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Solidarité Kabylie : avec les Kabyles de Paris

Taninna organisatrice hors pair !

- commentaires

Ligne 7 direction Ivry Sur Seine, c’est aujourd’hui qu’a lieu le concert organisé par Taninna et ses co-organisateurs en solidarité avec la Kabylie.

Sorti du métro, je redescends l’avenue et au détour d’une rue, je vois un groupe de personnes devant un établissement. Aucun doute, l’espace B est là.

La façade est assez petite, ce qui va d’emblée rajouter l’espace B à la multitude de cafés restaurants qui se vantent d’être des salles de concerts...

Après être entré dans la salle, et mis mon obole dans la boîte à dons tenue par deux femmes en robe kabyle, et qu’on m’eût remis un petit bout de papier numéroté en guise de billet d’entrée, je jetai un coup d’oeil à la salle.

Des rideaux en velours, des lumières tamisées, des coloris feutrés très agréables à la vue. La salle est mignonne quoique affreusement petite. Je me demande comment tout le monde va se tasser là-dedans. Tout de suite à gauche dans l’entrée, le bar où sont agglutinés quasiment tous les hommes de la soirée, tout le monde sait que les Kabyles et l’alcool vivent une grande histoire d’amour. J’aperçois quelques femmes ici et là, et j’en suis heureux mais la totalité des familles sont déjà installées dans la salle, longiligne et rangées interminables de fauteuils noirs installés côte à côte.

Au fond l’orchestre est déjà installé, et une batterie trône sur la minuscule estrade qui sert de scène. Les musiciens très nombreux doivent se sentir engoncés là-dedans. Le sonoriste sur ma droite s’activait pour effectuer les derniers réglages.

Au micro, une jeune femme en costume et cravate, décontractée annonce le début du concert. Taninna est aux taquets, cahier et stylo à la main, explique un peu la mise en place de l’événement.

Un drapeau amaziɣ est accroché à l’entrée des loges sur la gauche, et juste avant une autre boîte à dons est installée avec un registre. Pas grand monde dans la salle mais il est tôt.

Première prestation, la qualité sonore est plutôt pas mal même si la sono siffle un peu. Les artistes chantent une chanson chacun visiblement. En même temps, vu le nombre de chanteurs annoncés sur Facebook et internet, je ne vois pas trop comment on pouvait faire autrement sans finir le concert à minuit.

Le petit Hocine Ouali, môme d’une dizaine d’années a fait une prestation exceptionnelle. En discutant un peu avec les jeunes présents ce jour là et épaulant Taninna et son équipe, j’ai appris que les musiciens n’avaient pu répéter avec les artistes. Pour autant je salue leur professionnalisme, car aucune bourde n’est parvenue à mes oreilles durant toute la durée du spectacle, même si je ne suis pas connaisseur, juste un grand amateur de musique.

Taninna annonce les artistes les uns après les autres, tout à l’air extrêmement organisé, l’ordre des passages déjà établi et on voit l’artiste-organisatrice arpenter la salle des loges au bar, s’entretenant brièvement avec les uns et les autres rayant, griffonnant sur son bloc-notes probablement pour réajuster l’ordre de passage ou peut-être pour appeler les artistes à se préparer à un prochain passage.

Le concert continu, je suis franchement séduit par la qualité de jeu des musiciens, même si le son sature un peu car la salle est trop petite.

Première bourde de la soirée, un chanteur qui se prétend comme tel a complètement surpris en faisant un pot pourri de chansons populaires, très mal interprétées, provoquant visiblement la colère des organisateurs. A la fin de sa prestation médiocre, Taninna a très bien recadré les choses en s’adressant de manière générale aux artistes, leur rappelant qu’elle leur avait dit une chanson et qu’ils devaient respecter une chanson ...

Plutôt pas mal dans l’ensemble ce concert, quand on sait que l’appel fait par Taninna datait d’à peine une semaine.

Je tire mon chapeau à cette superbe initiative et surtout au bénévolat qui a animé tous les participants, à part peut-être quelques-uns ...

a boîte à dons ne s’emplit pas et la salle est quasiment au complet maintenant. J’aperçois Aldjia, la chanteuse, qui entre dans la salle et se dirige vers les loges. On se précipite, on court, les femmes qui ont tenu à bout de bras cet événement, je leur tire encore une fois mon chapeau en guise de respect. Il était drôle voire cynique de voir les femmes s’affairer pendant que les hommes picolaient. Je sais j’abuse un peu car il y avait deux hommes à la boîte à dons qui renseignaient les plus réticents à mettre un don, une équipe de jeunes à la porte qui « filtraient » les entrées. Pour des raisons de sécurité, il a fallu recaler du monde à la porte car le maximum de personnes présentes était atteint.

