juive pollue. "Les juifs n’ont pas le droit de prier ici, encore moins de réclamer un lien avec Hébron, cité arabe depuis 5000 ans (!)…Toute la Palestine est une terre sainte, et les juifs sont des intrus étrangers"

En 1950, le poète Natan Alterman a rédigé une réponse au second degré à une déclaration du genre "La Palestine est un pays arabe et l’a toujours été et aucun étranger n’y a droit"- Sous le titre "une terre arabe", les vers d’Alterman ont été publiés en 1ère page du quotidien Davar le 1er mai. En remplaçant les noms hébreux de la Bible par leur adaptation en arabe, Alterman parut amplifier l’esprit d’érudition arabe éclairée.

J’avais traduit ce poème il y a déjà deux décennies.
Une nuit claire, la cime des arbres tremble,
Faisant vibrer la panorama d’un clair bruissement
Là haut, les étoiles d’un soir arabe
Brillent sur une terre arabe.

Les étoiles vacillent et clignotent,
Elles montrent leur éclat tremblotant
Au dessus de la cité tranquille d’al Qouds
Là où régna jadis le Roi Daoud

Et de là elles regardent et sont les témoins
De la cité d’El Khalil, au loin.
La cité du tombeau du patriarche Ibrahim
Ibrahim le père d’Ish’aq.

Et là les habiles rayons se dépêchent
D’envoyer leur lueur dorée se projeter
Là où les eaux de la rivière al Ourdoun coulent
And then the clever rays so fast
Là où Yaa’koub est venu une fois.

Une nuit claire, avec un clair clignotement
Les étoiles vacillent en toute légitimité
Sur les montagnes d’une terre arabe
Que regardait Moussa de loin.

Par Sarah Honig, correspondante politique du Jerusalem Post et ex-directrice du bureau de Tel Aviv- blog http://www.sarahhonig.com

Adapté par Albert Soued

Titre initial : une Terre Arabe


[1La mosquée que les Arabes ont construite sur le site de Hébron, 2ème site le plus saint dans le judaïsme, après le Temple de Jérusalem, a été appelée par eux "Mosquée d’Ibrahim", c’est-à-dire celle d’Abraham, patriarche des Israélites.

[2Selon le témoignage de la Bible les Canaanéens se sont assimilés parmi les Israélites, alors que le mot Palestine a été inventé par les Romains plus d’un millénaire après.

Vos commentaires

  • Le 12 mars 2010 à 03:42, par Tata Suzanne
    En réponse à : Les Arabes sont-ils sionistes ?

    Les arabes ont toujours été les usurpateurs de territoires, des fossoyeurs des esprits et manipulateurs mentaux, de telle façon qu’un 1er ministre algérien emprise de la démence baâttiste en vient à perdre complètement la raison ! Lisez ceci :

    Les messages d’Ahmed Ouyahia aux « ennemis » de l’Algérie
    Sonia Lyes
    le 12/3/2010

    Ahmed Ouyahia a demandé, jeudi 11 mars, au conseil national du RND d’analyser « les attaques » externes contre l’image de l’Algérie et la dignité des voyageurs algériens. « Il reviendra à cette session d’analyser la signification d’une série de phénomènes qui se manifestent actuellement et comprendre leurs objectifs réels », a dit M. Ouyahia à l’ouverture des travaux de la troisième session ordinaire du Conseil national de son parti, jeudi à Alger.

    « Qu’il s’agisse des attaques qui se succèdent de l’extérieur, pour remuer le couteau dans la plaie de notre lutte solitaire contre le terrorisme, ou pour porter atteinte à l’image de notre pays et à la dignité de nos citoyens se rendant à l’étranger », a-t-il ajouté. M. Ouyahia fait allusion à la présence de l’Algérie sur les listes américaine et française des pays à risque et la relance en France de la polémique sur la mort des sept moines de Tibhrine en 1996 à Médéa.

