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Peu me chaut

lundi 26 septembre 2011, par Marika - commentaire

Dans l’expression « peu me chaut », qui signifie « peu m’importe », « chaut » est la conjugaison du verbe « chaloir ».

Pour se rappeler la terminaison en -t, on pourra comparer « chaut » à « faut », du verbe « falloir ». Notez que le verbe chaloir » est de la famille de « haud ». Normal, car « peu me chaut » signifie littéralement « ça ne me fait ni chaud ni froid ».

CHALOIR, verbe défectif impers.

Arch. et littér. [Ne s’emploie guère qu’à la forme négative et interr., et dans des loc. figées] Importer.

A. Emplois à la forme négative ou interr.
Il ne me chaut, il ne m’en chaut guère. Il ne m’importe, cela ne m’intéresse pas. Il ne nous chaut de ce que nous allons devenir, (A. FRANCE, Vie de Jeanne d’Arc, 1908, p. 11).

Point ne m’en chaut. Que le coche arrive au haut ou roule en bas, point ne m’en chaut (CHATEAUBRIAND, Mémoires d’Outre-Tombe, t. 3, 1848, p. 47).

Rien plus ne leur chaut (L. VEUILLOT, Les Odeurs de Paris, 1866, p. 472).

Que me chaut ! (VERLAINE, Correspondance, Lettres à Edmond Lepelletier, 1872, p. 47).

Rem. 1. Le subj. prés. est rare et désuet (cf. R. MARTIN DU GARD, La Gonfle, 1928, p. 1203).
2. L’inf. prés. ne se rencontre qu’avec les semi-auxiliaires devoir et pouvoir. Que pouvait lui chaloir [à Manarès] le mépris de pareils êtres et leurs fortunes, à lui qui s’était employé à fond et qui renonçait à tout ? (J. DE LA VARENDE, Contes fervents, Dans le goût espagnol, 1946, p. 33).
3. L’inf. substantivé a donné le composé non-chaloir, devenu nonchaloir (cf. ALAIN, Propos, 1932, p. 1058 ; v. aussi chaland, achalander et nonchalant, de la même famille).

B. Emplois à la forme affirmative.

1. Loc. figée. Peu me chaut, peu m’en chaut. Peu m’importe, je ne m’en soucie guère.

Constructions

Peu me chaut + suj. Peu nous chaut ce qu’il [Heinrich Schenker] y voit ! Il nous faut la [la musique] voir ou mieux, l’entendre (R. ROLLAND, Beethoven, t. 1, 1928, p. 120).

Peu me chaut, il me chaut peu que + subj. Il me chaut très peu que tel ou tel bonze ait été rossé plus ou moins fraternellement par ce Caïn (BLOY, La Femme pauvre, 1897, p. 239).

Peu me chaut si + ind. prés. Voilà des faits où je m’intéresse. Mais peu me chaut si l’on me montre la voie sacrée (BARRÈS, Le Voyage de Sparte, 1906, p. 80).

Peu me chaut de + inf. prés. Me chaut peu de te passer au doigt une bague (J. LAFORGUE, Poésies complètes, 1887, p. 208).

2. Rare. Il me chaut de. Si c’est un prêtre, il me chaut de lui demander pardon (AUDIBERTI, L’Ampélour, 1937, p. 97).

3. [Dans des tournures personnelles] Il [Racadot] peut nous parler de trente-six choses, s’enthousiasmer, s’indigner : une seule lui chaut, cette liasse [de billets de banque] (BARRÈS, Les Déracinés, 1897, p. 349) :

La sincérité ne me chaut, en art, que lorsqu’elle est difficilement consentie. Seules les âmes très banales atteignent aisément à l’expression sincère de leur personnalité. GIDE, Journal, 1909, p. 278.

Vos commentaires

  • Le 11 octobre 2011 à 09:46, par bob_ini En réponse à : Peu me chaut

    Merci, à Marika, ça me chaut le coeur du présent que vous m’offrîtes à titre indicatif et sans conditionnel de subjugaison.

    Chalut !

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