Taninna est appelée un instant par un groupe dans la salle. Lors de l’intervention suivante, au moment où elle appelait un artiste dont le nom m’échappe, elle a fait part et c’est tout à son honneur de l’inquiétude quant aux dons effectués par le public. Elle a de suite su rassurer les gens présents en lisant le contrat qu’ils avaient établi avec une association d’étudiants kabyles. La chose la plus intéressante à retenir c’est que ce concert était 100% humanitaire, fait par 100 % de bénévoles et qu’il s’inscrivait dans une aura apolitique et non commerciale.

Suite du concert, le grand Ahcene Adjroud, Aldjia, voir ces anciens m’a fait plaisir mais je me suis demandé où étaient les autres grands !

Adossé à un siège à l’entrée, je me dis que les dons ne seront pas importants si le bar est aussi empli tout le temps. J’aperçois tout à coup M. Ferhat Mehenni qui me semble-t-il n’est pas sur la liste annoncée des artistes présents. Mais ce n’est pas le seul, un peu plus tôt, j’ai vu d’autres artistes présents mais non annoncés. Déçu je fus quand j’ai su que Madjid Soula, annoncé, était absent.

Ali Ideflawen fait une prestation extraordinaire, à son habitude, quoiqu’un peu illuminé, à son habitude encore une fois. Il remercie les organisateurs, le public, remercie le grand Ahcene Adjroud et annonce la présence dans la salle d’un autre grand de 80 (sic) M. Ferhat Mehenni.

C’est à ce moment-là que M. Ferhat Mehenni prit la parole. Taninna l’a présenté emboîtant le pas à Ali Ideflawen qui l’a nommé quelques secondes auparavant. Après avoir serré la main à l’artiste, ce qui sonnait un peu faux, avis personnel, il prit la parole, non pour chanter à ma grande déception, j’aurais aimé qu’il interprète Tizi n wassa juste après le Berrouagia d’Ali la neige (appellation affectueuse de ses fans).

Il n’en fera rien, il a remercié les organisateurs en l’occurence Taninna, il a fait un rapide point sur la situation en Kabylie et la non-intervention de l’État d’Alger... En deux tournures de phrases, il en est arrivé à parler de son propre fonds qui eut déjà atteint la barre des 10.000 euros si j’ai bien tout suivi le jour dit ! Il a rendu le micro en n’ayant pas chanté, c’est dommage. Je pense personnellement que dans la salle, peu de personnes n’ont vraiment pris acte de ses propos, à part peut être les proches de son parti !

Un long interlude laissant la place à une troupe de danseuses, puis à la troupe de théâtre Igelillen, laissa un laps de temps assez conséquent aux musiciens qui n’ont pas eu d’entre-acte sur toute la longueur du spectacle.

Les 3K ont fait une belle prestation, pour ma part c’était la première fois que je les voyais.

Wahab à son habitude a embaumé la salle de sa voix suave. Entre chaque artiste, Taninna n’a cessé de rappeler au public qu’il y avait sur sa droite une boite pour les dons. Suite à sa mise au point concernant l’aspect apolitique de son concert, j’ai pu constater que les gens furent moins frileux à donner pour la Kabylie. Des musiciens, des anonymes, des artistes. Chacun aura participé en mettant son obole.

Le concert a fini à 20 h 45. Le public, ravi, car il a passé un bon moment, est reparti avec une sensation d’utilité envers notre région adorée.

Malgré quelques points de détails, le concert fut une grande réussite. Je tire mon chapeau aux femmes présentes ce soir là qui se sont démenées pour que tout se passe bien. Taninna a géré l’organisation d’une main de maître. A elle revient la palme d’or car en une semaine, elle a su organiser, mobiliser toute une pléiade de personnes autour d’elles, et tout cela mérite le respect.

Chapeau bas l’artiste !

Arezki, un Kabyle de Paris


Logo d’illustration : tableau de Gustave Courbet (j’ai hésité entre celui-ci et "l’origine du monde")

Vos commentaires

  • Le 25 février 2012 à 16:08, par Malika Hami-Hocine
    En réponse à : Solidarité Kabylie avec les Kabyles de Paris

    Chapeau bas ma grande Taninna, merci à tous ceux qui ont répondu présents à ce gala, quand à Ferhat, je dirai toujours que c’est de l’opportunisme... il aurait pu chanter (comme a fait Barak Obama...) là je dirait qu’il est venu encourager les artistes, car nul n’a besoin de rappeler ce qu’est la kabylie aux kabyles. Encore une fois bravo Taninna, une femme capable de faire des choses mieux que les hommes et qui prouve sa place dans notre societé. Merci

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