    Le Premier ministre ne s’est pas contenté de pointer du doigt, sans les nommer, « les ennemis externes » de l’Algérie. M. Ouyahia a fait de même pour les « ennemis internes ». Il a appelé à comprendre les objectifs « des réactions sournoises de certains lobbies, en relation avec les intérêts extérieurs, pour contrer la volonté de l’Etat de préserver les capacités financières du pays et de redresser le tissu économique, en un mot, de servir les intérêts du peuple et œuvrer pour l’avenir de la nation ». Par ses propos, le Premier ministre vise sans doute les adversaires algériens des mesures prises en 2009 pour réduire les importations contenues dans la Loi de finances complémentaires (LFC) entrée en vigueur fin juillet dernier.

    Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de comprendre « les tentatives de déstabiliser le moral de la population par le biais de rumeurs fantaisistes sur des clivages au sein des institutions de la République, ou même par des rumeurs abjectes sur la santé du chef de l’Etat ». Il veut également comprendre « l’agitation sociale entretenue dans certains espaces du service public, en dépit des efforts faits par l’Etat pour répondre aux attentes des fonctionnaires ». « Je pense que tout cela est lié et exige de nous vigilance et réaction », a-t-il affirmé.

    M. Ouyahia vise les syndicats autonomes des secteurs de l’éducation nationale et de la santé publique, qui ont déclenché des grèves ces derniers mois pour réclamer de meilleurs salaires.

    Enfin, Ahmed Ouyahia a réitéré le soutien "actif" du RND au président Abdelaziz Bouteflika pour la mise en œuvre de son programme.

    Fin de l’article.

    Voilà, tous les maux de l’Algérie viennent des mains étrangères (extérieur). La nouveauté : l’Algérie serait aussi minée par son peuple "intérieur" !!!!!!!!!! Ah j’arrache le peu de cheveux qui me reste !

    Inayass nath Menguellat : Akaw-thax yerna adh-ghalax uttastrudh (je te battrai tout en te sommant de ne pas pleurer) !

    Daâwassou nax dhrayssou !!!

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  • Le 12 mars 2010 à 07:00, par bob_ini
    En réponse à : Les Arabes sont-ils sionistes ?

    Dans E=MC², peut considérer que C² = (+C) (+ C) ou (-C) (-C) = C². Une vitesse de la lumière négative, serait elle une indication de la notion de l’islam ? Un véritable trou noir ? Est-ce possible aussi pour le sionisme arabe ? D’après cette divine formule c’est possible.

    J’ai essayer de lire dans l’œil de la dame en l’agrandissant. C’est flou.

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    • Le 14 mars 2010 à 07:00, par win yettmuqulen
      En réponse à : Soit i=nombre imaginaire.

      Bob ini yenna : E=MC².

      Win yettmuqulen yerna-d : Soit i=nombre imaginaire, avec i²=-1. C=nombre complexe, en prenant C=i ; et en développant E=M(C)²=M*i²=-M==> Donne bien une masse négative , un trou noir, de l’énergie négative....

      Bon maintenant pour savoir si le nombre i=islam et que le développement en question est juste voir même utile....

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      • Le 14 mars 2010 à 10:17, par bob_ini
        En réponse à : Soit i=nombre imaginaire.

        J’avais volontairement évité les nombres complexes pour ma petite tête. Votre raisonnement est perspicace.
        Et avec une notion raccourcie, où M. qui est du négatif à puissance infini. On peut aussi facilement déduire et sentir ce trou noir à fort coefficient.

        Répondre à ce message

  • Le 14 mars 2010 à 15:32, par dileme
    En réponse à : Les Arabes sont-ils sionistes ?

    Retour à la Une
    Palestine : Ras-le-bol !

    La Palestine est-elle l’alpha et l’oméga des problèmes du monde ? Une mise au point d’André Dufour.

    Depuis 60 ans, le mot Palestine fait saliver les pavloviens d’Eurabia et alimente l’antisémitisme dissimulé sous une burqa antisioniste. Depuis 60 ans le théâtre proche-oriental, peuplé d’à peine 10 millions d’individus, juifs ou arabes confondus, sur une superficie comparable à celle de la Belgique, est le centre de gravité d’un monde gorgé de 7 à 8 milliards d’individus ; depuis 60 ans, la suppression d’Israël est présentée ouvertement ou sournoisement comme préalable à la solution de tous les problèmes qui nous préoccupent : pauvreté, malnutrition, chômage, crises financières, guerres, crise logement, incivisme, maladie, analphabétisme, terrorisme, tremblements de terre et j’en oublie certainement, le réchauffement climatique par exemple ou le péril OGM.

    Car mettons nous ça dans la tête, les bonnes âmes qui parlent au nom du genre humain (auquel les Juifs n’appartiennent semble-t-il pas) ne supportent pas l’injustice faite aux « réfugiés » prolifiques et à leur descendance chassés de leurs maisons et de leurs terres par les « Sionistes » venus d’une autre planète qui, du jour au lendemain, ont fait irruption sur des terres qui étaient arabes et musulmanes depuis la Création du monde. Elles ne supportent pas non plus les violations systématiques du « droit international » par l’état hébreu et, en se défendant de tout préjugé antisémite, s’arrogent donc le droit de condamner systématiquement l’Etat juif. N’ont-ils pas pour caution de non-antisémitisme le soutien d’une poignée de gauchistes juifs, éternels idiots utiles des causes les plus abjectes, dont la signature automatique de toutes les pétitions anti-israéliennes leur est assurée ? Ne sont-ce pas ces mêmes Juifs, bourgeois de gauche, habitant les beaux quartiers de Paris qui servaient naguère de caution de non antisémitisme aux procès staliniens de Prague et de Moscou ? Rien de nouveau sous le soleil. Et de justifier ainsi la légitimité de la « Résistance » du peuple palestinien face à « l’oppresseur sioniste ». Et de justifier aussi la solidarité envers le peuple palestinien qui se manifeste dans le monde par des actes de terrorisme, détournements d’avions, attaques contre les édifices communautaires juifs ou appels au boycott des produits israéliens.

    Moi, je veux bien prendre en compte ce soutien à la « juste cause » palestinienne, dans la mesure où le soutien par les adversaires du Sionisme aux règles de la morale et du « droit international » est universel et systématique.

    Or, trois ans à peine avant la proclamation de l’Etat d’Israël, conformément au dit droit international issu des résolutions de l’ONU, l’Etat soviétique chassait les Allemands de la région de Koenigsberg, devenu Kaliningrad, pour y installer des colons russes, tandis que les Polonais chassaient les Allemands du restant de la Prusse Orientale, de la Poméranie et de la Silésie pour y installer des colons polonais pur jus. Qui s’en émeut ? Qui réclame le droit au retour et l’indemnisation de ces expulsés spoliés et réfugiés ? Qui appelle au boycott du gaz russe et des marchandises polonaises ? « Ce n’est pas comparable » me rétorque-t-on, l’Allemagne a déclenché une guerre dévastatrice, elle l’a perdue et la perte de territoires n’est qu’une juste réparation des immenses pertes humaines et matérielles subies par la Pologne et par l’Union Soviétique, (ci-devant alliée de l’Allemagne nazie contre la Pologne, ne l’oublions jamais). Mais les Palestiniens (qui n’ont pas jugé utile de fonder un Etat palestinien comme ils en avaient le droit et les moyens) et les Etats Arabes n’ont il pas, au mépris du « droit international », déclenché une guerre contre l’Etat Juif qui venait tout juste d’être proclamé conformément à un vote de l’ONU ? Ne l’ont-ils pas, contre toute attente de leur part, perdue ? Pourquoi dès lors ce qui est juste et entériné pour la Russie ou la Pologne, au détriment des Allemands, ne le serait-il pas pour Israël au détriment des Arabes palestiniens, responsables d’une guerre qu’ils ont voulue et perdue en dépit d’un soutien militaire et politique des pays arabes ?

    Et plus près de nous, l’Union Européenne ne s’est-elle pas inclinée devant le refus tchèque d’entendre ne serait-ce que parler de la réintégration ou de l’indemnisation des trois millions de Sudètes allemands expulsés de leurs terres ancestrales par la Tchécoslovaquie à peine libérée ? Eux aussi avaient servi les desseins d’Hitler, ils ont joué la mauvaise carte et ont été entrainés dans la débâcle finale de l’Allemagne nazie. C’est la règle du « jeu ». La « cause sudète » vaut-elle donc moins que la « cause palestinienne » ? Mais que vaut donc la « juste cause » des Sudètes, pas tous nazis, quand on la met en balance avec l’intérêt de l’UE de ratifier le traité de Lisbonne ? Et pourtant, à l’aune des diktats « moraux » de la « cause » palestinienne, on ne devrait voir aucune voiture Skoda circuler dans nos rues et sur nos routes. On ne devrait pas se chauffer au gaz russe, on ne devrait pas manger des pommes de terre de Pologne. Vous avez dit « boycott » ? Or, je suis certain, pour en connaître quelques uns, que nombre de militants du boycott des produits d’Israël apprécient de conduire une Skoda. Et ce n’est pas moi qui en blâmerais ces imposteurs.

    Alors que 60 ans après la défaite arabe, les « réfugiés » palestiniens, battant les records mondiaux de la fécondité, se sont multipliés par quatre ou cinq et sont toujours subventionnés par l’ONU en leur qualité de « réfugiés », notons que l’Allemagne a intégré tous les réfugiés expulsés par la Russie, la Pologne et la Tchécoslovaquie, de même que la Finlande, agressée par la Russie communiste, juste après que l’URSS eut aidé l’Allemagne à dépecer la Pologne en 1939, contrainte de céder à son insatiable voisin des pans entiers de son territoire national, en accueillait et intégrait ses réfugiés.

    Mais puisqu’aucun média, aucun comité de soutien ne prend leur défense, je me fais ici l’avocat des Tamouls du Sri Lanka. Ils sont très semblables aux Palestiniens. Ils veulent un Etat Tamoul « aux côtés et non à la place » de l’Etat cinghalais. Leur désir d’indépendance, contrairement aux prétentions palestiniennes, est fondé sur l’Histoire, puisqu’il y eut jadis, du XIVème au XVIIème siècle un royaume tamoul dans la partie nord de l’île de Ceylan, alors qu’il n’y a jamais eu de nation palestinienne ni d’Etat palestinien. Pour atteindre leur objectif, les Tamouls ont employé tous les moyens et toutes les méthodes par lesquelles la « juste cause » palestinienne s’est illustrée ; ils les ont même précédés dans le recours aux bombes humaines pour provoquer le plus de morts possible parmi les Cinghalais. A juste titre, mais contrairement à ce qui s’est passé pour les Palestiniens, la communauté internationale les a catalogués « terroristes » et jamais « résistants » ou « activistes ». De sorte qu’on n’a jamais connu de manifestation dans nos rues en faveur de la « juste cause tamoule », aucun comité de soutien, aucun appel au boycott. Cela n’empêche pas nos tartuffes pro-palestiniens de siroter avec la meilleure conscience du monde leur thé de Ceylan. La terrible répression finale exercée par les troupes cinghalaises, le nombre incalculable de victimes civiles (dont aucune ONG n’a la curiosité de connaître le nombre ni de secourir les survivants) et le sort tragique des populations tamoules chassées de leur terre par la soldatesque et parquées dans de véritables camps de concentration, tout cela n’intéresse personne. Et nul ne propose une « paix juste et durable » sur la base d’une partition de l’île garantissant à chaque ethnie des frontières sûres et reconnues avec un partage de Colombo où chacun des deux Etats installera sa capitale. Comptons donc sur notre Quai d’Orsay et sur la diplomatie de l’UE pour proposer, voire imposer cette solution aux deux camps. Pourquoi ce qui paraît une solution « normale » et « juste » pour Jérusalem ne le serait-il pas pour Colombo ? Mais comment expliquer ça aux tenants d’une discrimination positive ?

    Un dernier mot : la propagande anti-israélienne soutient que la création de l’Etat d’Israël est le produit de la Shoah et de la mauvaise conscience des Etats européens et des Etats-Unis pour leur passivité devant les persécutions dont les Juifs furent victimes, ou pour le rôle actif de l’Allemagne et des pays vassaux dans l’extermination des Juifs, alors que les Palestiniens, qui n’y ont joué aucun rôle, en paient le prix. Remettons les choses à leur place.

    Le Sionisme est né vers la fin du XIXème siècle, c’est-à-dire bien avant la Shoah, devant le constat que même là où les Juifs étaient déjà émancipés, comme ce fut le cas de la France, leur appartenance à l’identité nationale du pays pouvait être remise en cause et même révoquée. Et ne parlons pas des masses juives rejetées et poussées à émigrer par des pays tels que la Russie impériale ou l’empire austro-hongrois où ils avaient, au mieux, le statut discriminatoire de minorité nationale.

    Certes, l’assimilation avait ses avocats et maints Juifs se sont engagés dans cette voie allant jusqu’à se convertir (ils ne furent pas pour autant épargnés par les nazis), d’autres, tels que les socialistes du Bund, voyaient la solution dans la victoire du socialisme qui accorderait aux Juifs une pleine autonomie culturelle au sein de la nation environnante. Mais devant la croissance de l’antisémitisme, certains Juifs, parmi les moins religieux, voyaient la solution dans un Etat juif dans lequel leurs droits seraient acquis d’office, et non pas octroyés et révocables. L’immigration juive vers leur Etat projeté où vivaient déjà des communautés juives, plus particulièrement à Jérusalem où ils étaient probablement majoritaires, a donc commencé alors que l’antique Israël était devenu une province lointaine et faiblement peuplée de l’Empire Ottoman. Rappelons par exemple que David Ben Gourion se fit naturaliser Turc pour se fixer en Terre d’Israël.

    Cela étant dit, là où leurs droits de citoyens étaient garantis, rares furent les Juifs attirés par le Sionisme. Les Juifs de France, par exemple, se sentaient d’abord Français de confession israélite et n’avaient aucun sentiment d’identité avec les Juifs de Pologne par exemple. Un nationalisme juif paraissait donc inconcevable à ces patriotes français. De même, les Juifs allemands, de langue et de culture allemande, se sentaient-ils Allemands. On imagine leur désarroi lorsque les nazis entreprirent leur persécution. Mais l’Allemagne nazie ne fut pas la seule à éliminer les Juifs de sa société. La Pologne où la population juive était la plus importante d’Europe, suivie de la Roumanie et de la Hongrie, participèrent elles aussi à la marginalisation et à la discrimination des Juifs avant de les livrer aux nazis. C’est à ce moment, le plus tragique de leur Histoire, que les Juifs virent les portes de la Palestine fermées par les Anglais, alors que la SDN leur avait confié le mandat sur la Palestine, justement pour y créer un foyer national juif. Mais voilà, les intérêts anglais étaient plutôt chez les Arabes et l’Empire britannique n’en était pas à une trahison près. Et à la même époque, l’Amérique, comme la France et pratiquement tous les pays, étaient peu désireuses d’accueillir les réfugiés juifs d’Europe « par crainte des réactions antisémites ».

    De sorte, qu’à la veille de la guerre, près de dix millions de Juifs, dont la majorité ne demandaient pas mieux que de quitter l’Europe, se trouvaient pris dans la nasse. L’envahisseur allemand n’avait plus qu’à les y cueillir. Mais, m’objectent les partisans de la cause palestinienne, "les Palestiniens n’y sont pour rien". Ils y sont certes pour moins que les Allemands, et guère plus que les Polonais, les Roumains, les Lettons ou les Ukrainiens mais ils ont leur part de responsabilité si on veut bien se souvenir que le grand Muphti de Jérusalem, chef de la cause palestinienne, était à la tête du combat contre les Juifs, organisait dès les années 20 des pogroms contre les communautés juives isolées et sans défense et se retrouvait à partir de 1939 ou 1940 en Allemagne nazie, chargé de créer une légion SS constituée de Musulmans de Bosnie où ils commirent des atrocités dans la population serbe et juive ainsi que sur des Résistants. Les Serbes de Bosnie, tant stigmatisés par la « communauté internationale », ne peuvent pour leur part l’oublier. Et quand on sait que des gouvernements tels que celui de Pétain firent preuve de zèle en arrêtant et en livrant aux nazis les Juifs « étrangers » (parmi lesquels, des citoyens français originaires d’Algérie, déchus de leur nationalité par le Statut des Juifs mis au point par des juristes naguère « de gauche ») on peut dire que pratiquement tous les pays (hormis ceux d’Asie orientale et l’Inde) portent, en raison de leur hostilité ou de leur passivité, une part de culpabilité dans l’extermination des Juifs.

    Les Allemands on assumé leur part. Mais en dehors d’un louable discours de Jacques Chirac reconnaissant le rôle de l’Etat Français dans la persécution et la déportation des Juif (se hâtant néanmoins de se « racheter » aux yeux des pays arabes en manifestant une hostilité ostensible à Israël), notre pays, de plus en plus inféodé à l’Eurabia, préfère battre sa coulpe pour son passé colonial et pour le tort fait aux « jeunes » issus de l’immigration. Ce qui explique le zèle de notre diplomatie en faveur des pays arabes et de la cause palestinienne au sein de l’ONU et du Conseil de Sécurité. Tout cela ne peut que plaider pour l’existence et le renforcement de l’unique Etat spécifiquement juif. Cela paraît incongru surtout aux yeux de ses détracteurs, de ceux là mêmes qui trouvent « normal » qu’il y ait une vingtaine d’Etats nationaux arabes et davantage d’Etats s’affirmant musulmans jusque sur leurs drapeaux nationaux, qui pèsent lourd sur les options politiques de la France et dans les instances onusiennes.

    Alors peu me chaut la création d’un énième Etat arabo-musulman, la Palestine en l’occurrence, Etat sans racines historiques ni même ethniques et dont le seul rôle politique est d’entraver la vie de l’Etat d’Israël et l’affaiblir. Et ce serait même une folie dans le contexte de l’irrédentisme islamiste qui se manifeste sur tous les points du globe. Il est des moments où l’équilibre et la sécurité du monde passent avant les intérêts claniques, tribaux ou locaux. Qui donc, par exemple, ose demander à la Turquie de laisser les Kurdes créer leur propre Etat ? La création d’une Palestine, sur le territoire de ce que les Nations Unies désignaient naguère sous le nom de « Cisjordanie », province du royaume hachémite, affaiblirait l’Etat d’Israël au seul bénéfice du djihad islamique. C’est suicidaire pour l’Occident, mais aussi pour ceux que, faute d’autre appellation connue, l’on désigne par « Musulmans », mais qui tentent de s’affranchir du système totalitaire élaboré par cette culture pseudo religieuse et de devenir des Français comme les autres au sein d’une identité nationale française. Car je suis, moi aussi, pour une France laïque et « plurielle », mais dans sa pluralité d’individus et de personnalités singulières, mais surtout pas, au grand jamais, dans sa pluralité de communautés ethniques ou religieuses qui phagocytent toute individualité, compartimentent les citoyens et transformeraient la France « au mieux » en une sorte de Bosnie ou de Liban. Des lendemains qui chantent en somme. Les totalitaires staliniens nous l’avaient déjà promis naguère. Alors merci, on a déjà donné.

    © André Dufour pour LibertyVox

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  • Le 24 mai 2010 à 05:37, par Claude
    En réponse à : Les Arabes sont-ils sionistes ?

    Cher monsieur Dufour, votre article est certe une histoire dont peu de
    personnes ont connaissance, mais qu’il faut bien admettre connue d’un
    certain nombre d’intellectuels : historiens, philosophes, journalistes,
    politiques, et j’en oublie. Cependant, le suivisme, naturel en l’espèce
    humaine, comme les animaux d’ailleurs, rend à la fois sourd, aveugle et
    dans le respect d’une absolue cohérence, MUET.
    Situation anecdotique : mon épouse et moi avons invité une dame seule
    pour ce week-end de pentecôte, rencontrée lors d’un voyage de groupe et
    avec qui nous avons sympathisé (plutôt mon épouse que moi). Ce matin, j’ai
    voulu lui faire lire un article du Jérusalem post ; elle a tout simplement
    décliné mon offre. Moralité : ça n’est pas la vérité, la compassion ou la
    solidarité qui les motivent, mais la HAINE DU JUIF.

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